‹ Fêtes et courtisanes de la Grèce (volume 4)Chapitre 29 sur 110 · POMPE ORDONNÉE PAR PTOLEMEE PHILOMÉTOR · texte numérisé non relu

POMPE ORDONNÉE PAR PTOLEMEE PHILOMÉTOR

On construisit un atrium assez grand pour contenir cent trente lits rangés en cercle de chaque côté : cinq colonnes sur la longueur, et quatre en retour sur la largeur, soutenaient une architrave régnant carrément. On avait formé le plafond d’un voile immense couleur de pourpre , liséré de blanc au-dessous ; à droite et à gauche on avait suspendu des draperies à des piliers. Les fonds des intervalles étaient en architecture peinte. Les colonnes étaient de bois, et hautes de cinquante coudées ( a ) : qualre principales s’élevaient sous la forme d’un palmier ; entre elles, de plus légères présentaient celle d’un thyrse. A l’extérieur régnait un péristyle : c’était dans cette galerie

REMARQUE

(a) 24 mètres 375 millimètres : y5 pieds.

120 FÊTES

('jue restait la suite des esclaves. Au pied du péristyle s’étendait une forêt de lauriers et des bosquets de myrtes , d’arbustes charmans et parfumés , dont l’ombrage formait un asile délicieux. La terre était jonchée de mille espèces de fleurs. Cette richesse est, en Egypte, le produit du sol et de la culture ; même dans la saison rigoureuse , on y trouve encore des roses et des violettes blanches.

Cette fête fut célébrée dans l’hiver, et ce lieu était peut-être le seul de la terre où l’on pût trouver alors autant de fleurs pour couronner la tête et la coupe des convives, pour en émailler leurs tables , pour en joncher leurs pas; on croyait voir une prairie enchantée.

On distinguait cent animaux en marbre , de la main des plus habiles artistes; des tableaux de l’école de Sicyone, des trophées, des compositions allégoriques.

Au-dessus on avait suspendu des boucliers d’or et d’argent.

Dans le ceintre supérieur étaient pratiquées, de chaque côté, des loges de huit coudées (a) :

REMARQUE

(«) 3 mètres 9 décimètres : 12 pieds.

d’alexandrie.

on en comptait six sur la longueur , et quatre sur la largeur. On y avait représenté des scènes de théâtre ; des acteurs , retétus des habits de leur rôle , y paraissaient à table ; des vases étaient à leurs pieds.

On avait aussi disposé des niches pour y loger des trépieds en or.

Le comble était surmonté par des aigles d’or de la hauteur de quinze coudées («). •

Des deux côtés de l’atrium , on avait placé cent lits d'or à pieds de sphinx ; on les avait couverts de tapis de laine teinte en pourpre. On avait étendu à terre des tapis de Perse, dont le tissu représentait divers animaux.

On avait dressé devant les convives deux cents tables à trois pieds. Les gradins étaient d’argent.

Au fond de la salle , on voyoit briller cent cuvettes d’argent et leurs aiguières; et plus loin , sur une table superbe , les vases , les coupes , tout l’appareil du festin.

Partout l’or , les pierreries étincellent , et

REMARQUE

(a) 7 mètres 012 millimètres : 22 pieds 6 pouces.

FÊTES

le travail surpasse encore la matière. Il serait trop long d’en faire le récit ; il suffira de donner l’évaluation de celle richesse , qui s’élevait à dix mille talcns d’argent.

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