LE SIÈGE DE THIONVILLE
l'offrande a la LIBERTÉ
On abusa tellement du spectacle gratis à cette époque, que le gouvernement révolutionnaire
fut obligé d'indemniser les grands et les petits théâtres, en leur payant une somme équivalente à la recette dont ils étaient privés.
Un décret du 7 pluviôse an II (22 janvier 1794), alloua 100,000 livres pour cette dépense; mais ce ne fut pas assez, et cette somme fut bien vite absorbée.
Le public qui fréquentait ces représentations se composait surtout de gens du peuple et, pour donner une idée de la naïveté des spectateurs de cette époque, on fît courir, par la ville, ces couplets satiriques :
A l'Opéra gratis parmi les spectateurs Une poissarde était assise ; Et voyant de quatre chanteurs Briller en quatuor les talens enchanteurs : Il Ah! Jérôme, je suis surprise, Dit-elle à son mari, d'entendre ces acteurs Brailler tous à la fois. Mon homme que t'en semble? Est-ce l'usage? — Oh! reprend-il, nenui ! Mais vois-tu c'est gratis; ils chantent quatre ensemble, Afin d'avoir plus tôt fini. »
L'Empire, la Restauration, continuèrent la Iradition des représentations gratuites, qui fut
interrompue pendant toute la durée du règne de Louis-Philippe.
La seconde République les rétablit. Puis l'empereur Napoléon III décréta que tous les théâtres de Paris donneraient une représentation gratuite à chaque fête du 15 août.
Actuellement , les représentations gratuites ont lieu le 14 juillet, jour de la fête nationale.