‹ Feuilles de route aux Etats-UnisChapitre 4 sur 43 · CIRE · texte numérisé non relu

CIRE

Page noir largement échancré sur la chemisette

La ue du Far West est un soi type, un mélange gracieux de la retenue britannique et de l'effronterie indienne, avec des yeux malicieux,

1 petit nez retroussé, des cheveux blonds et

de, ke

Un matin, je passai en me levant 1 le dinning r00m du train pour prendre mon déjeuner. Nous venions de passer Montpellier, et nous allions arriver à Bismarck.

su le remarquai en entrant une pancarte pendue en tr vers du restaurant. MM. les voyageurs étaient priés de ne demander aux servants ni vin ni liqueurs, car il leur serait impossible de leur en donner, tant que le train se trouverait sur le territoire du North Dakota.

se Nous étions sur une province de tempérance,

FEUILLES D Rotte en

où be débit de tout alcool est robthée ‘les pi gers eux-mêmes, dans leur train rapide, ét |

soumis à ce sblément local. Nous fûmes ainsi Dakotiens par force jusqu’à quatre heures l'après-midi.

Nulle part on ne prêche ou l’on n’impose davantage la sobriété qu'aux Etats-Unis, et pour cause. La boisson y a de nombreux adeptes et y fait de.

nombreuses victimes. De là l'institution de multi-

ples sociétés où l’on fait vœu de détester et de. faire détester l'alcool. Les membres de ces con fréries portent en breloques leurs insignes : pour À certains, c’est un haricot, l'emblème des végétariens. #4 Les règlements de police à l'égard de la COnsommation sont aussi curieux que les subterfu- L ges des patrons pour les éluder. Fe Le dimanche, défense est faite aux {enanciesl D des bars de donner à boire avant six heures du. soir. Mais il leur est loisible de donner à manger. … Aussi, au client qui vient se rafraîchir, le garçon apporte-t-1l avec la limonade ou le cocktail, une | soucoupe qui contient quatre ou cinq petites bri- . quettes de fromage sec : procédé digne d'Escobar, … qui désarme le détective, puisque le buvetier donne 3 à manger en même temps qu à boire. Li

Un jour, à Chicago, je déjeunai dans un restau Ë à

rant de tempérance. Le café y était ne demandai du wisky. a

cher au ii voisin.

5 1 est peut- être dans le train que la consigne est le mieux observée, car tant que nous fûmes en akota, on nous mit au régime lacté,

- Voire, nous n'y bûmes point frais.

Le Pinto du buffet de la gare, quelques maison- | nettes de planches constituent toute la bourgade,

: qui porte presque toujours un nom attrayant ou

piquant, Utique, Syracuse, Agate, Saint-Cloud, Hugo, New Salem, Clermont, Pompéi. Ce pays jeune a dù faire des emprunts partout pour bap- tiser ses villes, et bâtir

he

a 4 Des villages nouveaux avec des noms antiques.

he Souvent, un n bouquet d’ os abrite le petit cot- tage qui sert de gare; les rails frôlent les érables, que l’on n’a pas coupés ni dérangés, et les Wag'On$ | à reposent, comme des bergers, sous le frais feuillage, auprès du poste d’eau, — une amplecuve en forme de bouilloire, avec un goulot recourbé dont le bout s'adapte à la cheminée des locomotives.

Quelquefois la gare est un hôtel situé au bord ” un lac; quand on descend de wagon, on pose le. \l ia sur l’embarcadère des canots de plaisance,

eh au long cours, et chacun souhaite à à l'autre bon vent.

C'est un caractère bien particulier du railway en Amérique, cette promiscuité du voyageur avec les gens du pays, dont aucune barrière ne le sé-. pare, comme chez nous. En Europe, le voyageur, en chemin de fer, est isolé, mis et gardé à part,. derrière des barreaux, des grilles, des murs et des remblais; il n'appartient plus à la population des rues; il est dans le train, et il y reste, et on l'y. maintient comme on ferait d’un pestiféré. ke. Dans le Nouveau-Monde, le passenger est un promeneur comme un autre; son train frôle en è passant le flâneur de la rue; le cowboy à cheval, tout harnaché de cuir, s’il reconnaît un ami à la portière d’un car, vient ranger sa monture tout le long du wagon et cause par la fenêtre. Parfois, =. ce sont des Peaux-Rouges, — non plus les belliqueux et redoutables Indiens qu’enrôlait Beauchêne, mais de patients artisans qui viennent à cheval à la gure pour vendre aux touristes di objets de drap écarlate qu’ils ont brodés et ornés de perles blanches. Ils sont lamentables, ces de niers survivants d’une race que le progrès a tuée, | 104 décimée, supprimée. Ceux qui restent sont de so- ESS lides gas au teint cuivré, vêtus de cuir et de re SE pourpre comme un consul romain, avec une

arête de plumes qui se dressent dans leur dos, et un diadème multicolore sur leur longue chevelure noire. Les yeux sont ternes, sans expression;

les pommettes sont rouges et saillantes. Ils ont

appris un métier; la plupart sont cordonniers. Ils garnissent des menus objets en cuir pour les négocier comme souvenirs de voyages.

Ce ne sont pas seulement les indigènes qui peuplent la voie et entourent le train. Je vois encore, un soir d'orage, un petit cochon bleu qui trottinait en frisotant sa queue au milieu des rails. Il se rangea modestement pour livrer passage à la locomotive qui vomissait des milliers d’étincelles : il n'en fut pas effrayé. Mais un éclair ayant déchiré la nue, il se sauva en gambadant vers son étable. Ce petit cochon m'étonna : il méprisait le fracas de la vapeur et le vain bruit des travaux des hommes, mais il tremblait devant les forces redoutables de la nature, et sa plaisante fuite me parut un hommage à la toute-puissance du Créateur, à moins qu'elle n’ait eu d’autres causes, qui m'échappèrent.

Quel splendide spectacle, quand le train traverse à toute vapeur un orage dans la plaine! J’eus ce grandiose divertissement pour varier la monotonie de la route grise et plate, entre Denver et Kansas City. Le paysage était morne, la prairie brûlée et desséchée me semblait d'autant plus

rie de P. Loti, qui ne me pin pas. :

J'étais charmé du sujet pour sa délicate gracilité, mais il me déplut de trouver dans le livre d’un académicien des phrases barbares, « des dames pas comme il faut », ou « sa toilette est aussi comme

il faut que les leurs », ou « pour en retard, oui, ils le sont », ou « il y en a de trop». Eh! oui, ily en a de trop, de ces petites défaillances : du moins il me le parut, sans doute parce que j'étais maussade et oisif dans un wagon presque vide et dans Fe un pays gris.

Le soleil se coucha dans sa gloire à l'horisaie empourpré, éclairant de ses feux rouges de gros nuages noirs massés à l'opposé. Quand il fut nuit,

une pluie torrentielle nous inonda; elle battait en

siflant les fils télégraphiques et leurs poteaux aux bras écartés, sinistres le soir comme des croix ou. des gibets.

Je revois encore cette imposante soirée, Il était.

- sept heures quand l’orage éclata. Le train franchissait avec une vitesse vertigineuse la vallée de la Republican River, un affluent du Missouri. Le pays est désert, et durant des heures on n’aperçoit nulle trace de la main des hommes. Au pied d’une montagne, il y a une petite construction rose aban donnée et inachevée, austère d'aspect, ayant L

sanct x LP PNE

ans “Ed vaste ciel libre, les premiers is

* arms de nuages noirs : parfois, Léulat Iuit

derrière le nuage, on n’en voit pas les zigzags, on le devine seulement à la lueur subite qui enflamme

: côtés, ou plutôt il y a deux, trois orages à la fois.

es lueurs pourpres le soleil couchant. Quelquefois l'éclair brille derrière cet amoncellement de noires vapeurs, dont il illumine la base. Alors la lueur de l'éclair rejoint et allonge le liseré de lumière que es encore le soleil disparu. La bande claire : s'é-

Eu |

"at

- ; +ôt dnpirait: ton à Faits sur la steppe ie D le soir. ant s <

les petites lampes pe . où les voyageurs se sont enroulés dans leurs couvertures enattendant l’heure où les nècres feront les lits. Dans un. : î coin, une partie de poker est engagée. Des fumeurs * . sont allongés sur les fauteuils mécani- # ques. J’échange des réflexions avec une gracieuse LÉ ; miss qui veut s’essayer à parler le français. Elle 4

avait été très fière de me montrer qu’elle en savait quelques mots à un buffet de gare où nous avions déjeuné la veille. J'étais son voisin de table, comme je la voyais plongée dans de profondes ré-

flexions, je respectais sa méditation sans me douter ; | de son objet. Elle préparait une phrase l'an 3 et elle cherchait des mots. À la fin elle se risquass touts rougissante : ce — Volé-vô me passer le sioucre ? cl Je lui passai le sucre, et la connaissance fut D $

Cependant, au dehors, la rafale balayait tou) ours notre toit, et la machine mugissait en luttant con- : tre la ie Par les vitres, on n’apercevait rien, | que la nuit profonde sillonnée d’éclairs, et nous … pouvions nous croire sur un navire perdu en pleine J tempête sur l’océan. | Fa

L'Amérique est le pays du feu. The fire! on en arle sans cesse, et Zoroastre y eût pu fonder son église. Les villes prennent toutes les occasions de |

fêter par des cortèges et des galas firemen et fireon. le premier ai qui frappe la vue du tou-

Fa reil du fre escape, câble de sauvetage ; les maisons … __nese louent que si l’écriteau porte freproof, in= combustible. Partout {Le fire, même et surtout au désert, le long de la voie. Les trains du Nouveau Monde sont de redoutables INCCRARESS

| The après-midi, à cinq ou six heures d'Ogden, près du Great American Desert, il faisait une

riste entrant dans sa chambre d’hôtel est l'appa-

Chaleur torride. Dans la campagne l’herbe était . res roussie, désséchée; le bois des maigres ar-

bres semblait se fêler a éclater; des légions de

RE

Done et de sauterelles s’ébattaient aux rayons de du soleil ardent, avec un bruit continu d’élytres … joyeusement agités. Le train passa près d’unepetite . meule de foin soigneusement amassé à grand peine par un DAS d’une cahute voisine. Une

Foi

| ne d'étincelles s’abattit sur le tas ” dote sè- ches, qui se mit à flamber comme de l’amadou. 1 de train était déjà loin; et dans la prairie on voyait . courir un point noir sorti de la forêt prochaine. . 4 Avec une lorgnette, nous vîimes que c'était un pauvre cowboy : le malheureux accourait près de | sa meule dont il n’allait bientôt plus rester que les cendres sans qu'il lui fût possible de trouver de l’eau ou un secours quelconque dans ce steppe. Fe Nous avions mis le feu à son unique trésor peutêtre, et ruiné ce misérable, Longtemps je fus suivi de la: vision de cette victime; je me représentais avec un serrement de cœur le lamentable cowboy * regardant flamber sa récolte comme le laboureur de Musset, et tendant le poing dans la direction de notre train. Et cependant que faire? Personne ! n’osa affronter le ridicule de réclamer l'arrêt du convoi; le conducteur n’eût pas permis cette infraction aux exigences de l'horaire; pourtant, une collecte dans les cars eût payé au triple le dom- … mage involontaire et irréparable que nous avons fait à cet obscur pasteur. Quelle colère a dû Fe) | saisir devant cette révoltante injustice! Il se trouva FE néanmoins des hommes d’affaires pour lui donner tort : à a — Que ne mettait-il sa meule plus loin de la . voie ? 7 La civilisation a des barbaries plus criantes ques la barbarie elle-même. On conçoit que les sauve | 4

RL FA / * - AP Le LE TR LE PO SEE Ve De

Quoilv vous à dites : € à over, nous rémplacons ces brutes ; Nos monceaux de palais chassent leurs tas de huttes; Dans Ja seal Hors He nous Font

No Nos à ihédtres. nos uns. nos bôtels, nos PAIE D — | à Ét vous vous contentez d’être autrement féroces. | k Vous criez : « Contemplez le progrès! admirez ! »— Lorsque vous remplissez ces champs, ces monts sacrés, - Cette vieille nature âpre, hautaine, intècre, pi "4 D'âmes cherchant de l'or, de chiens chassant au nègre, Quand à l'homme lion succède l'homme ver, Ç : Et quand le tomahawk fait place au revolver!

: On parcourt ainsi en wagon, ou pour mieux | dire, en salon dans un 4ome confortable, le pays le ne “us séduisant où le paysage ne le cel pas, surtout dansle far West, au charme piquant de cette à. civilisation fiévreuse et de ces ingénieuses audaces. ie Par les vitres du car défile un panorama mouvant

he 4 D au une mobilité et d une | variété

| É fer “amine se baignent nus comme de petits sau- : sages, entre ie 148 des Ane villas de plai-

2 use à City: tantôt la vision d’une région in- ne | Fe istrielle et fumante qui fait songer au Creusot ae

des on Rocheuses ou des sites Cal for niens. 4 La locomotive entraîne à toute vapeur les cind wagons le long des pentes du Beaver Hill, entre les plaines jaunies que marbrent en taches noires” les plaques de gazon brûlé par les étincelles. Des . oiseaux chantent sur les poteaux télégraphiques = . dont l’interminable série s’allonge jusqu’à à l'hori- … 4 zon. Nous franchissons sur des ponts de solives em-. 4 pilées des torrents à sec. Au centre d'une clairière, sous un bouquet d’arbres, trois bœufs couchés ru- e minent, et font songer à leur maître, qu’on ne voit | et qu’on ne soupçonne pas, car le pays a l'air inha- 4 bité. Le bétail vit à l'état demi-sauvage. : ne Quelquefois on croise un train de marchandises qui s’est mis de côté sur le garage, et dont les wagons jaune-serin ressemblent à des roulottes de . saltimbanques. Là-bas, un [Indien galope dans la 1 sn prairie. «. ; 4 Au loin, des éboulements de rochers figurent « : des troupeaux d'innombrables moutons, arrêtés À : sur le versant: de la montagne dont les cimes de À

des torrents, les troupeaux ont laissé la trade de leurs pas. Et le soir, on jouit du plus merveilleux { oi spectacle, quand le soleil se couche derrière les = Â ee sur la pete déserte, pour les quel. Ps

dore d’ observation: Les rayons on une zone d’orfauve qui se dégrade etse fond dansle rose du ciel, marqueté par de petits flocons qui semblent être faits d’une ouate violette. L'eau du … Missouri les reflète entre les îlots verdoyants et les L' ee moussues qui ralentissent son cours.

C’est un enchantement encore de descendre à

M nte vitesse dans les effrayantes gorges du Colo- | rado, d'y franchir les torrents et les abîmes sur des passerelles légères ou des ponts de bois à

claire-voie, de longer destorrents tumultueux que

hérissent, comme des dents, de grosses roches aiguës À a courir tout au nd d’étroits couloirs, ou cénons, que surplombent des murailles fantastiques. Elles sont si élevées qu'elles font l'ombre àleur base, et que, dans le ruban de ciel bleu | qu'elles laissent visible, on aperçoit les étoiles en us jour. -

Quels paysages étranges, sauvages, tourmentés,

Ë où les rocs démantelés disent les effrayantes con-

vulsions du sol, où la pierre se plie à toutes les formes, et figure des castels en ruines, des masses en équilibre qui semblent débouler sur la voie et menacer notre passage, des roches abandonnées par quelque Sisyphe à l'angle d'un plateau, des donjons, des tours, des flèches, des clochers, des aiguilles. Durant des kilomètres, le granit de ces parois monstrueuses s’aplatit, s’aplanit, s'égalise en interminables surfaces que décorent à l'infini b)

tement di ee par ! un ou. ct savant Du n.

Ailleurs, les rochers affectent des formes carré

tement serrées. Toute la région a l'air d'avoir été k paquetée, ligotée, ficelée : on dirait que c’est He?

que fut garrotté, contre le roc, le géant Promé-

thée, et l’on voit encore la trace des liens sur E ph à

Fe pierre. À Tout le pays mérite son | nom, tant il est état Ÿ sement coloré avec ses rochers roses et dorés aux angles brunis et comme patinés. | Des minerais fulgurent au soleil. Les roches |

: ont tous les tons, bleu, blanc, rose, vert, avec __— des teintes rousses et fauves qui, de loin, donnent » Lo l'impression d’une végétation de septembre, d'un automne perpétuel et vigoureux, aux tons cares- | sants et chauds. Î Ailleurs, des forêts de pins noirs dessinent des stries régulières sur le fond blanc et crayeux des L montagnes, tandis qu'une végétation multicolore : | de mousses et de petites bruyères donne aux plai- 4 < nes l'aspect de quelque interminable carpette aux 1 à

Re

tissus variés, jetée par les génies de l’air sous les pas des pauvres Indiens. 4 J'ai noté un curieux phénomène d'optique dans k les montagnes Rocheuses. Assis à l'arrière, j devant moi des panoramas variés et grandio

chaînes &c cimes ou en plans suc- + L És s fermaient l'horizon. Tandis que le done:

| ne. arrachant les cailloux, soulevant la terre, entraînant dans son sillage les feuilles tombées et les insectes, roulant derrière lui en tourbillon des nuages poudreux et affolés, les maigres arbustes se tordaient sur les côtés de la voie étroite, courbés et dépouillés comme sous le passage d’une trombe, dans un vacarme infernal de ferrailles violemment secouées, Alors l'horizon présente ce singulier spectacle : les premiers plans, les lieux qu'on a immédiatement devant soi, s’éloignent et rapetissent avec une rapidité féerique. Tel monticule que l’on dépasse à l'instant, n’est bientôt plus qu’une butte lointaine, un vague pli de Pain. Tous les détails nee et voisins sont ainsi entraînés dans un mouvement de recul pré- “cipité, que marque un amoindrissement progres-

sif et presque immédiat des proportions et des formes. on. :

| s Cependant, à l'extrême horizon s'élève jusqu'aux nues la formidable barrière des cimes neigeuses, qui, dans l’éloignement, ne semblent

plus décroître, tant qu’elles restent en vue. Leur masse est si imposante et si colossalement élevée 0 le déplacement du train est infime auprès d'elles, et ne modifie plus son gigantesque as-

nn a paysage qu'on à sous si. yeux. + ec 18 rapproché est animé d'un mouvement de fuite, apparaît, s'éloigne, rapetisse. Le plan des fonds ne semble plus se modifier, et conserve pendant longtemps les mêmes proportions. Du conflit de cette immobilité, derrière des sites sans cesse fuyants, résulte cette conséquence imprévue et qu'on ne saurait constater ou vérifier aisément chez nous, avec nos wagons fermés et nos horizons restreints : c'est que le premier plan rapetisse, tandis que le fond semble, par contraste, à grandir ; et ainsi, le pays qu’on Horse S "éloigne à quand l'horizon paraît se déplacer, comme si lé … norme muraille de fond était animée d’un mou- vement en avant qui la précipiterait à la POS N. et dans le sens du train.

Monde, offrent tous les charmes de la variété et de la beauté pittoresque. Les agents des Compaz gnies de transport sont trop habiles pour ne pas | exploiter cet attrait dans leurs réclames, dont les frais doivent être considérables. Les Indicateurs | sont de grandes et superbes cartes qui honore- … raient nos plus riches atlas : je ne crois même pas qu’il existe en France des relevés si complets, 51. clairs, si minutieux pour toute la région des Etats.

Unis. 50

es traversés, empruntée un peu partout, aux Crivains célbres. aux poètes, aux sermonnaires qui louent le Créateur dans la Nature; c’est une anthologie géographique et artistique, car des gravures parsèment et constellent le texte, figu- rant aux yeux des clients les scènes, sceneries et points of interest de son futur voyage, sighis and scenes for the tourist, depuis l'intérieur de son Wagon, le repas dans Le dinning car, le repos dans le sleeping car, la sieste au parlor et l'observation à l’arrière, jusqu'aux geysers de la Yellowstone ou : aux arbres géants de la Californie.

- Ce sont de véritables brochures que le voya- geur reçoit avec son billet, — des ouvrag'es com- plets et finement illustrés sur l’historique des pays, l'intérêt spécial de chaque région, le poisson des lacs, et le gibier des bois, — le tout sous une couverture élégante, avenante, claire de ton, où se dessine et se . un gsvelte touriste en veston de voyage, qui consulte son calepin, le stick sous le bras et le monocle à l’œil, à ses pieds sa valise et son kodak, — indispensable et sym- bolique accessoire. L'esprit d’un touriste qui rentre de voyage est comme une plaque photographique chargée, qu’il faut développer, pour que

‘ p tous ds notes : de souvenirs : q | les conte ou les écrit, il se nr

et à en intérêt les anciens modes de ee ges. Mais elle fait payer ses plaisirs par une ærande fatigue : ce n’est pas trop cher.

Au bout de deux ou trois nuits, le sommeil s

ressent de l’incessante trépidation , et on aspir. à plus de stabilité. Une sensation amusante est alors de.se réveiller à une heure matinale; on écarte les rideaux de la fenêtre; tout dort encor: | partout. Le train traverse des bourgades dont les volets verts sont clos et protègent contre la vive à lumière du soleil levant le sommeil du-Yankee. Alors on se prend à envier ces doux bourgeois couchés sous le toit de leur maisonnette ; ils sont chez eux: des milliers de kilomètres ne les sé-. parent pas de leur intérieur, de leur famille, de. leurs amis; sur sa dure couchette de s/eeping car, le touriste courbaturé gémit de son exil vo lontaire et jalouse ces indigènes inconnus qui dorment tout leur soûl dans un lit qui ne les secoue pas !

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