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célèbres que les Fox, les Pitt et les Burke,
ont des mesures d'union ou de ditaton analogue à celle qui, en ce
moment, agite le pays et dont l'objet le plus essentiel était de noyer la réprôsen= tation du Bas-Oanada et par ia même de porter une atteinte grave à son existence poli tique.
Ecoutes en quels termes éloquents il proteste contre l'intention des ministres de décréter la houvelle loi sans consulter le peuple :
. Je ne pense pas que l'on puisse trouver ün exemple d’un semblable mépris, témnigné à tout un peuple, de la part de ceux qu'il a chargés de sauvegarder ses droits constitutionnels. Il n'y a que des ilotes, des esclaves que l'on traite ainsi. On dée:de de leur sort sans les consulter et leur destinée s'accomplit fatalement sans qu'ils aient à faire entendre une plainte, ou exprimer un vœu pour la changer ou l'améliorer.
Mais les dangers de voir notre nationalité noyée par celle des autres races effraient surtout son patriotisme, ‘“ Mais on a dit, remarque-t-il, que nos craintes à l'occasion de la minorité dans laquelle le Bas-Canada serait laissé dans la représentation fédérale n'étaient pas fondées ; que nous pores pour jouir de notre part
itime d'influence, compter sur des alliances de partis, sur des rapprochements que des intérêts matériels et identiques produiront entre des hommes d'opinions différentes sur d’autres objets, mais qui néanmoins sentiront la nécessité d'agir de coneert et en commun sur certains objets pour atteindre leur but relativement à d'autres.”
À cela, je n'ai qu’une réponse à faire :
bien imprudents sont ceux qui confient à de semblables éventualités la sauvegarde des droits les plus importants, des intérêts les plus chers du peuple qui leur en a remis le soin, et bien confiant serait ce peu.
ple de ne pas exiger d'autres garanties que
celles qne peuvent offrir les coalitions des hommes politiques
La seule garantie qui puisse rassurer un peuple sur la conservation de ses libertés et celle de droits particuliers, sont des institutions représentatives Caus laquelle se voix ne peut pas être étouffée par celle de la majorité. Quant aux chances et aux accidents qui renversent le lendemain le parti de la veille, ils n'offrent que des garanties illusoires.
Voilà comment parlait, il ÿ a vingt aus, ce sage vieillard; hélas! nous sommes bien forcés de l'admettre : il avait raison, Quo sont devenues ces garanties qu'on nous promettait et ces alliances d'intérêts combinés qui devaient nous sauver ? Tout esta cat disparu sous le coup des graves événements qui viennent de s'accomplir ; ou sous le souffle de la tourmente soulevée par le fanatisme religieux et les préjugés nationaux! Nous ne sommes que cinquante à Ottawa sur plus de deux cents ; et nous sommes à la merci d’une majorité qui nous est antipathique.
Le présent est sérieusement compromis et l'avenir est menacé.
Adumirons la sagesse de ceux qui ont voulu sauver notre pays en 1865;et regrettons la coupable sécurité de ceux qui u'ont pas voulu partager leurs craintes, Nous sommes tous également
unis aujourd'hui; ceux qui ont fait e mal comme ceux qui ont voulu l'empêcher. Il ne nous reste plus qu'un devoir à remplir, devoir qui s'impose à la conscience et au patriotiame de chacun : c'est de réunir nos efforts communs pour trouver le remède à un mal que l’imprévoyance des uus a refusé de prévoir et que la prévoyance des autres à été impuissante à conjurer.
J'ai déjà parlé de la tournure philosophique que M. Cherrier donnait à sa pensée. Permettez quo je détache d’un discours qu’il a prononcé le 26
mbilt on
janvier 1864, quelques perlos de cet esprit mu A
Il s'agit de l'étude du droit dont il veut donner le goût aux jeunes gens :
u Quelques remarques dit-il, sur l'étude du droit et propres à faire voir son utilité, ne soat point hors de pro après un entretien philosophique. lles peuvent d'autant plus s’y rattacher que la philosophie, comme l'a remarqué un professeur de droit éminent, est l’une des avenues du droit. En outre, la jurisprudence, v’est-àdire læ science du Droit, poursuit, dans une Le amp différente, le même ovjet que la philosophie, la recherche de ce qui est vrai, juste et honnête.
Aussi les juriscousultes romains, ces flambeaux de la jurisprudence à laquelle ils ont élevé un monument impérissable, ces hommes dont les décisions sont tous les jours invoquées dans les tribunaux comme des oracles, se sont-ils appliqués à l'étude de la philosophie. Les extraits que nous avons de leurs ouvrages porteut l'empreinte des doctrines philosophiques dont ils s'étaient nourris. Gravina, dans la préface de son traité des sources du droit, dit que: ‘“ Les jurisconsultes Row mains ont toujours tellement marié l'é- “tude du droit à celle de la philosophie “qu'ils ont recreilli tout ce qui se trou— 4 vait épars dans ies livres des philosophes “ (irecs, sur les notions de l'honnête et du 4 juste ; sur les bornes du bien et du mal “,,..en sorte que ce qui n’était chez les “ Grecs qu'un amusement de l'esprit, est “ devenu à Rome, le fondement du droit, 4 soit public, soit privé.”
“ Remarquons eu passant, que la recherche de la vérité était tellement sincère chez ces jurisconsultes philosophes, que les membres des deux écoles principales qui s'étaient formées parmi eux comme il s’en était formé chez les philosophes Grecs, adoptaient réciproquement leurs décisions, quand ces décisions leur semblaient avoir pour elles la justice et la vérité. 1l est des écoles philosophiques qui n'ont pas toujours donné l'exemple d'un amour si désintéressé de la vérité.
Il va donner un nouvel intérêt à cette étude du droit, en provoquant
l’émulation et l'ambition des jeunes ns. Elle va leur ouvrir la porte es honneurs et leur assurer la pléni-
tude de l'exercice de leurs droits de citoyens,
est plein d'apropos et je prie mes jeunes mis du Club natisal| d'ésouter les enseignements philosophiques de ce sage Nestor :
Que dans tout état de société, cette étude produise des résultats heureux, cela n'est pas douteux. Pour s'en. convaincre, il suffit de remarquer que, de même que la philosophie est l'expression la plus haute de la vérité après la théologie, de même le droit est l'expression la plus élevée de la justice, cette vertu sur laquelle repose comme sur une base solide tout l'édifice social et qni en maintient toutes les parties dans l’ordre et l'harmonie. La justice, les anciens l'avaient divinisée et, suivant la mythologie, cette déesse n'avait habitée la terre que pendant l'âge d'or. Dégoutée du séjour terrestre par la perversité des hommes, elle s'envola au séjour céleste.
Ceci n’est qu'une fiction poétique, car, de de même que le monde matériel retonberait dans le cahos, si la main divine qui l'en a tiré cessait d'en régler les mouvements, de même le monde moral n'offrirait plus que désordre et confusion si la justice en était bannie et cessait entièrement de régler les rapports des hommes entr'eux.
Cette vérité n'avait pas échappé à l'antiquité payenne, puisqu'à ses veux : ‘la 4 justice comprenait tous les rapports hu- “ mains, politiques et civils et constituait « l'harmonie universelle du monde moral, “ de l’humanité..,. ” Si, dans toute la société, la justice doit présidér aux rapports politiques, il en résulte que la science du Droit qui n’est que celle même de la justice devrai: être l’objet des études du plus grand nombre sous tous les régimes politiques, et surtout sous un réz:me constitutionnel comme le nôtre, Je ne pense pas exagérer en disant que, sous ce régime, l'étude du Droit est non-ssulement très avaatageuse, mais qu’elle devient une nécessité. (Cette nécessité résulte, en effet, du rôle que les habitants d'un pays régi par des institutions représentatives sont appelés à jouer dans l’organisation de la société politique. Ce rôle ne saurait être
rempli avec honneur pour eux el avanta,;e pour leurs compatriotes, à moins qu'ils n'y apportent un sentimeut de justice et de devoir et la conscience de leurs obligations, toutes choses que l’on n'acquiert que ar l'étude du Droit, ainsi que je l'ai déjà t entrevoir, et comme je le prouverai encore plus cisirement pat les quelques remarques qui me reste à faire.
N'avais-j raison de demander votre admiratioh pour ces pensées sublimes, si nettement dessinées et si élégarnment rendues,
ais l’orateur arrive aux conclusions pratiques des principes élevés qu’il vient de poser, Recueillons ces conclusions; elles peuvent servir à tous les âges, dans tous les temps et à tous les partis. C'est universel com— me la vérité philosophique qui s’impose à tous dans sa puissante clarté.
4“ Quant au rôle que tous les citoyens, ceux qui appartiennent aux classes les plus humbles comme ceux qni font partie des plus élevées sont appelés à jouer dans notre organisation politique, vous les connaissez tous. Oe rôle, digne d’une noble ambition consiste pour les citoyens à participer au gouvernement du pays, soit en siégant comme législateurs dans les ussemblées législatives pour décrêéter les lois, soit en siégant dans la conseil comme ministres, chargés d'en surveiller l'exécution et de veiller à tout ce qui peut, dans une administration bien dirigée, promouvoir les intérêts moraux et matériels des administrés.
En outre de cette participation directe au gouvernement, il en est une autre, indirecte, qui n’est pas moins importante, c'est le droit de désigner par la voie du suffrage ceux qui rempliront les fuactions si élévées, et en même temps si recherchées, dont je viens de parler, celles de député, celles de ministre.
Eb bien! cette participation, soit directe, soit indirecte au gonvernement de son pays, entraîne une responsabilité souvent trop méconnue pour ceux qui l'encourent
sans songer à tout ce qu'elle a de grave, je
dirai même de redoutable. Si quelque chose peut faire naître la conscience 11e cette responsabilité et la faire apprécier dans toute son Atendue, c'est la notion
même que comporte l'idée da droit et les éléments qu'elle renferme. Ces éléments sont de deux sortes : l'un consiste à faire envisager le droit comme un titre à réclamer quelque chose, à jouir d'une prérogative, d'un avantage quelconque, l’autre comprend l'obligation qui correspond à ce droit et qui est attaché à son exercice. ”