‹ Fétichisme, polythéisme, monothéisme parChapitre 8 sur 37 · I. Voir Genète de VHumaniU, page 53, ligne · texte numérisé non relu

I. Voir Genète de VHumaniU, page 53, ligne

la Chaldéo-Babylonie a été colonisée par les Sémites...

Cette marche de la tradition indoue que je viens de relever dans le conte, la fable, le drame... qui s'accuse dans tous les produits de la pensée des civilisations postérieures... qui est victorieusement démontrée par Torigine sanscrite de nos langues : j'ai surtout cherché, dans les diverses études que j'ai publiées jusqu'à ce jour, à la suivre dans la transmission des vieilles conceptions religieuses des brahmes.

Dans celle de ces études intitulée : Christna et le Christ^ destinée à mettre en parallèle le rédempteur indou et le messie hébraïque, j'ai dit, dès le début, en exposant le plan de mon ouvrage :

« Les deux religions les plus anciennes, le brahmanisme et son rameau le bouddhisme, qui comptent plus des deux tiers des habitants du globe parmi leurs adeptes, sont basés sur le mythe de rincamation périodique de la divinité.

D'après les brahmes et les bonzes. Dieu, chaque fois qu'il sent le besoin de ramener au bien ses créatures qui s'en éloignent, prend une forme visible pour communiquer avec elles, et c'est la forme humaine qu'il revêt le plus volontiers.

Tantôt il apparaît sous les traits d'un guerrier, d'un pénitent ou d'un sage ; tantôt il s'incarne dans

le sein d'une Yierge» et parcourt toutes les étapes de la vie humaine, de l'enfance à Tâge mûr et à la mort, prêchant, aux populations, la iso omission la plus absolue aux ordres des prêtres et des rois.

Le mythe de rincarnation est une des plus vieilles ^ inventions sacerdotales de TOrient : grâce à lui, les brahmes purent maintenir dans une constante obéissance, les peuples qu'ils opprimaient.

Aux premiers symptômes de ralentissement de la foi, à la première tentative de rébellion, un homme paraissait, se disant envoyé par Dieu, et les nations s'agenouillaient sur son passage, et reprenaient paisiblement le collier. D'autres fois c'était le chef môme des révoltés que l'on gagnait en le gorgeant de biens, ou que l'on faisait assassiner s'il était incorruptible, et dans un cas comme dans l'autre les brahmes l'honoraient habilement comme un dieu, lui faisaient une légende, et confisquaient à leur profit la révolution commencée.

Le christianisme est né plus tard d'une de ces incarnations.

D'après les légendes hiératiques du brahmanisme et du christianisme, deux incarnations de la divinité qui auraient porté le même nom, lezetts Christfia et lezeus ChrUtos^ se seraient produites dans le monde, à environ cinq mille ans de distance l'une de l'autre.

iO DE LA MARCHE DE LA TRADITION

Ces deux rédempteurs promis par Brahma et Jeoyah, après la faute d'Adima et d'Adam^ auraient été ensuite annoncés par de nombreuses prophéties.

Tous deux, auraient eu pour mères des femmes restées vierges, Devanagny et Mariam, malgré la. conception.

Tous deux, auraient été soumis dès leur naissance aux mêmes persécutions, de la part de Kansa, tyran de Madura dans l'Inde, et d'Hérode, tétrarque de la Judée.

Tous deux, auraient, par miracle, échappé au massacre des innocents.

Tous deux, avec leurs disciples, auraient prêché la même morale, et se seraient donnés comme des envoyés célestes.

Tous deux, auraient accompli de prétendus miracles, ressuscité les morts, guéri les aveugles, les boiteux et les sourds, et chassé le démon du corps des possédés.

Tous deux, seraient morts victimes de la vengeance des prêtres, dont ils avaient dévoilé les vices e1 sapé le despotisme, par leurs prédications égalitaires.

Tous deux, seraient remontés au ciel après avoii terminé leur mission.

Suivant lès brahmes, Ghristna serait né à Madura,

dans le sud de Tlndoustan, quatre mille huit cents ans environ avant notre ère.

D'après les prêtres romains, le Christ serait né à Bethléem il y a un peu moins de dix-neuf siècles.

Les deux sectes religieuses ont fait des dieux de CCS prétendus rédempteurs.

Il est impossible de considérer ces deux légendes jomme indépendantes Tune de l'autre, et de croire que le même mythe religieux ait pu se produire deux fois dans des circoùstances identiques.

La Judée s'est évidemment inspirée de Tlnde.

L'Inde a pour elle Thistoirc, le temps et la science; et ce ne serait que par le plus singulier des anachronismes, que l'on pourrait rendre' cette contrée, qui a colonisé la plus grande partie du globe, et dont la langue, le sanscrit, a formé la plupart des idiomes anciens et modernes, tributaire de la Judée en matière religieuse.

Bien que l'anachronisme soit évident et indéniable, il faut le combattre, car il est la dernière arme de l'intolérance religieuse, le dernier retranchement de la superstition romaine.

Si la légende du Christna indou est authentique, la légende du Christ juif ne peut qu'être apocryphe.

En reprenant cette thèse, déjà agitée incidemment dans /(/ hihk dans l'Inde et les Fils de Dieu, nous voulons prouver que l'incarnation qu'on adore à Rome,

n'est qu'un reflet de celle qu'on honore dans Tlnde, que le Christ n'a jamais existé tel que ses historiens intéressés le dépeignent, et que les évangélistes n'ont fait qu'attribuer à un des leurs, ou même à un être imaginaire, de miraculeuses aventures copiées par eux dans les livres sacrés de l'extrême Orient.

On oublie trop, que tous les savants de l'école d'Alexandrie les ont taxés d'imposture, et leur ont signalé les sources où ils avaient puisé. »

Tel est le fond de cet ouvrage autour duquel viennent se grouper des études sur Vlnterpréiaiion mythologique; le Monothéisme des Védas et de Manou ; TOrigine du Mythe trinitaire et de la prière; la Secte des Djéinas; la Transmigration des âmes ou Métempsycose; le Ciel et l'Enfer ; le Mokcha et le Nirvana^ ou absorp* tion dans le Grand-Tout; le Culte du soleil et le Symbolisme antique; le Culte du Lingam et du Nahamam^ rhomme et la femme primitifs; Nara ou V Esprit-- Saint; les Sept richis de F Inde et la Trinité Vierge; Sur Brahma, Hiranyagarbha ; la Hévélation Brahmanique ; les Légendes des Incarnations^ et enfin sur Canya, la Vierge, et son fils Christna; les Miracles et les Transmigrations des Dieux.

Après cette revue des mythes reUgîeux de l'Inde, comparés à ceux de la Judée, il était logique de suivre, à travers les âgesj la marche parcourue par ces conceptions, pour arriver à se fondre dans la fable

hébraïque ; c'est cette étude que j'ai commencée dans 2a Genèse de V Humanité ^ et vais bientôt continuer dans le présent ouvrage.

Je désire au préalable, pour les lecteurs qui m'ont donné tant de marques de sympathie, et les critiques qui, dans la presse, ont bien voulu rendre compte de mes travaux, répondre à certaines atta« ques, qui pourraient paraître plus sérieuses que de raison, eu égard à l'autorité de leurs auteurs.

Fort souvent des correspondants des deux mondes m'adressent la question suivante : Nous désirerions connaître les réponses que l'on vous fait?

Dernièrement, un éminent critique du National^ M. Clère, après avoir passé en revue la thèse générale que je soutiens, et que je viens d'exposer rapidement, semblait faire la môme interrogation, en terminant son article par les paroles suivantes :

« Les preuves apportées par M. Jacolliot à l'appui de sa thèse, semblent trop péremptoires^ pour qu'on dédaigne de lui répondre, et pour qu'on ne prenne pas du moins la peine de le réfuter si on le peut t »

Je vais déférer à. ces désirs, en donnant ici une des attaques les plus sérieuses que j'aie eu à subir, attaque qui a pour auteur M. Foucaux, professeur de sanscrit au Collège de France. Je considère comme une bonne fortune pour moi d'avoir à la réfuter.

La plupart des sujets que je vais traiter dans ma réponse, ont une connexion si étroite avec les matières du présent ouvrage, qu'elle peut être consid irée, pour ainsi dire» comme un chapitre nécessaire^ destiné à déblayer le terrain.

Après avoir démontré par l'attaque môme la solidité de la base scientifique, sur laquelle reposent mes preuves, ye continuerai, avec plus de liberté d'allures encore, en face de la science officielle, l'étude de toutes ces prétendues conceptions, touraniennes, chaldéennes, sémitiques, qu'on nous présente comme des conceptions particulières et qui ne sont que les produits du rayonnement de la vieille tradition brahmanique.

Voici la copie littérale de l'article de M. Poucaux, je répondrai après.

REVUE BIBLIOORAPHIQUB

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