AUTO PU T K
(1) Apulée. Met. /. ir.
MYSTÈRES d’ÉLEUSIS. 3g I
Ç La procession en l’honneur de la déesse d’Eleusis s'exécute. Le prêtre élève alternativement sur l’autel, et présente à l adoration le ctéis et le phallus ; il les donne ensuite à baiser aux fidèles ) (i).
Allez, les mystères sont terminés.
AUTORITÉS
(i) Théodore L Euseb P/cep. evarig. Cferii. Alex.
NOTES
(A), page io. APOLLON.
« Apollon est le soleil considéré sous les rapports d’astre lumineux placé au centre de l’harmonie des sphères , qui reprend son empire sur les ténèbres à l’équinoxe du printemps , ou le soleil régnant aux cieux (i). Il emprunte le nom d 'Apollon dans la partie supérieure , et de Bacchus dans la partie inférieure. Il est Apollon dans la partie supérieure affranchie de tous les chocs tumultueux de la matière , et dans laquelle règne une constante et éternelle harmonie (2). Apollon est la lumière pure et vierge qui brille dans les cieux ; ce qui le distingue d’Osiris et de Bacchus, principes de fécondité bienfaisante pour la nature sublunaire ; et d’Hercule, qui meut les sphères et qui engendre les temps par sa révolution dans la carrière annuelle des douze signes.
» L’identité d’Apollon et du soleil est un dogme théologique reçu par toute l’antiquité, et celui sur lequel on peut élever le moins de doutes. Son union fraternelle avec la lune ou Diane, sa sœur, confirme encore cette vérité
AUTORITÉS
(1) Macrob. Saturn. L 1 , c. xvnu — * (2) Julian, orat. ivi
NOTES
attestée d’ailleurs par tous les anciens auteurs (i). Les Grecs , dit Cicéron (2) , adoraient le soleil sous le nom d 'Apollon , et la lune sous celui de Diane. Le soleil s’appelle tantôt Apollon , tantôt Bacchus , etc. (3). Les différentes propriétés du soleil ont donné naissance à différentes divinités qui ne sont que ce dieu unique sous diffère ns noms.
» Le nom d’Apollon, suivant diverses interprétations qu’on lui donne , se rapporte en dernière analyse au soleil, dit Macrobe , qui cite à l’appui de sa proposition les autorités de Platon, de Chrysippe , de Speusippe , de Cléante , de Cornificius , d’Euripe , etc.
» Ces auteurs, partagés entre eux sur la vraie étymologie de ce nom , conviennent néanmoins tous qu’il désigne l'astre brillant du jour , qui verse sur nous des torrens de lumière , et qui promène , du levant au couchant , son disque radieux. Selon Platon (4) , le soleil et la lune sont deux divinités. Le premier est connu sous le nom à' Apollon , et la seconde sous celui de Diane. Julien (5) nous dit que le soleil et Apollon sont absolument la même divinité, et que c’est là son nom le plus commun et le plus connu» Apollon lui-même, interrogé pour savoir qui il est , répond par son oracle qu’il est le soleil, Orus, Osiris , Bacchus et Apollon, le roi de l’univers, qui dispense le temps et
AUTORITÉS
(1) Serv. in Æneid. /. il î , v. fS. Pllurn. c. XXXII. — (a } Cirer' de JVat. Deor. /. II, c. xxvil. — (3) il Iacrob. Saturn. 1. 1, ç xvii. — (*j) Platon . Cratyle. — (5) Julian, orat. IV.
N O'i'üS .
les saisons, les vents et les pluies; qui ramène l’aur-ore et la nuit; le chef suprême des astres et le feu éternel (i).
» Augustin (2) convient que les anciens, qu’il appelle Païens , assuraient que les divinités qu’ils adoraient sous le nom à' Apollon et de Diane , étaient au nombre des agens de l’ordre universel du monde, et que la première était le soleil , et la seconde la lune.
» Héraclide de Pont (3) , expliquant la peste dont Apollon frappe l’armée des Grecs, pour venger l’injure faite à son prêtre, n’y voit qu’une allégorie relative à l’action du soleil qu'il dit être la même divinité qu’ Apollon, d’après les principes secrets de la mysticité, et dans la langue ordinaire, ajoutant que l’on dit. indistinctement Apollon soleil ou le soleil Apollon.
» Il s’appuie du témoignage d’Apollodore , savant très-versé dans les sciences théologiques, pour établir cette identité entre le soleil et Apollon. Il y joint ses propres réflexions tirées des différentes épithètes données par Homère à Apollon, et qui toutes caractérisent bien l’astre brillant que nous nommons soleil.
» N omis (4) dit aussi que le dieu appelé Mithra chez les Perses, Soleil ou Eé/us chez les Babyloniens, s’appelait Apollon à Delphes.
» Ceux qui se sont déclarés pour le système des génies
AUTORITES
(1) Ensch. Prœp /■ iu.c. xv. — (1) Augusl. de doit. Del, /. vil, c. XVI. — (5) Opus mylh. Thomas Cale. — (j) Konru Diorrys. I. XI.
«NOTES
et des intelligences , l’ont attaché au corps du soleil, comme son génie familier , et comme l’intelligence céleste destinée à régler ses mouvemens.
» Apollon, dit Plutarque (i), considéré, soit comme le soleil, soit comme le père et la divinité du soleil, placé au - dessus du monde visible , est pour les hommes le principe de leur existence, de leur nourriture, de leur intelligence. On voit bien que ce nouvel Apollon , père ou divinité du soleil , n'est qu’un être créé par les abstractions des métaphysiciens.
« Le même auteur , dans un autre traité (2) , met dans la bouche d’un de ses interlocuteurs une distinction entre le corps visible du soleil , et son intelligence invisible qu’il appelle Apollon , et qui, dans l’opinion vulgaire, se confond, dit-il, avec le soleil, parce que l’objet sensible et apparent détourne notre esprit de l’être intellectuel el réel qui est le véritable Apollon.
» Les statues et les images d’Apollon lui impriment toutes les grâces de la jeunesse : c’est donc, à l’équinoxe de printemps que l’on représenta ainsi le soleil. C’es! à cette époque où le jour acquiert des accroissemens , et qu’il triomphe de la longue durée des nuits , que le soleil était censé arriver dans son adolescence , et qu’il étail peint sous lès traits d’une jeune élégante (3). Tel était effectivement Apollon imberbe et brillant de toutes le.<
(1) Plut, de Oracul drjcct. — (2) Plut . de Pyth. orac. (3) Phurnut. c. XXXII ,
NOTE S f
grâces du printemps de la vie. Il est toujours beau, il est toujours jeune, dit Calliinaque (1) ; jamais son menton ne se couvre du plus léger duvet. L’hymne d’Orphée (a) le nomme le jeune héros rayonnant de gloire , Horace l’appelle l’imberbe Agyeus.
» Quoique Apollon, dieu soleil du printemps, n’emprunte pas les formes du bouc ou de la chèvre , comme Pan, ni celle du bœuf, comme Bacchus et Osiris , néanmoins on conserva le souvenir des rapports qu’il avait avec ces animaux célestes , par l’offrande qu’on lui faisait du bœuf et de deux chèvres blanches qu’on immolait dans les jeux Apollinaires. On dora les cornes de ces différentes victimes (3). Au moment où le cycle solaire était censé revenir du point .équinoxial à celui de son départ, au bout de dix-neuf ans, on célébrait des fêtes, en l’honneur d’Apollon, chez les Hyperboréens, qui croyaient que ce dieu était de retour dans leur île, où ils le supposaient né. On jouait des instrumens , on exécutait des danses, et ces fêtes de joie duraient depuis l’équinoxe du printemps jusqu’au lever des Pléiades (4).
» Le printemps était donc l’époque de la Théophanie ou de l’apparition du bel Apollon qui rapportail la lumière dans les contrées boréales désignées sous le nom d’iVe hypc.rboréenne. C’était à l’entrée du printemps que se
AUTORITÉS
(1) Callim. Hymn. in sol. v. 36. — (2) Orphie. Hymn . v. 4- — (3) Macrob. Scit. I. 1, c. XVII. — (4) Diod. Sic. i. Il, n . 47-
K OTES. 397
célébraient , dans toutes les îles Cyclades , les jeux éta blis en mémoire de la victoire qu’avait remportée Apollon sur le serpent Python (1).
» Aussi est-ce au printemps , au moment où l’hiver finit, et où l’univers, sorti des eaux du déluge, suivant les allégories sacrées , va se reproduire , qu’Ovide place la victoire d’Apollon sur Python, ou sur le monstre dont le mauvais principe avait pris la forme durant tout l’hiver (2).... En effet , c’est en hiver que le serpent du pôle , Python, montait aux cieux, pour troubler l'harmonie de l’univers et dégrader la nature.
» C’est par la même raison que les Héliades, ou les filles du Soleil , se trouvent placées dans le ciel sur ces mêmes limites de l’équinoxe du printemps. Apollon a pour amantes ou pour épouses sept filles, dont les noms sont, ceux des Pléiades, dont l’apparition ou le lever héliaque , chez les Hyperboréens, fixait le terme des fêtes d’Apollon....
» L’union du soleil aux Hyades ou aux étoiles du signe dans lequel est placée Io , et dont une porte le nom de Coronis , et une autre celui d ' Arsinoè , donna naissance à la fable qui fait naître Esculape des amours d’Apollon et de Coronis, ou, suivant d’autres, d’Arsinoé. En effet, Esculape est le serpentaire qui se lève toujours au coucher du taureau ou des Hyades , ou aux astres du taureau
AUTORITÉS
(t) Dionys. in tib, de Silu orbis. — (2) Theon , adArat. phœn.
NOTES
du printemps. Nous l'avons déjà reconnu sous le nom de Cadmus qui chercha sa sœur Europe placée sur le même taureau où est Coronis qui ouvre la nuit du premier jour du printemps , lorsque le soleil entrait au taureau équinoxial.
» Les anciens supposaient qu’Apollon restait en Lycie les six mois d’hiver , et qu’il la quittait au printemps , pour passer au nord chez les Hyperboréens , suivant les uns, à Délos, suivant d’autres. L’expédition des Argonautes ou la conquête du bélier céleste par Jason, image symbolique du soleil, n’est qu’une fiction sacrée sur le fameux passage célèbre chez tous les peuples ; c’était le passage de la mer Rouge des Hébreux, et l’entrée dans la terre promise ; c’était la Pâque des Chrétiens ou le passage par l’agneau au règne de la lumière , et le triomphe du dieu lumière , dieu agneau , sur le prince des ténèbres représenté sous l’emblème du serpent que tue Apollon aussi dieu de la lumière....
» Le fils d’Apollon , Esculape , fut tué par Jupiter irrité de ce qu’il avait ressuscité Hippolylé ou le cocher (1), lequel se lève au coucher dû serpentaire, ou que le serpentaire fait toujours lever en descendant au sein des Ilots. Apollon affligé de la mort de son fils, s’en vengea sur les Cyclopes qui forgeaient les foudres de Jupiter, et les tua. Le dieu du tonnerre, irrité de la perte de ceux de qui il tenait sa foudre, précipita du ciel
AUTORITÉS
(1) Virg. Æneid. /. vu. Serv. Comment, in JE neid. 1. VU
NOTES. 3<}g
Apollon. Rien de si simple <pie celle fable. Nous avons vu plus haut que l’équateur séparait le ciel en deux parlies, l’une supérieure, appelée ciel , et l’autre inférieure; que le soleil, placé dans la partie supérieure, s’appelait Apollon. 11 quitte donc le ciel ou la partie supérieure, à 1 équinoxe d’automne, lorsqu’il s’abaisse vers la terre et vers le pôle inférieur; il subit alors une espèce de dégradation, que presque tous les peuples ont conservée dans différentes fables. Les uns l’ont appelée sa mort , comme dans la fable d’Osiris; d’autres, sa mutilation; d’autres enfin, son exil des cieux. C’est cette dernière fiction qui a été appliquée au soleil sous le nom A' Apollon. Alors le dieu du tonnerre ne fait plus entendre sa foudre qui, pendant tout l hiver, reste aux mains de Typhon (i) ; il ne la reprend qu'au printemps. Ainsi l’époque à laquelle le soleil passe vers les régions inférieures du monde , et celle où la foudre de Jupiter semble s’éteindee dans la main de ce roi des dieux, sont liées à la même position du soleil dans le zodiaque. On a donc dû dire qu’au moment où Jupiter perdait sa foudre , ou les Cyclopes qui la forgeaient , Apollon était alors précipité des cieux....
» Placé au centre du système harmonique des sphères , dont il est le lien et le modérateur suprême, le soleil devient le dieu de la musique et de l’harmonie. Telle est l’origine de la lyre que l’on met en ses mains, et du cortège des neuf Muses dont il paraît presque toujours entouré.
( i ) No nn. D tony s.
AÏJTOR1TÉ,
4oo
NOTES
» Ce dogme théologique est également consacré' dans Macrobe (i), qui cite Hésiode à l’appui de son opinion. Ce dernier donne le nom à' Uranie ou de céleste à la Muse qui préside à la sphère suprême , ou au ciel des fixes. De là le nom de Musagète , ou de chef des Muses , donné à Apollon ou au Soleil ; car cet astre est en effet , suivant Cicéron, le chef, le premier modérateur des autres flambeaux célestes , l’âme et l’intelligence qui règlent les mouvemens harmoniques du monde. Les Muses ayant dans leur direction tous les ouvrages de l’intelligence, et du génie avec Apollon , ce dieu, par une conséquence toute naturelle , inspira les poëtes, et fut regardé comme le dieu des beaux-arts et des belles-lettres. Les Oracles qui ne parlaient qu’en vers , étaierft instruits par lui ; et les lumières éternelles du génie poétique et prophétique étaient une émanation de ce feu élevé qui éclaire toute la nature , qui voit tout et entend tout , comme le dit Agamemnon dans Homère (2)....
» De là l’origine des fêtes musicales instituées en l’honneur d’Apollon à Delphes (3). Les Alhéniens en attribuaient chez eux l’établissement au fameux Erichthonius ou cocher céleste, cpii , par son lever héliaque, annonçait le printemps. Par la même raison , on lui attribuait l’invention de la lyre et les sciences médicales (4) , qui résultent de la connaissance du système de la fata-
AUTOR1TÉS
( 1) Somn. Scip. /.Il, c. III . — (?) lliad. /.ni. — (3) August. /. xviii, c. xii. — (4) Diod. /. v. c. ixxiv.
NOTES
îité (i). La fatalité étant le résultat de l’action des sphères, il était naturel de faire Apollon le dieu chef de tous les oracles ou des décrets de la fatalité, comme on le faisait dieu de l’harmonie universelle qui émanait également des sphères auxquelles Apollon imprimait le mouvement....
» Nous n’entrerons pas dans l’explication détaillée de toutes les fables partielles dans lesquelles Apollon ou le soleil joue un rôle. Nous laissons à d’autres les petits détails qui sont une suite nécessaire du principe, et dont la solution dépend de ses rapports avec la marche progressive de la lumière dans la révolution diurne et annuelle , ou avec le jour et l’année , avec les saisons et les heures , et surtout avec le système harmonique du monde, et avec les figures mystiques qui sèment la route du soleil à travers les constellations. C’est là qu’on trouvera l’origine de divers attributs et de différentes fictions qui appartiennent à Apollon. 11 nous suffit d’avoir prouvé qu’Apollon n’est autre chose que le soleil considéré comme père de la lumière et du jour, régnant aux cieux et rayonnant de gloire, à l’époque de son passage à l’équinoxe du printemps, au moment où toute la nature re-y prend son ordre et son harmonie , et toutes les grâces de la beauté et de la jeunesse (2).
AUTORITÉS
(1) O ri g. contr. Cela. — (2) Origine des Cultes ,
NOTES