‹ Fêtes et courtisanes de la GrèceChapitre 62 sur 68 · SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX

LES PRÊTRES entre eux.

LE DADOUQUE.

Vous jouez fort bien la comédie.

l’épibôme.

Je ne sais lequel admirer le plus , de la richesse ou de la variété de vos discours. l’hiérocéryx.

Vous parlez à chacun.

l’hiérophante.

De son intérêt....

LE DADOUQUE.

Vous ê tes un habile homme.

l’hiérophante.

Ou plutôt de l’objet de ses passions...

l’épibôme.

Vous êtes un grand prêtre.

l’hiérophante.

Ils viennent de faire , tout éveillés , un beau songe.

l’hiérocéryx En sont-ils plus heureux ?

MYSTÈRES D’ÉLEUSIS. 38q

Oui , s’ils croient l’être.

l’épibôme;

Mais la vérité

l’hiérophante.

Rapporte moins que le mensonge.

SGÈ*NE XX et dernière.

LES MÊMES et tous les Initiés.

( Le temple brille crâne nouvelle lumière ; la statue de la Nature s’ébranle , une voix forte et retentissante fait entendre ces mots : )

la nature ( automate parlant . )

Je cède à vos prières ; me voici devant vous, moi, la mère des élémens , la reine des siècles et des dieux, engendrée de tout temps , principe de toute puissance ; moi , qui renferme seule toutes les divinités ; moi, dont l’empire s’étend des sphères étoilées aux abîmes des mers, aux profondeurs des enfers : moi, dont l’univers adore la puissance unique sous mille formes variées, sous une multitude

3gO LIY. IV. LA DÉGRADATION, de noms et de cultes divers ; moi, que révèrent F Olympe et le Tartare ; moi, qui régis le monde , dispense au soleil ses feux , à la terre ses germes ; moi, qui ramène les saisons et ordonne les élémens ; moi, qui déchaîne les vents et les nuages, fais pleuvoir la rosée, éclore les fleurs et croître les fruits; moi, dont la majesté épouvante les oiseaux répandus dans les plaines du ciel , les fauves errantes sur les montagnes , les reptiles qui rampent sur la terre, et les monstres bondissans sur l’abîme des ondes ; moi , indulgente mère, riche nourrice des hommes, qui, ne cessant de les combler de tous mes bienfaits pendant leur vie, les recueille après leur mort dans mon sein, dans ce vaste foyer d’où sort et où rentre éternellement l’universalité des choses (i).

l’hiérophante,

Accompagnez la pompe de la déesse d’Eleusis, source de salut : que les impies ouvrent les yeux, qu’ils voient et qu’ils connaissent leurs erreurs.

Page 1