‹ Fêtes et courtisanes de la GrèceChapitre 33 sur 68 · LETTRE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

LETTRE PREMIÈRE

MYCILLUS A ARISTÉE, A NAXOS.

D’Athènes.

Supprimez d’abord avec moi, cher Aristée, ces paroles flatteuses , échange trompeur , calcul intéressé d’un amour-propre qui sème l’éloge pour le recueillir, perfide et doux mensonge que l’atticisme ou plutôt la corruption de la société autorise , mais qui ne doit jamais se re trouver entre des amans de la sagesse. Je vais répondre directement à l’objet de votre lettre.

Le double caractère' de Bacchus s’explique par celui des deux soleils de l’année.

Si le soleil du printemps est le créateur de l’univers, qui se revêt alors de la parure et des couleurs de la jeunesse , celui d’automne est, en quelque sorte, le meurtrier de la nature : il lui retire ses feux , il l’abandonne aux vents, à l’hiver, à la désolation, à la nudité, à la

mort. Il périt bientôt lui-même : des signes et des constellations lugubres , le scorpion , le serpentaire, s’élèvent dans les cieux ; ils mutilent la force génératrice du père de la nature ; ils appellent les frimas et les ténèbres, qui étendent sur son empire attristé les horreurs du chaos. Le dieu , honteux et vaincu , voile de douleur son disque qui pâlit et s’éteint.

L’usage de chercher Bacchus est relatif à l’attente de sa manifestation (1).

Il est le père des Muses , parce qu’il est le même qu’Apollon.

Pour se convaincre que les fêtes d’automne se teignent , pour ainsi dire , des couleurs sombres de la nature désolée , il suffira de parcourir la nomenclature de ces fêtes , toutes adressées à des divinités farouches et redoux tables , toutes marquées au coin de la plus sombre terreur.

Ainsi , on sacrifie à Jupiter furieux («) , au

REMARQUE

(a) Maïcmactéria (2).

( 1 ) Boulang. ant. de v. I, iv , c. III , p. çfî. — (2) Meurs. Geb.

x4f> LIV. IV. LA DÉGRADATION.

terrible Mars (a) (a). On interdit aux femmes l’entrée du temple et du bois qui lui sont consacrés : à Ghe'rontre (b) , on adore les sombres Euménides (c).

Les cérémonies de cette fête sont graves et solennelles : les esclaves en sont bannis. On n’y admet que des matrones et des hommes de mœurs austères. Les jeunes gens les plus vertueux s’honorent d’en ordonner les préparatifs. A Sicyone , on leur immole des brebis pleines ; on répand le lait et le vin sur leurs autels couronnés de fleurs.

REMARQUES

(a) Enéleazis (i).

(b) Gherontraiôn eortê (a).

(c) Eumenideia , semnai theai. Graves deæ,

MYTHOLOGIE COMPARÉE, (a) K ederli , Mars des Turcs.

AUTORITÉS

(i) H es y cli. — (a) Paus. Lac.

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