‹ Fêtes et courtisanes de la GrèceChapitre 9 sur 68 · IY. FÊTES DES QUATRE SAISONS · texte numérisé non relu

IY. FÊTES DES QUATRE SAISONS

SECTION PREMIÈRE

HERCULE (a). EXPLICATION DE SES TRAVAUX ET DE SES ATTRIRUTS.

Suite des aventures d' Alcimédon , de Nisa , etc.

Le généreux Alcimédon , enivré du bonheur de se? retrouver entre un père et une amante, aurait voulu associer toute la nature au spectacle de sa félicité. Il offrit l’hospitalité au poète Aristée et au philosophe Mycillus.

Aristée s’occupa de composer des hymnes , le philosophe de méditer, Alcimédon de jouir.

Le poète ayant un jour rencontré Mycillus assis au bord d’une source tombante , et au pied d’un platane sous l’ombrage duquel mille

MYTHOLOGIE COMPARÉE

(a) Divinités qui correspondent à Hercule : le Chon des Egyptiens ; le Bèlus ; le üorsanès des Indiens ; le Jorim-Assa des Japonais; Y Ogmion des Gaulois; le Rempliam des Syriens ; le Krusmann des riverains du Kliin, près Strasbourg.

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oiseaux réfugiés pendant la chaleur mêlaient leur gazouillement faible et interrompu au murmure de l’onde , le po'ëte inspiré tire ses tablettes , saisit le style , et interrompant les rêveries du philosophe : écoutez , écoutez ce nouvel hymne sur Hercule.

« Hercule à la robe semée d’étoiles , qui conduis leur sphère enflammée ; souverain de l’univers, roi -pasteur des humains, soleil devant qui les ténèbres s’enfuient : toi qui , promenant ton globe étincelant autour de l’un et l’autre pôle , dévores , semblable à un coursier infatigable, ta vaste carrière ; toi , sur les pas duquel tourne en cercle l’année , fdle du Temps, et mère des douze mois; toi qui enchaînes leurs révolutions , et leur imprime tour à tour les traits de la décrépitude et de la jeunesse ; œil éternel de l’éther ; toi qui fais succéder les richesses du printemps et de l’été à l’indigence de l’hiver; toi, dont les trésors enrichissent nos guérets ;. toi , qui verses dans nos sillons les germes de la fécondité, entends et favorise ma prière.

» Tu es le même dieu que les différens peuples adorent sous divers noms; c’est toi qui es honoré sous le nom de Bélus sur les

HERCULE

rives de l’Euphrate ; sous celui d ' Amnon en Libye ; d 'Apis à Memphis ; de Saturne (a) en Arabie ; de Jupiter chez les Assyriens ; de Sérapis en Egypte ; de dieu du Temps , de Phaéton , ou de dieu brillant aux mille noms ; de Mithras en Perse ; à' Hélios chez les Babyloniens ; d 'Apollon à Delphes et dans toute la Grèce ; d 'Esculape , qui guérit les maux des mortels ; du dieu Ether , nuancé de mille feux; d ' Astrochyton. »

Le philosophe , piqué d’avoir été troublé dans ses méditations , voulut s’amuser aux dépens de la vanité du poëte , en lui prouvant que ses vers étaient pillés. Il lui cita les passages de ses devanciers. Aristée est furieux : mais l’impitoyable Mycillus continue et entasse les citations.

Et Orphée.... , dit-il, écoutez à votre tour: quelle précision !

« Magnanime et fort Hercule , Alcide , Titan , aux mains puissantes et invincibles ,

MYTHOLOGIE COMPARÉE

(a) Sadome , Bore , Saturne des Celtes ; Sani celui des Indiens ; Kiun celui des Juifs ; Dzolil , chez les Arabes ; Crodus ou Krodo , chez les Saxons.

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éprouvé par les plus difficiles travaux : salut j père du Temps , aux formes diverses... Toi , qui ramènes tour à tour l’aurore et la nuit ; toi , qui livres douze combats en parcourant la carrière depuis l’orient jusqu’à l’occident (i). 3>

Et Apollodore.... quelle image !

« Le vaisseau céleste transporte Hercule aux extrémités du monde («) (2). »

Et Pylhagore quel sens !

« Hercule est la force de la nature (è). » Cependant Mycillus termine avec son atticisme accoutumé : il finit par louer quelques vers d’Aristée. Celui-ci s’adoucit, savoure le miel de l’éloge, et continuant la conversation : — Je suis plus poëte qu’érudit, j’ai douté quelquefois. Hercule est-il vraiment le soleil? — L’histoire d’Hercule est écrite dans les

REMARQUES

(») Le savant Leclerc partit' de cette expression, pour transformer Hercule en négociant phénicien.

(6) Je pourrais entasser les autorités, et citer tout Macrobe (3). Il suffira d’indiquer que cette explication ancienne a été embrassée par les plus illustres des savans modernes.

AUTORITÉS

.1) Orph.hymn. — (a) Apollod. — (3 ) Porph. Sco/. d' Hcsiod.

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cieux , reprit Mycillus; il suffit d’interroger un planisphère (a).

« Au centre du bocage s’élevait un temple où un mathématicien avait placé une sphère consacrée, hommage orgueilleux de sa science. Mycillus la pose sous les yeux d’ Aristée ,ct continue.

Le lion néméen (a) (ù) , qui figure sur des

Avant Gébelin et Dupuis, Vossius (i), Cuper (2) , Aléander (3) , Blackwel (4), Bry liant (5), avaient de’veloppé ce système : mais il acquiert toute sa démonstration, lorsque seul il explique, et tous les travaux d’Hcrcule, et les monumens divers de son culte, et jusqu’à ses noms étranges, qui cessent alors de l’être. Je joindrai quelques explications nouvelles à celles qu’on a déjà données.

(a) En observant de replacer la sphère dans la position où elle était à l’époque de ces fictions; époque antérieure à celle de nos jours de 45oo ans. Le solstice d’été répondait aux étoiles de la constellations du lion, qui était alors le premier des signes -, les équinoxes répondaient au tauteau et au scorpion. On trou\e ailleurs cette position de la sphère, exposée dans un monument mithriaque.

(b) Premier travail.

MYTHOLOGIE COMPARÉE

(a) Lion indien.

AUTORITÉS

(1) Foss. de Orig. et Progr. idolnl. I. II. — (2) Cuper , dissert, sur Harpocr. — (5) Aléand. Explic. de ia table Hèliaq. — (4) Blaikwel, Lettres sur la Mythol. — (5) Bry liant , rech . sur V Hist. ans.

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monumcns antérieurs à lous ceux (le la Grèce , est le signe du solstice d’été, où le soleil développe son triomphe et sa force. Cette jalouse Junon , qui impose à Hercule douze travaux, est la déesse du cercle olympique , la première lune de l’année, qui devient pleine dans le signe du Verseau, surnommé Y astre de Junon (1).

» L’hydre renaissante («) est la constellation de ce nom, qui, se prolongeant sur trois signes, semble arrêter trois fois le dieu dans sa course (2).

» La défaite du centaure (a) ( b ) , celle du sanglier d’Erymanthe , rappellent les deux constellations de l’automne , le centaure et le porc céleste, qui se lèvent sous le signe de la balance (3).

REMARQUES

(а) Second travail.

(б) Troisième travail.

MYTHOLOGIE COMPAREE

(a) Polkan , centaure des Slavons.

AUTORITES

(1) Dupuis. — (2) Theon. E rata si h. Hygin. — (3) Ibid. Germ. Ces . K ire fier.

HERCULE

» La biche que le héros atteint ensuite («), se retrouve aussi parmi les astres ; et c’est des feux de l’éther, ou du soleil , qu’elle emprunte ces cornes d’or que la poésie et l’astronomie lui donnent (i).

» Lorsque le soleil arrive au sagittaire, trois oiseaux qui figurent sur la voie Lactée, le vautour, le cygne et l’aigle , se lèvent : de là cette allégorie des oiseaux de Stymphale , percés par les flèches d’Hercule ( b ) (2).

» Il arrive aux étables du bouc céleste (c) , où s’écoule l’extrémité du fleuve du verseau ; Hercule , dit-on alors, nettoie les étables d’Augias (3).

» S’il amène avec lui le taureau de Crète (c/), s’il tue le vautour de Prométhée, celte .phrase symbolique annonce le passage au méridien

REMARQUES

(а) Quatrième travail.

(б) Cinquième travail.

(c) Sixième travail.

(d) Septième travail.

AUTORITÉS

(l) Nonn. I. XXV. Casitis in Cassi.op. — (u) Colurn. med. de Pcrinlh. Na! Corn. Parts. Arc ad. — (?)) Ibid. Apollüd. I. U.

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