‹ Fêtes et courtisanes de la GrèceChapitre 34 sur 68 · IV · texte numérisé non relu

IV

LES DIÀSIES , LES ANTHESTERIES , LES OSCHOPHORIES , LES PYANEPSIES.

Tel est encore le caractère des Diasies (a), fête trcs-ancienne , et célébrée après des calamités ou dans des temps difficiles (i). Les cérémonies portent un caractère lugubre (2) et solennel.

La fête a lieu hors des murs de la ville, dans la campagne. On se rassemble à un banquet commun (3).

Dans l’origine, on offrait au dieu des libations , des gâteaux et des simulacres d’animaux (4) ; dans la suite on lui sacrifia des victimes ( b ) (5).

REMARQUES

(а) Diasia (6).

(б) Les Diasies furent long-temps interrompues (7).

AUTORITÉS

(1) Suidas. — (2) Hesychius. — (3) Aristoph. inlerp. — (4) Thuiyd. /. 1. — (5) Xeneph. I. vu. Aristoph. nub.

(6) Aristoph. interpr. — (7) Luc. Icaromenip.

Mon cher Aristée , ne paraîtrez-vous pas aux Anthestéries. Vous pourrez y sacrifier la fois à vos divinités chéries , aux Muses et Bacchus. Yoici le programme de la fête publié par l’ordre des magistrats.

PROGRAMME DES ANTHESTERIES («).

On se couronnera des fleurs expirantes dans ce mois consacré (i) à Bacchus.

Saisissons le moment où la nature décolorée laisse échapper un dernier sourire.

La fêle durera trois jours : chacun d’eux marqué par un nom particulier (2) :

Le jour des tonneaux {b) , celui des coupes (c), celui des trépieds (d).

REMARQUES

On les fêtait , suivant les uns, à la fin du mois anthestérion (3), et, suivant les autres, le 19 du mois munichion , et ce jour était marqué par des courses de chevaux (4).

(a) Anthesteria (5).

(b) Pithoigia.

(c) Chenas.

(d) Chu/ras.

AUTORITÉS

( 1 ) Suidas. Harpocrat. — ( 2 ) Gaza. Jun. Gyrald. — (3) Interp. Aristoph. Castel! . — (4) Plut, in Plioc. Meurs. — (5) Elytn. aut. Macrob. 1. 1 , c. xiv. Plut. Symp. 1. ix. quest. x .

Premier jour. On sacrifiera aux dieux : on couronnera de fleurs les enfans parvenus à leur troisième printemps.

On ouvrira les tonnes ; on étalera les vases et les coupes brillantes (t).

Il ne sera permis de refuser à qui que ce soit, à l’esclave meme, les présens de Bacchus. Tout le monde aura part au banquet sacré (2).

Second jour. Le jour des coupes succédera : on sacrifiera à Mercure. Chaque convive en recevra une des mains du maître du festin (3) : il s’en servira seul.

Un prix est destiné au buveur le plus intrépide.

L’athlète doit se tenir, sans chanceler, sur une outre enflée , et vider, dans cette attitude , un conge d’un seul trait.

Un héraut appellera les combattans : des trompettes sonneront la charge.

Le vainqueur reçoit une couronne de ramée, et une outre pleine de vin (4).

AUTORITÉS

(1) Philostr. Hero'ic. — (a) Proclus ad Hesiod. I. 1. — (5) Athen. I. vil, — (4) Aristoph. Acharn. Scol. Ibid. Suidas.

Montes sur des chars , les convives pourront lancer sur les passans les sarcasmes de la plus pétulante gaîté (i), en mémoire des tombereaux de Thespis , et de l’origine de la divine tragédie.

Le vin ruissellera :

On fera aux sophistes des présens : ils inviteront à leur tour leurs parens et leurs amis (2).

1 roisième jour. Le jour des trépieds terminera la fête (3). Les poètes se disputeront le prix. Ils doivent apporter quatre pièces au concours (a) (4).

On remplira un vase de toutes sortes de fruits ; on le consacrera au dieu , et personne n’y aura part , selon l’usage antique (5).

La fête terminée , le héraut criera aux esclaves : « Reprenez les travaux, les Anthes- » téries ont fini (6).

REMARQUE

(a) A Sparte , Lycurgue renouvela cet usage tombé en désuétude , ouvrit un concours dramatique , et accorda an vainqueur le droit de cité.

AUTORITÉS

(1) Apostolius. — (2) Aihen. /. X. — (3) Id. /. IV. Alciphr - Epis/. Menand. Aristoph. — (4) Diog.-Laert. in Plat. Plut. Vie de T. y urg , — (5) Thecp. Seul. com. — (6) Jleych. Voyez Boulanger.

FÊTES DE EACCHUS. 25 1

Vous pourrez encore être témoin des Oschophories et de la fête des Fèves : vous connaissez, mon cher Aristée , les détails des Oschophories. Cette fête est célèbre dans l’Attique ; des jeunes gens se disputeront le prix de la course : balançant à la main des pampres de vigne chargés de raisins , ils parcourront l’espace qui s’étend depuis le temple de Bacchus jusqu’à celui de Minerve , qui s’élève dans le port de Phalère. Le vainqueur recevra une fiole où l’on a mêlé du vin , du miel , du fromage , de la farine , et un peu d’huile (i).

Ces jeunes gens doivent compter vivans leur père et leur mère. On les choisit dans chaque tribu (2) : ils sont d’une extraction noble.

Un chœur les suit en chantant des hymnes. A la tête du chœur s’avancent deux jeunes gens vêtus de robes de femmes , et portant des pampres (3).

Des matrones , choisies parmi les plus

AUTORITÉS

(1) Plut. Atlien. 1. 11. Proc/us — (2) S col. Nicnndri, Alexiph. — (3) Procl. Christoma/h.

riches (i), s’approchent d’eux, et leur présentent différens mets : elles imitent en cela les mères de ceux que le sort avait marqués pour être les victimes du Minotaure (2)

Un héraut porte un caducée couronné. Pendant la libation, tous les assistans s’écrient : Eleleu iou iou! que l’on répète en tumulte.

Cette fête instituée par Thésée , en l’honneur de Minerve et de Bacchus, et, selon d’autres , d’Ariane et de Bacchus , tombe à l’époque où l’on recueille les fruits de l’automne (3). Cette cérémonie a quelque chose de plus imposant , mais de moins touchant, de moins approprié au caractère de la saison que les Pyanepsies.

On fait cuire des fèves ( a ) , que l’on mange en commun.

On attache au temple du dieu et aux portes des maisons, Yeiresionê , une branche d’olivier ou de laurier, à laquelle sont appendus

(«) Piianepsîa , eiresione (4).

AUTORITÉS

(i) Cimotli. Epist. apud Alciphron. — (2) Plut. Thésée. — (3) Proc/us. Plut. — (4) Harpocr. Hesych.

les fruits de la saison , des figues , du miel , un pain , une fiole d’huile , des raisins , une bandelelte de laine (x).

On consacre ces branches et ces fruits à Apollon, à Minerve, au Soleil, aux Heures (2).

Un jeune enfant, dont les parens sont vivans encore, chante pendant cette cérémonie.

L 'eiresionê reste attachée aux portes pendant toute l’année, et est renouvelée avec elle.

Cette cérémonie a lieu avant les Proérosies et les Proaluries , fêtes qui précèdent le labour ( a ).

Hâtez-vous donc, mon cher Aristée : venez aussitôt, la lyre en main, aux fêtes que cette saison ramène et multiplie.

La nature se revêt de sa dernière parure. On la salue comme une amie qui s’éloigne : les regrets et les pleurs se mêlent à ces adieux.

REMARQUE

(a) Il faut distinger cet usage de celui des supplians, qui portent à la main un rameau dans quelques fêtes; usage que Cook a retrouvé jusque chez les peuplades sauvages.

(1) Eusthat. ad lliad. Sophocl. Suid. Scol. com. ad eq. Plut, in Thés. — - (2) Suid. Aristoph. Scol. ad eq.

SECTION III

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