‹ Fêtes et courtisanes de la Grèce (volume 3)Chapitre 86 sur 101 · XL · texte numérisé non relu

XL

LES FLAGEiLIiAtiOKS.

Daîîs les Déméiries (fêtes de Cérès), on se flagelle avec des écorces d'arbre (a) (i).

Ainsi dans les Emacuries ( fêtes du Pâoponèse), les jeunes garçons se fouettaient jusqu^au sang sur le sépulcre de Pélops.

Ainsi en Arcadie , les enfans frappent de verges (2) la statue du dieu Pan.

Ainsi à Délo;» on battait Tautel même du dieu. '^

. Ainsi en Sicile , les jeunes gens combattent avec des squilles, et le plus vigoureux athlète reçoit pour prix un taureau (3).

Mythologie coMPAaÉE.

(a) Les Juifs modernes ont encore leiir malkut (flagellation) , comme les Catholiques leurs Jlageiians j leurs pénitensy et comme les Turcs, leurs hcutris.

(i) Hesjchius. — (2) Tfteocrit. scoh Arkadikê eort^.— (3) Scol. Theocr, idyU. 7.

CUIiTK APHKODïSJAQ](JE. SSg

Ainsi dans les Lupercales , des prêtres nus fosUgent, avec des lanières de peau de bouc , les femmes qu'ils reneootecQt $w leux^ pas, «t les femmes s^j préd^itart ^n foijde , dans l'espoir de devenir fécondas (a)(i).

Ainsi àXhéf^es^ les femmes se flagellent pewAsnk les fêtes de B^cbus (a} (?).

Ainsi à Sparte , les matrodc» traiaent aux pieds ^iesauteb le$ céiîbataiTe&^kssouffléUent let les flagpel4ent (k).

Mais la nature a enrichi rbymende ta»t de

aSMARQUES.

(a) De ces cërcmonies bizarres, la plus crud^e et ]a plus célèbre est la -flagellatien des S^partîates (3).

(&) On dîteuiïe ioi de'Lyc^rgue, qui-ohli^eait les eëlib»tairas A pasaflurir nw, eti par tfifqis^ iQJff, i-çm^ip^ àe la ville.

MYTHOLOGIE COBfPAHÉE.

(a) Les moines de Saint- Germain-des- Prés ceignaient iesfesme&^toseesL dhiuft oeifauit àt ^anitec IVbr^eritei 4of}t: ife n^ ptmiif^Wnl (^ J/hi^i'^.^a!R« SrV^^Sfir à la mée du nvmLle 'S^c%^iit(4^

. Awgign:É3.

(i) Pcaisan, Arcad, — (a) Sciera, Ibid. — (5) VoyfiZ /'ariîcfe i^/zj /e* Fêtes de Diane. — (4) Superst. dnc. et inud^

charmes, et la société y attache tant d^avan* tagesy que les lois contre le célibat seront tou- {Otirs absurdes , si cen^est chez une petite peuplade qui a le besoin et la volonté d^augmenter ses déyeloppemens.

Dans les grands Etats, ces lois sont non seulement ridicules , mais encore dangereuses, parce qu^elles peuyent , sans faire le bien général , occasionner beaucoup de malheurs particuliers, en précipitant sous le )Oug, des caractères incapables de le supporter, en mettant de la contrainte et de la violence dans une détermination qui, pour porter des fruits, doit être Fouvrage ou plutôt le besoin d'un doux et facile penchant; parce qu'enfin ce nouvel état peut arracher à sa direction capricieuse, mais particulière , mais indomptable, Thomme dont le génie se compose de son indépendance.

Il y a plus; la question que le célibat présente ne peut se résoudre que d'après la connaissance des moyens de subsistance , au niveau desquels la population se soutient généralement.

Lorsque la population s'élève au - dessus

CVmiE APQROmSIAQUE. ^ 3^

de ces moyens, il y a, ou rëyoluûon dans Fintérieur, ou émigration à Textérieur (a).

Sous le rapport des mœurs , il su£Bt d'opposer à cette manie, ou à ce calcul du célibat, qui ne deviendra jamais général , et les pièces de tbéâtre , et les déclamations des poètes.

Cependant les femmes continuent de celé*brer dans leur intérieur domestique des fêtes dont les hommes sont exclus (6).

Sans doute, le philosophe n'approuve point ces derniers excès , mais il sourit aux premiers tableaux , à ces peintures naïves d'un désir universel , irrésistible.

Et pourquoi donc chose tant honteuse , si tant naturelle (i) !

Chacun fuit à voir nadtre Thomme , chacun court à le voir mourir (2).

BEMAEQUES.

(a) En Chine, on raisonne k ce sujet d'une manière inverse a celle qui parait adoptée en Europe.

(6) Lakedaimon eorté (3).

AUTORITÉS

(i) Charran. — (a) MofUaigne. — (3) i%<^

392 LIT. il. LÀ KÉNOVATiaK.

LX igiTOl^E PX L'HI&QIiOEIJfie (fi).

Voîcî revenir Fhirondelle, La VBMMgèro àvk printemps. . . .

Telle est la <^ansoR de& énfa^é au retour du zéphyr. Ils pareeurent en tumulte les rues de la ville, et s'arrêtent devant les portes de& maisons : on les aeeueille , et chaque famille fait un présent aux dbanteurs. Ils assiègent ma porte en cet instant (6).

BEMARQUES.

(a) Gbelidonia.

(i^> Cet usage, <|Ul avait li«ii » Rkôdtt&y se vetrMH» dans nos contrées. « Ainsi , d^ Qé]||>i»lHi,^ le pren^ieir f}\ac demair les jeunes filles du midi de la France vont de maison en maison chanter 1« chanflon 4» printemps» On les appelle mryf v ou mayences , et chacun leur donne. »

•Roucher indique, dans une note, ces ]eux aimables, ces eoutun^es riantes , que k retour du mois de mai ramène dans toute l'Europe*

Alors les Grecs suspendent ^& guirlandjea de fleurs aux portes de leurs maîtresses. La nuit retentit de chants passionnes , et la beauté sourit aux hymnes qu'elle inspire.

Les Romains se rassemblent sur les bords délicieax delà fontaine d'Egërie, sur ces bords romantiques, où naissent en

CUL7E ÂPHRODISlAQUEv 3g3

Ecoutons :

La chanson de Phîrondelle,

Voici revenir FhironéeMe, La messagère dû printemps ; £lle a ramené sur son aile £t les zéphyrs et nos beaux ans.

A cette gentille MurondeUe Portez de rustiques. |ltéima%} Le miel pur, la figqre nouv^l^ ^ Un lait doux et des fruits naissans.

£11^ unit , la vire hirond^Ub ^ L'ébène à Falbâtre çcbjtant* Mais elle plait sans é.t^e hffWfi l Bonté vaut plumage élégant.

tout temps les vers, et les fleurs^ Au. PiPi^d? 4^3 (êtes ç1»armantes et prolongëes dans la nuit , rappellent ces veillées célèbres en l'honneur de Vénus. Au midi , la beauté est placée sur un trône j des myrtes ou des roses forment sa con^ ronne , une palme ou un lis est son sceptre : elle est vêtue d'une robe blanche, des couleurs de l'innocence et de la virginité^ des filles ingénues, ses compagnes modestes, l'environnent : Tamour et le désir déposent k leurs pieds un tribut.

394 "V- ïi- ^^ RÉNoyATiON, etc.

Donnez à la gente hirondelle , Jeune fille au regard charmant ; Conservez bien, ma pastourelle.

Et sa simplesse et votre amant.

Amans, donnez à Fhirondelle :

Goûtez la leçon de ses chants.

L^oiseau revient au nid fidèle ; Imitez-le , soyez constans.

Donnez, donnez à Thirondelle, Ma mère , au nom de vos vieux ans.

Rappelez- vous votre modèle :

Le souvenir est un {Mintemps.

Bonheur, santé, joie étemelle A tous les passans obligeans !

Donnez, donnez à Thirondelle; Donnez à ces bons jeunes gens.

Je viens de leur offrir de Targent , des osselets et du yin de Chypre. Ils ont pris les osselets. Cette chanson est de Cléobule.

SECTION II

§. I". LA NUIT. — PHENOMENES LUNAIRES; CLEF ASTRONOMIQUE DES FABLES AUX- QUELLES ILS ONT DONNE LIEU.

§. II. FÊTES DE LA PHOGIDE. — SACRIFICES HUMAINS. — SYMBOLE DE DIANE : SON IN- FLUENCE. — UNIVERSALITE , NOMENCLA- TURE DE SES F^mi. -^ EXPOSITION DU CULTE ET DES CARACTÈRES DIVERS DE DIANE. -^ TEl^PUÇ P^iPfli^SE. : E^LICATION DES ATTRIBUTS DE LA DlSESSE.

§. III. RESUME. — LA VOLUPTÉ ET LE SENTI- MENT ONT DIVINISÉ l'astre DES NUITS.

§. IV. DES TROIS DIANES. — EXPLICATION DE LEURS EMBLEMES PAR l'ASTRONOMIE. — FABLE d'eUROPE.

§. V. DIANE AUX DEUX SEXES. — VÉNUS BAR- BUE. — ^ HERMAPHRODITES. — SALMACIS.

§. VI. DES TROIS CARACTERES DE LA NATURE ; VIERGE, ÉPOUSE ET VEUVE; OU DES TROIS SAISONS ORIENTALES. — FETES DE GERES AU PRINTEMPS.

SECTION II

CtiliTUJUUNAIftfi^

Les Phéniciens et les plus ancieDS habitans cle

nités prea9iére# et llUratUis^^f «olctl «t JU iane (Osiris et Isis).

l>to]). ^fe Sic. 1. 1.

Fragmcns des lettres d'AppoUonide^ astronome dAleajandrie , ; à Xénophane , sophiste d* Athènes.

LA «CIT. -^ PttÉnoMSIifBS LUNAïaSS; CLI^F ASTRONOMIQUJS ViJLi FABiiICa AUX^UBULBIJ ILS ONT DONNE LIEU.

PREMIÈRE LETTRE (a> TLit NOit : RfiVCitiËS POitigùEs Et t^hiid^MttiQtrl:^

La nuit* délicieuse dont je respire la fraîcheur f ce silefiçe tnûyei^el , qui vie^i tFOuhlé

REMARQUE

{a) Oti (ycouTrira , safis «U>ute b^Ucoùp d'autfes trésors de Ptintiquitë, ensevelis dans les cloîtres. Ces IragmehsMii

que par le bruit des vagues mourantes et brisées sur le rivage ; ce léger réseau de vapeurs transparentes , qui semble envelopper Fhorizon mélancolique , ces clartés scintillantes, sur la voûte céleste , comme ces diamans que Junon a semés sur le plumage de Poiseau qui lui est consacré ; tandis que souveraine paisible des ombres, la sœur , Famante et réponse du Soleil, verse sur toute la nature une lumière argentée , tout me rappelle, mon cher Xénophane, cette promenade philosophique que nous fîmes y par la plus belle nuit d^été , sur les bords romantiques de Tllyssus. Je vous faisais remarquer alors la disposition et rharmonie des corps célestes ; car vousne vous

REMARQUE, tires d'un vieux manuscrit de l'abbé Tritliènie , et trouvé dans l'abbaye de Xongres- II, paraît que Fabbé avait e'té possesseur de ces fragmens d'Apollonide , dont l'original ne se trpuve plus au nombre des ouvrages que le grec nous a laissés. *

Jeue ferai qu'une rémarquesut le style de ces fragmens. On voit que le séjour de l'auteur en Egypte lui a fait abandonner la simplicité grecque , pour cette emphase que l'on retrouve dans tous les écrivains qui naquirent ou séjournèrent a Aiexah4rie ^ tels que Claudien, l'auteur de VHisi» éihiopi^ue , étc> ' .

CUX.t£ LUNAIRE. Sgg

bornez point à cultiver une éloquence frivole, vous ornez votre esprit de connaissances utiles, et vous voulez qu'il porte des. fruits avec des fleurs. Là,, vous disais- je, sorti , en quelque sorte , des flancs du père de la lumière, un astre consolateur vient nous sourire , et continuer, en quelque sorte , le jour (i).

La flamme de cette lampe suspendue entre le ciel et la terre , croît et décroît alternativement , selon la mesure de l'aliment que lui dispensent les rayons du soleil > elle semble s'éteindre chaque matin devant lui.

On a observé , ajoutai-je , ces changemens \ et comme ils s'accomplissaient dans des retours précis, leur mesure a Sjervi à déterminer celle du temps (a). On remarqua encore le cercle dans lequel cet astre , par un mouvement oblique et en sens inverse de son mouvement

REMAEQUE.

(a) Chaque phase de la lune donna la division septénaire de la semaine, et la rëvolution de ses quatre phases donna la diyisîon d'un mois de 38 jours.

AUTORITÉS

(jL)jiraius. Théon, Manilius^ astron. passim.

'4oO tiV. II. LA RJÉNOTATIOK*

journalier, circule dam une rofute; semée cle «ignés (i)»

A ces signes , aux génies qui lès habitent^ furent attribués les phénomènes dés saisons auxquelles ils président , mais qui dépendent de ces révolutions , dans lesqudles le soleil semble s^approcHer ou s^éloigtier des p<)ints équinoxiàux* I7astre des nuità suivit les pas de Tastre du jour, dont il mesurait la cdutse; il partageait ses feux ^ son théâtre et son em* pii'e ; il filt associé ^ par la reconnaissance dfô hommes, à son culte et à sa puissance (a).

On confondit leuts emblèmes. Apollon fut coiffé de Cornés ^ et le croissant {ut placé sur

MYTHOLOGIE COMPARÉE

(a) Les Grecs appelaient le soleil Hetios; ils nommèrent Il lune Hélène. Ainsi les Egyptiens adoraient Ôsiris et Isis. Chez; les Romains^ ces astres prirent le nom de Janus et de Jana. On observe que, chez beaucoup de peuples, le nom de la lune est le même que celui du soleil, mais avec iin« terminaison fômînine : irrhéè ^ irrka ; mon ^ numa ; tes , io ; iou , iomià , etc. (i)*

AUTORITÉS

(i) Eratosth, Hygin: Luclùti. tièasiroL Piul, de Zw'rf.— (3) Voyez CquH de Gébelùu

CULTE LUNAIRE. 4oi

la tête de Diane (i): tous deux empruntèrent cette parure au signe du printemps , au taureau (a), qui ouvrait Tannée (2).

Je me rappelle , mon cher Xénophane^ YOtre long ëtonnement à cette dernière assertion. Vous n^ayiez vu jusqu^alors , dans la religion populaire, qu^un tissu de fables absurdes que repoussait votre jugement éclairé. Je continuai de TOUS expliquer le sens de ces allégories peu connues , et votre raison s^affligea de nouveau , en trouvant des motifs pour respecter des autels contre lesquels elle s'élevail naguère.

Et qu^importe » répondiez-vous , de présenter à la multitude des vérités qu'elle repousse ? Malheureux humains, il vous faut des erreurs ! Il faut un étemel aliment à vos passions (b). Vous adorerez plutôt la pierre brute

REMARQUES

(0) Gandidus auratis aperit cum comibus annum (3). {b) Yarro de religîonibus loquens , multa esse varia dixit, qus non modo Yuigo scire non sit utile, sed etiam tametsi falsa sint, aliter existimare populum expédiât (4)* (i) IHut. de Isid, — (a) Diogen. Laërl. Proem. Suid. Ma" crob, Eusèb, prépar* é^img, — (5) August de civ, Dei^ /. IV. Theologi passùn. — (4) Firg. Qeorg.

4ô2 Liv. II. LA rénovation; et rajïimal immonde , que de consentir à aln jQuer desi préjugés puériles , et à faire usage de votre intelligence; Si la n'ature n^èstpliispoin! vous que la nature, c'estràTdire une mène bienfaisante, indulgente et £acile v elle ne sera plos rien à. vos yeux. Il faut,. pour ofaieniv , pour forcer vos hommages, qu'elle se montre sous les traits de Ikterreur etdu cou]:Toux,.comme une puissance aveugle , sourde>. inexorable , aimée de menaces, et de supplices^ £h quoi ! verrai-je toujours lâmort entourer les autels ? verrai-ejè toujours égorger,, avec pompe et solennité , de timides animaux ; leur sang » eti méme.le sang: des hommes (a) y ruisseler à longs flots dans le parvis ; leurs entrailles déchirées et interrogées par le prêtre , pen*dant que les fleurs, et l'enGsns parfument les airs , et que la^ foule fanatique chante des hymnes ? Ne viendra-t=-il*pas ce temps, ou le dôme de Téther formera la voûte du temple

REMARQUE

(a) Sur les sacrifices sanglans de l'antiquitë (i).

AUTORITÉS

(i) Voyez Ànliq, grecif. L vu^p. laS. Maniel Claunius»

de la a^la^re ^ ou la^ mj^irtagn»; fei hs vàUns tn seroi^t \d tJtiéâtire ; oà, tantàt suit le. faoré des fl^^vf s , t^nt^t sur le gazon des pvainesiet $oas; Tombr^gf^ d£3 farét& anticp»es , k» peu^ plades^des han^â^i^ rassemblée&daAsdœfièles fraternelles , offriront à la nature , en açtiaiisr de recoiiQaisfi^^i;^^ ^ ^ gpi^s^s^ leur jiMe et leur plaûÂr * ^anebnrcinfcleTÎQtet le lait ; aknr» que \^ citMif^ea drcaleroBl à lai ronde, alovç) (}4We pi^^.mietts entendue placera des cou*- 7PII9Ç9 àt femllage^ de roses, et dVpis^sur le froujl de, Ramante ingénioç , ^t Fëpouse ver- Iveqae» du père de fiataiUe pespeetabley da h&n £}& €t du hsm citoy«n( i) ? Yasbie ehimere ! saogefi \v(xp^ chéris iqa^eiiibrasse une imaginati^a.ptôlantrQpîqiije', elque la dépra^^ati'onf de m» sociétés semble emplcker de se réaliser jamai&!

Vcws. savez, 6 mon cher Xénophane, qu'en sidoptant vos principes , je n'adopte point cette' espèce de découragement où vous jette la dis- .

AUTORITÉS

(i) Voyez l^ differerUes utd^es , depuis cette de Platon chez les anciens^' de Thomas 'Moruschez les modernes y jus^ ^u à la noire,

4o4 Liv. II. LA rénovation; position particulière de votre tempéramen#t et qui est encore renforcée par la connais î sance funeste que vdus avez des homme! ^ de leurs vices et de leur bassesse : vous le ^ avez trop aimés , pour n*en être pas souvei trompé.

Pour moi , voué par sentiment et par t ^ flexion à la culture des sciences mathémat T ques , parce quelles satisfont ma raison , parce qu^elles me donnent le moyen de r e pandre des vérités utiles et fécondes (a) , saîli alarmer ceux qui gouvernent les peuples, y profitent de leur erreur ; moi qui, renferin ici dans la plus riche bibliothèque de Funiven y trouve les moyens d'ajouter à mes connaû tances, en conservant cette obscurité quim es si chère, et que le philosophe doit toujoui rechercher , j'ai achevé d'y puiser et d'y metti en ordre les . matériaux du système dont j vous entretenais. Vous le publierez après m

REMARQUE

(a) Doctrine secrëte des philosophes. Tullius apud LaC' taniium monet non esse guieditm oulgb disputanda ^ nesiaceptas publiée religiones disputatio talis extinguai (i). AUTORITÉ, (i) LacU instU, div, /. ii, c. iil.

CULTE LtJKAlRE. 4o5

infiort; car je veux, pendant ma vie, être en )B|aix avec les desservans d^Isia Je le lègue au iQ^ourage et à Tamitié.

QUji De toutes les conquêtes , celle de la vérité Q^^e parait à la fois la plushonorable^, la plus Itile , et la moins sujette aux remords et aux jar^vers. ^

gjD^ J'ai toujours pensé, d'ailleurs, queThomme iji^^ plus heureux était Thomme vertueux, et ]etie le plus vertueux étoit Thomme le plus ^ saflairé (a),

^^''P. S. Dans ma première lettre, je contilerài de vous expliquer quelques uns des oints de cette religion de la nature , et je Dursuivrai ma dissertation sur Fast^e des its , puisqu'en brillant sur ma tête , il vient î me rappeler mon cher Xénophane. Si j'avais kieux profité des leçons trop fugitives que ous m'avez données , je vous dirais poétiquellent que , depuis qu'il m'a offert votre sou-

^ REMARQUE

. ( (a) Maxime développée dans les mystères d'Eleusis (i). ^i^■ AUTORITÉS.

(i) Eusèbe , prépar. éoang. De orphicâ doctr. eclect^ JuUan* 1^. serm* Cicer, dialog, etc.

4o6 LIV- It. LA àlÉNÔYAttON.

T^exiÎT, il s^est eihb^Ui d^uîié kiifiière douce comme la pensée qm me ramène à nos entretiens , et que ce demi-jour , semblable aux pâles •clartés del'Ëlfsee , si favorable à là volupté des sens , â^ Test pas TÊMÀtts mrx plaisirs iimocensdés âmes p.iires , -qui s^entendeht et se pénètrent, pour ainsi dire, malgré la di^^dirce ^i les ftépaiie.

Digittzed by V3OOQ IC

Suite de la correspondance entre Apollonide et Xénophane.

OEUXIÊME ïiÉlTRE.

Je destieiids au pfaai^ d^Alesaadne, ou j?^-* dievaRrqiJielqiies observatibits asironoiftiqoefi* Mes reganis, {)etdi]6 dansi'iiîuÉiiienâité , sem^ Liaient suivre ma pensée et vow i^hercher , maa ciier SHwqphane . Les ri^fq^orte physiques que f^bsenmis antre les coups détestes, me GonduisiiiaiitàTëfléehir sur ks^apporlâ moraux ; et, au milieu de cette h^rmonËé uni verseHe , ^e n^caâ pu m^empêcherde gémir sur i^espèoe de InîMjkblte que la nécessité introduit dans les devinées -humaines, en séparant Tun êe Fafatre , et en^épacpiUaat., pour ainsi dire , dans d'timrers >, 'des hommes ;4ont les goûts et les sentimdns (tendaient à se réunir ^t à se confondre.

Je viens à Tohi^t de ma dernière lettre (a).

REMARQUE

(a) Sur le culte dlsis ou de la lune (i).

AUTORITÉS

(i) Dupuis^ U U tt IV. Diod, PliU, Lact défais, reltg. Sainte-Croix, Rech, sur Us mystères dupag^p* 94> 5i3j ^c.

4o8 LÏV. II. LA RÉNOVATION.

J^adoucirai pour vous la sécheresse de la lan-* gue astronomique ; mais il faudra cependant me pardonner quelques termes de Fart , qui peuvent blesser une oreille harmonieuse. Mon style est comme ces vins que Fart ne peut corriger, et qui conservent un goût de terroir, quoique , pour en dissimuler Tamertume , on y mêle du miel , et qu'on le verse dans des coupes précieuses.

On considéra d'abord Tastre des nuits dans son apparition , et ses phases offrirent à la fois, comme je vous le disais , un phénomène et une mesure du temps (i).

On observa ensuite les divers mouvemens de la lune dans Técliptique , et la coui^se qu'elle décrivait en douze mois , revêtue des attributs et de la parure des signes où elle semblait recevoir l'hospitalité dans ses voyages étemels: elle partageait l'empire de la lumière , elle parut partager celui des saisons (a).

MYTHOLOGIE COMPARÉE

(a) Mane , nom de la lune chez les Celtes. Sunna était celui du soleil.

AUTORITÉS

(i) Eratosth, Ey^in, Manil, Firmicusy tisiroL passim»

On fut conduit naturellement à examiner son influence sur la nature , que Ton attribuait à Tordre de ses rapports avec Faction du soleil et rétat de la terre.

Placée au dernières boriies , et , pour ainsi dire, sur la frontière qui sépare l'empire élevé de la cause active , du théâtre où gît la cause passive , dernier des corps divins et premier des corps terrestres , elle fut regardée comme dépositaire de la force organique, comme la mère du monde , comme la matrice des êtres ; elle sembla couver Tœuf symbolique(a) (i).

Suspendu entre les corps fixes, étemels, qui ne reçoivent aucune altération, et une planète où les générations momentanées et corruptiblessubissent des métamorphoses perpétuelles, et semblent rentrer dans le néant,

MYTHOLOGIE COMPARÉE

(a) Cette opinion des Egyptiens se retrouye chez les Perses et les Indiens, (a).

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