‹ Fêtes et souvenirs du Congrès de Vienne tableaux des salons par le comte A. de La GardeChapitre 33 sur 39 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Maladie àa prince de Ligne. — Le comte do Witt — L'am bassadeur Golowkin. — Le docteur Malfati. — Progrès du mal. — Les dernières saillies du mourant. — Douleur générale. — Portrait du prince de Ligne. — Ses funérailles.

Une des circonstances les plus douloureuses de ma vie, la mort du prince de Ligne, vint attrister les joies du Congrès. Telle fut sur mon cœur l'impression de cet événement si cruel, si inattendu, qu'aujourd'hui , après un quart de siècle,

tous les détails en sont encore présents à ma mémoire.

Je me rendais chez cet excellent ami pour lui faire nia visite quasi-quotidienne. Non loin de sa maison, je rencontrai lecomtedeWitt : il désira m'accoinpagner. Mous trouvâmes le prince couché et souffrant. Il avait pris un refroidissement à ce malheureux rendez-vous du rempart : et lu veille, au bal de la redoute, où je l'avais trouvesi consolé , il avait eu l'imprudence de sortir sans manteau par un froid de dix degrés pour reconduire des dames jusqu'à leur voiture. Aucun symptôme grave ne s'était encore déclaré : U avait seulement un peu de fièvre, et la nuit avait clé très agitée.

Il ne nous en reçut pas moins avec cette grâce affectucusequine l'abandonnait jamais. On parla de ce pêle-mêle de Vienne, de quelques nouvelles du Congres, enfin de l'art militaire, sujet favori du vieux maréchal aussi bien que du jeune général russe. Il traita tous ces objets avec ce ton de fine plaisanterie ou de gravité ingénieuse qui lui était familier. Le comte de Witt lui dit enfin, en prenant congé :

Page 1