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gardée par deux appariteurs empressés à les ser vir. Le boxeur a quelques minutes de repos À pas
4 CÉTATEUNIS ie.
assaut. On le voit $ 'affaler sur sa à chaise, |
toute eue et tout nivivement td Les amis et entraîneurs s’empressent autour de lui; + un l’évente avec un écran, l’autre lui tient. le goulot d’une bouteille entre Je lèvres pour qu'il ne Pore sans faire usage hs 1 HEAR un
À comme un palhenien.
« Vous n'imaginez pas, cher monsieur, ce qu'est É h vie d’un professionnel boxeur. Tel qu’un jockey
où un pianiste, il consacre chaque jour plusieurs
heutes à son art; même quand il voyage, il ne
perd point temps, et son wagon, qui lui appar-
tient, est uné salle d'armes g'arnie de masques,
au centre. pend du plafond une grosse boule faite de cordes tressées : c’est le mannequin ou le plastron. Le sujet passe des heures à cogner sur cette sphère inoffensive des coups de poing terribles,
' ie d’ ete dont us vous done :
l'idée ces minsérels, qui, dans les ele
sonores. »
Je l'interromps : | — Mais, pardon, qu este -ce qui décide la vic= toire? Je ne pense pas que ce soit la mort d'un des deux champions? F — Point. Les coups ne doivent porter que sur ë la face et sur l'estomac. Les reprises se succèdent jusqu'à ce que l’un des deux adversaires tombe à terre, évanoui, et demeure au moins dix secondes
conter le combat de géants oi j'ai assisté :
__ rant une heure. Il a fallu vingt et une reprises : pour abattre le roi de la boxe.
« Les voici tous deux, — des hommes superbes, | musclés, nus jusqu’à la ceinture, avec la à nomie décidée, le menton bestial, les biceps énor- . mes, tels enfin qu’on peut se Re les assom-
meurs des abattoirs ou les héros de l’Z/iade.
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; « Le gong sonne. Le silence se fait aussitôt. Les adversaires sautent légèrement au centre de l'arène. Sullivan devient aussitôt l’agresseur. Corbett sautille en tournant autour de lui; les poings *
s’allongent, mais les coups sont trop courts ou parés. Sullivan essaie de bloquer son rival contre la corde, mais celui-ci parvient à glisser et à s’ es- :
d'un. bond. Les premiers De sont échangés.
Jim est frappé à l'épaule, et John Sullivan à l’es- | tomac : quels coups, par Jonathan! Il semble qu’une four en serait ébranlée.
«Je ne vous détaillerai pas chaque repri se, bien : que jeu aie noté toutes les péripéties sur mon calepin. Nous étions tous dans un état de surexcitation indicible, dont vous comprendrez la fièvre si vous faites noon qu'une défaite pour Sulli- van nous semblait aussi impossible que le relève- ment de la rente italienne. C'était, dans la salle, un remous, un vacarme dont une tempête donne- rait seule l’idée. 4 ” «Les quatre premiers assauts nous NU le | spectacle d'un combat merveilleux entre cham- F pions de première force. Tantôt ils s’observaient, le corps penché, tantôt ils s’approchaient dans un - corps à corps terrible, où les poings volaient comme des balles et retombaient, avec un bruit sourd, sur la face’et la poitrine; à un coup que reçut Sullivan sur l'oreille, sa tête recula et tomba
en sonnant, les interrompait toujours au milieu de l'échange le plus nourri.
le nez d’un air plaisamment inquiet.
. « Le combat s’échauffe. Sullivan lance, pour la A première fois, ce vigoureux coup de poing droit À
qui assomma tant d'adversaires. Mais Corbett s'étant esquivé, il rencontre le vide et chancelle
de la force qu'il à déployée. Peu après, il est frappé sur le nez, et le premier sang apparaît,
La bataille dcvibn furieuse. D’un coup qu'il reçoit
sur la tête, Sullivan tombe sur la corde et ne se relève que pour en recevoir un second. Âu signal sa du gong, les champions resg'agnent leur place; on . de
éponge la figure de Sullivan.
« Dès la reprise suivante, on pet prévoir que a
John a rencontré son égal, sinon son maître.
« Les coups se succèdent sur sa face ensan-
glantée, sur sa poitrine meurtrie, Sur Sa mâ— . choire. À l’une des reprises, la violence du poing de Corbett le jette à terre. Au huitième assaut, il | donne des signes de fatigue; au neuvième, ila la à bouche et les yeux en sang. Le nom de Corbett
traverse la foule comme une traînée de poudre, et les bookmakers diminuent leurs prétentions sur
Sullivan. Le Californien, malgré les bons coups: : qu'il reçoit, paraît toujours alerte et gai. Au.
on Et Sullivan avancé ên riant ni dernier coup de poing qu’il a reçu sur la tête, à tandis que Jim se lève de sa chaise en se grattant je
aie Riinire a son tival tnë si ral ie qu'il est acclamé par un tone nerre de hurrahs. Sullivan est en sang et hors : d haleine ; au douzième assaut, il semble qu'il ait peine à quitter sa chaise, et il est le dernier à ré- pondre à l’appel. Quand le gong sonne la fin dela reprise, Corbett, qui vient de recevoir un coup de - poing sur l'estomac, riposte paï un Coup sur la 4 tête, et va s'asseoir en riant. { | « Les assauts suivants sont des mêlées épiques : ARR ts les coups de Corbett ont une telle violence que la tête de Sullivan cède et retombe, comme si elle : allait se détacher du corps. Les siens sont vigoureux aussi, mais le Californien, agile comme un singe, les esquive presque tous d'un bond, en sautillant autour de son adversaire qui, entraîné par sa propre force, roule souvent à terre. | un Dès la seizième reprise, la scène devient sau- | . vage : les coups pleuvent. Sullivan reçoit sur le . front cinq meurtrissures consécutives. La foule est en délire; les actions de Sullivan se réduisent à rien sur le carnet des bookmakers. On crie : Assez! assez! Hurrah pour Corbett! Mais celui-ci veut une victoire complète et décisive, et la lutte continue. | | . « Cet incident a stimulé les deux EE
ire le poing gauche de Suites 4 ade un * perpétuel mouvement, comme une bielle de loco+ motive, tandis que son adversaire conserve tou-
poing sur la mâchoire, Corbett l'envoie tomber
se dérobent; un nouveau coup sur le front le jette
qu'il essaye de riposter, Corbett l’atteint encore presque en même temps de ses deux poings etle De
jours l'air jovial et dispos; il paraît énervé, de et. déjà battu. es « Nous approchons du dénouement. Deux reprises encore, et ce sera fait d’une gloire CONRAUTÉE | par tant d'années de victoires. > « Le gong les appelle pour la vingtième reprise. | Sullivan semble abattu; son poing gauche ne ne plus se tendre; il lutte avec prudence. Sous ses plaies et ses meurtrissures, il a toujours le grand re air résolu des anciens beaux jours. D'un coup de .
sur la corde ; il se relève et est à moitié assommé par une série de cinq horions; ses genoux plientet
sur la corde; il se relève avec peine. Le gong, qui marque la fin de la reprise, sonne à temps por le sauver. RE LR
« L’assaut suivant fut le vingt-unième et de nier. Corbett, rayonnant, s’élance le premier surla piste, il sait à présent qu'il a le championnat dans son bonnet. Sullivan, au contraire, s’avancelente- LE ment avec l'air harassé et anxieux. [ls en viennent aux mains, ce ne fut pas long. Sullivan recoit d'abord un coup formidable sur le nez; tandis
a ot a continuer à combattre; mais ses Fe a e trahirent et il tomba évanoui sur le sol. A haute voix chacun comptait les fatales secondes : « Sept, huit, neuf, battu! » Les dix secondes étaient do Liuos. tout un glorieux passé s’écroulait. Tan- . dis que les médecins, les amis et les appariteurs empressaient autour de Sullivan, l'arbitre Duffy fit faire silence et prononça l’imposante proclamation : } | ee « — M. Jas. J. Corbett est proclamé champion ne dumonde. :
« Un tonnerre de cris, de bravos, de hourrah ac- k cueillit cette déclaration. Corbett,trèsentouré,ser- rait les nombreuses mains tendues vers lui. Cependant Sullivan, revenu à lui, s’était péniblement remis Sur ses pieds. I fit signe qu'il voulaitpar- “ der, il s’avanca vers Corbett, lui donna un sha- je kehand et lui dit :
«—Jesuis heureux que ce soit encore l'Amérique qui conserve, grâce à vous, le championnat du: monde; pour moi, je ne regrette qu’une chose, je {es descendu sur |’ arène une fois de trop ».
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. pochée? Ce n’est pas beau. Le nez devient tuméfié,
triques, jusqu’à la rougeur enflämmée qui cerñe
minute par minute les messages du téléphone. Et comme les nouvelles ne cessaient d’être bonnes à
« Savez-vous ce que c'est qu’une face dé porc