‹ Fêtes et courtisanes de la GrèceChapitre 25 sur 68 · FÊTES DES QUATRE SAISONS · texte numérisé non relu

FÊTES DES QUATRE SAISONS

Aristée et Mjcillus se séparent. Départ d'Aristée pour Rhodes.

Mycillus descendit chez le philosophe Speusippe , et Aristée chez l’athlète couronné , pour lequel il composa un dithyrambe. Parmi les amis de l’athlète rassemblés autour d’une table somptueuse , se trouvait Chindonax , prêtre de Jupiter. — Quelles sont, lui dit Aristée, les autres fêtes de cette saison? ma lyre, toujours impatiente de se signaler , cherche de nouveaux combats : je me trompe ,.ou j’entends ses cordes retentir; dans quels lieux dois-je porter ses concerts et mes pas? — Nous célébrons, dit Chindonax, les Oraia (i), ouïes fêtes en l’honneur des quatre saisons (a).

MYTHOLOGIE COMPARÉE, (a) Rit. cath. Les quatre-temps.

AUTORITÉ

(i) HesJi.

FÊTES DES QUATRE SAISONS. 2o5

On met sur les autels des chairs bouillies.

On demande aux dieux d’écarter les chaleurs brûlantes, l’aride sécheresse, et de verser sur la terre les pluies bienfaisantes qui la fécondent.

— Ce fond-là peut devenir poétique.

— En Messénie (i) vous trouveriez les Ilhomaia remarquables par un concours ouvert aux musiciens.

— J’aime les concours.

— En Crète, la fête de Jupiter Talaios( 2) vous offre la pompe des jeux gymniques et agonistiques.

— Je m’y rendrai.

Je ne vous parle point de la fête d’Annalo (a) : elle se rapporte au printemps, ainsi que les Pandies.

Les uns ont fait une fête à Jupiter, les

MYTHOLOGIE COMPARÉE

(a) Annalo. Hammel. Nom du bélier céleste. L 'Ammon des Egyptiens.

AUTORITÉS

(t) Stephan. Pausan. Messen. — (a) Ibid. Dioph.

2G»6 iiv. ni. l’exaltation.

autres à la Lune. Elle a lieu après les Bacchanales ; car la Lune est sœur de Bacchus , qu’on appelle alors Apollon , ou le Soleil. Quelques uns font Bacchus fils de la Lu no (i).

Je ne vous parle point des Hécatomphonies , dans lesquelles, en mémoire de la mort de cent ennemis, on offrait au dieu une victime humaine, ni de la fête de Jupiter lycéen (2) , fameuse par les jeux que célèbre l’Arcadie, et où l’on immolait anciennement un homme. — Eh quoi î prêtre de Jupiter, toujours du sang, toujours des victimes humaines. — Ces mœurs sont adoucies. Le sang des génisses et des taureaux suffit à la divinité.... — De votre estomac, dit très-bas Aristée. — Je vous engage ^ visiter Rhodes ; vous assisterez aux pompes de la Eète du Soleil ( a aux jeux

(a) Quelques auteurs , faisant dériver alla de a/s, prétendent que cette fête avait pour objet de célébrer la puis-

AUTORITÉS

( x ) Po/lux. Théodoret. Suidas. — ( a ) Pausanias- Ar.adic.

PÈTES DES QUÀTRÈ SAISONS. 207 remarquables par la lutte de la jeunesse et de i’àge mûr.

— Gette image est allégorique , dit Speusippe. En effet, les anciens donnaient à l’emblème du soleil des quatre saisons, les diflérens traits de 1 homme dans les âges qui partagent la vie , et ils exprimaient par ces degrés ceux de sa lumière et de sa chaleur.

— On célèbre , reprit Chindonax, ces jeux dans le mois hécatombæon , où règne la plus vive chaleur.

Le vainqueur reçoit une couronne de peuplier.

J’irai, j’irai, dit Aristée, je saluerai la fille du Soleil : elle est la première que ses rayons éclairent du milieu de l’abîme des eaux. Il contemple avec plaisir les monumens superbes qui lui sont consacrés, ce temple, ces portiques, ces statues élevées en son honneur, et ce géant des mers, ce colosse qui voit les

REMARQUE

sance des Rhodiens sur tes mers. O11 ne trouve, dans l’antiquité, aucune trace d’une fête semblable.

Le mot alia se rapporte a a/ios, dialecte dorien,pour élios ( le soleil ),

2o8 liy. ni. l’exaltation, etc.

mâts des plus grands vaisseaux atteindre à peine ses pieds (i). Quelques jours après, Aristée, qu’un long voyage charmait, partit pour Rhodes, escorté de sa lyre.

AUTORITÉ

(i) Aristid. Rhet. in R/iod.

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