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FETES DE SATURNE

Les Rhodiens lui immolaient une victime humaine (i). On réservait un criminel à cet horrible usage.

Hercule abolit ces affreux sacrifices , et offrit d’autres victimes à la lueur des flambeaux (2) ; d’où naquit l’usage de s’envoyer réciproquement de pareils flambeaux à l’époque de cette fête.

Aux sacrifices humains on substitua des figures de forme humaine , qu’on offre à Saturne comme pour assouvir l’avidité du temps qui dévore tout; afin qu’étant satisfait de ces simulacres , il épargne ceux qu’elles représentent. Ce sont des figures expiatoires (3).

Les Pélories ont le même caractère chez les Thessaliens(4)-

On célèbre cette fête dans l’île de Crète ,

AUTORITÉS

(1) Porphyre. — (2) Macro!/. Ibid. — (3) Court de Gébelin. ■ (4) Athèn. I. xiv.

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sous le nom d \Hermées ; dans la Grèce, à Athènes, etc. sous le nom de Chronies ; et dans la Thessalie, sous celui de Pélories (i). Et l’on retrouve partout la même licence qui caractérise les Bacchanales (a).

Ces fêtes sont relatives au renouvellement du temps, à toutes les phases chroniques, aux révolutions physiques.

Le culte du temps est fondé en nature et en raison.

MYTHOLOGIE COMPARÉE

(a) Les Musulmans ont leur Baïram (Saturnales), qui succède à leur Ramadan (jours d’abstinence et de jeûne); les Romains avaient leurs Saturnales , et du temps de leurs rois, leurs Compitales. Le Tabasket des Mahométans nègres ressemble parfaitement à la cérémonie du bœuf gras des Chrétiens, qui l’immolent dans leur Carnaval.

Les Juifs avaient leur mois de jeûne (le mois ab) ; les calamités qui leur étaient survenues pendant ce mois peuvent le faire regarder comme leur carême.

On trouve l’origine du Carnaval chez les Ascodrogiies , espèces de libertins du quatrième siècle, qui voulurent introduire alors, ou plutôt renouveler les dissolutions des Bacchanales (2).

AUTORITÉS

(1) Court de Gébelin. — (2) Jlisl. des Cèrèm. et des Superst. p. 5q.

260 liv. iy. la dégradation.

De tous les objets que l’homme a dû révérer , le temps est sans doute le premier.

A peine les sphères (i) eurent-elles commencé à se mouvoir, que le temps naquit. L’éternité est un tout indivisible qui n’admet aucune succession numérique , qui reste toujours plein et entier, soit que la matière existe, soit meme qu’il n’y ait rien que le néant. Le temps , au contraire , dont l’idée ne peut être séparée de celle du mouvement, et qui entre comme partie constituante dans le rapport qui l’exprime , est susceptible d’une infinité de divisions. On ne saurait concevoir qu’un corps change de lieu , que l’on ne considère à la fois la vitesse avec laquelle il est mû, l’espace qu’il parcourt , et le temps qu’il emploie à le parcourir. Ces trois choses sont tellement liées entre elles , que l’une suppose nécessairement les deux autres ; et c’est de leurs différentes combinaisons que dépend le jeu, aussi bien que la théorie des forces. Otez le mouvement, le temps n’est plus , et se confond avec l’éternité ; mais , l’impulsion une fois donnée , il

AUTORITÉ

(i) Essai sur la Religion des anciens Grecs.

FÊTES DE SATUBNE. 261

marche d’un pas toujours égal. Les heures, les années , les siècles se succèdent sans interruption, comme on voit les flots se précipiter les uns sur les autres , et céder à la pente qui les entraîne.

Cependant je désapprouve la multiplicité de ces fêtes ; car, pour honorer le temps, il ne faut point le perdre ; l’employer, c’est le respecter: le travail est le seul culte raisonnable.

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