‹ Fêtes et courtisanes de la GrèceChapitre 44 sur 68 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

Les mêmes , L’IACCHOGOGUE.

l’iacchogogue.

À quoi donc passez-vous le temps ? rien n’est prêt. La poulie principale ne joue pas. Allez , Bébéôn ; visitez les contre-poids. Et vous , Taumarus , tous ne songez pas à remplir les soufflets ? Les bosquets n’attendent plus que Sôpater. J’ai chargé Philon des illuminations et des transparens ; il faut que je sois juste , il

s’est surpassé.... On n’y voit rien du tout

Maudite engeance ! qui dévore les victimes , s’engraisse à ne rien faire. Je vous l’ai dit ; vous perdrez tout. Point d’ordre : tout va à l’aventure. On a volé la moitié des décorations. G’est pire qu’au théâtre.

HIÉROCLÈS

Et de quoi vous plaignez-vous ? tout ne réussit-il pas au-delà de vos espérances ? Le temple abonde de dévots et d’offrandes.

l’iacchogogue.

Oui. Mais prenez bien garde , nous n’avons pas toujours affaire à des nigauds.

MYSTÈRES D’ELEUSIS. 289

APHIDNUS.

Nous prenez -vous pour tels ? Il est bien temps de nous reposer à notre tour. Depuis des années entières nous faisons le service , et....

l’iacchogogue , se radoucissant.

Allons , allons , commencez.

MÉNIPPE

Il a raison. Pauvres diables que nous sommes ! on nous tient toujours dans l’enfer, vêtus de noir, tandis qu’étalant la pourpre, tranquilles habitans de l’Elysée....

l’iacchogogue.

Mais le spectacle languit.

HIÉROCLÈS

En un mot, nous avons toute la peine, et vous tout le profit.

l’iacchogogue.

Mon cher Hiéroclès , je vous ai toujours distingué. Je ne me suis pas plaint de vous.

HIÉROCLÈS

Votre cher Hiéroclès vous déclare qu’il est las de jouer les Tysiphone.

l’iacchogggue.

Allons , je te changerai en ombre heureuse. HIÉROCLÈS.

Grand merci ; j’aime mieux dépecer les victimes.

l’iacchogogue.

Mon cher Iliéroclès !

HIÉROCLÈS

Je promets de vous conserver les peaux et les cornes («).

l’iacchogogue.

Allons, aujourd’hui à votre poste.

APHIDNUS.

Il faut une justice distributive.

MENIPPE.

Fais donc croire cela à des prêtres !

APHIDNUS.

Ma foi ! les voleurs ont des lois.

l’iacchogogue.

Allons , commencez donc.

REMARQUE

(a) C’était l’objet d’un commerce très- lucratif, réservé aux prêtres.

MYSTÈRES D’ÉLEUSIS. 29 l

APHIDNUS.

rIenez, mon cher Iacchogogue , ne nous réduisez pas à dévoiler quelque jour les épreuves.

l’iacchogogue.

Impie ! scélérat !

APHIDNUS.

Oui , l’on est un impie , parce qu’on y voit clair.

MENIPPE.

Un scélérat , parce qu’on les connaît.

l’iacchogogue.

Par Eleusis ! au nom de la mère des dieux ! ménippe, aphidnus et hieroclès, riant.

Hi , hi , hi....

l’iacchogogue.

Craignez le ciel. ( Il se met lui-même à rire. ) Ce que c’est que l’habitude ! Par les dieux ! Coquins ! vous les voyez de trop près,

MÉNIPPE , APHIDNUS et HIEROCLES.

Capitulons.

l’iacchogogue.

Mais commencez.... commencez donc.

MÉNIPPE , APHIDNUS et HIÉROCLÈS.

Non. Capitulons.

HIÉROCLÈS

Je dépècerai les victimes....

MÉNIPPE

Je recevrai les offrandes...

APHIDNUS.

Je fournirai le vin et les parfums.

l’iacchogogue.

Capitulons.... Combien me rendrez-vous ?

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