‹ Fêtes et courtisanes de la Grèce (volume 4)Chapitre 91 sur 110 · DIGNITÉ DE LA DANSE · texte numérisé non relu

DIGNITÉ DE LA DANSE

La danse , comme la poésie , la musique , la peinture et la sculpture, n’étant qu’une véritable imitation, et ne se proposant pour but principal que de représenter au naturel les diverses actions des hommes et de peindre les différentes passions qui les agitent ; en dirigeant cette imitation du côté des choses vertueuses, en n’exposant dans cette peinture mobile et animée , que le tableau des passions utiles à la société , ne peut-on pas en faire un usage merveilleux , pour réveiller dans les cœurs des sentimens de piété , de

compassion , de courage , de générosité et d’autres vertus semblables ?

Toute imitation, pouvant s’appliquer indifféremment au bien ou au mal, peut produire sur les mœurs de bons ou de mauvais effets, suivant le bon ou le mauvais usage que l’on en fait. Si l’on abuse de la danse, si on fait servir au dérèglement et à la dissolution ce qui ne devrait être employé qu’à perfectionner les mouvemens du corps et à purger , pour ainsi dire , les passions de ce qu’elles ont de vicieux, doit-on rendre l’art responsable de ce désordre; et n’est-il pas plus juste de s’en prendre au mauvais goût et au génie de l’artiste ?

Considérée comme pure imitation , la danse n'est donc pas moins propre à instruire qu'à plaire ; et c’est avec autant de justesse que de raison , que le poète Simonide l’appelle une poésie muette , comme il appelle la poésie une danse éloquente (1).

AUTORITÉ

(1) Burette , Mémoires de F Acad, des inscr. et bell. lett.

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