‹ Feuilles volantes et pages d'histoireChapitre 15 sur 47 · IJ · texte numérisé non relu

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pédagogie en vous voyant employer les moyens les plus propres à faire pénétrer la vérité dans tous les esprits; ils apprendront comment il faut disposer les lumières pour éclairer comme il convient les cellules restées obscures des cerveaux à perception trop lente.

Bien entendu qu’un élève trop inférieur au niveau moyen de sa classe doit être envoyé dans une classe plus élémentaire.

L’abbé Chandonnet quitta l’École normale au mois de décembre 1870 pour aller faire la classe au collège Saint-François-Xavier, à New-York ; puis, après un court séjour au séminaire de Sainte-Thérèse, il alla demeurer à Montréal avec sa sœur Madame Lavigne, et un fils de celle-ci, qui était typographe et avait une petite imprimerie à la maison. C’est là que nous le retrouvons, corrigeant des épreuves et écrivant des articles pour la Revue de Montréal. , probablement à la demande de M. l’abbé Verreau, principal de l’Ecole normale Jacques- Cartier. La composition de la Revue se faisait sous ses yeux, à sa résidence même. C’est dans cette maison, et en causant avec sa sœur, qu’il fut foudroyé par l’apoplexie, au mois de juin 1881.

Un de ses neveux, M. Alphonse Lavigne,

des Trois-Pistoles, appelé en toute hâte à Montréal, trouva sur le corps de son malheureux oncle une ceinture en broche de fer, de 162 anneaux, armés chacun de deux pointes, formant en tout 324 pointes appliquées à peau nue. On comprend l’émotion de M. La vigne en découvrant ce cilice. J’ai vu moi-même cet éloquent témoin d’un état d’âme insoupçonné, et je m’inclinai avec respect devant ce précieux et consolant souvenir.

L’Ecole normale Laval ne formait pas autrefois des pianistes aussi forts que ceux qu’elle façonne aujourd’hui ; mais elle avait certaines prétentions du côté de la musique vocale, surtout de la musique d’ensemble. En 1869, elle songea à aller cueillir des lauriers sur un théâtre voisin, à la Salle de Musique de la rue Saint-Louis. Elle y donna la partition du Désert , de Félicien David, alors inédite à Québec, aidée d’un orchestre emprunté à la ville et à la citadelle, et avec le concours de M. Elzéar Déry, aujourd’hui recorder de la cité de Québec, qui avait — et a encore — une voix de ténor fort distinguée.

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M. Paul Dumas s’était chargé des strophes déclamées sur des tenues d’orchestre. Il y mettait toute son âme, et faisait entendre des trémolos à donner le frisson.

Des intermèdes furent remplis par Monsieur A.-B. Routhier, avocat, (aujourd’hui le juge Routhier,) venu tout exprès de Kamouraska pour dire une belle pièce de vers fraîchement composée, et par le docteur Hubert DaRue, professeur de toxicologie à l’Université Laval, qui lut une conférence d’une verve admirable intitulée : Litxe et Vanité.

Le docteur Hubert LaRue. — Une conférence originale. — L'abbé Lagacé. — M. Norbert Thibault. — 1875. — L’honorable M. de Boucherville et l'organisation du département de l’Instruction publique. -Monseigneur L.-N. Bégin, successeur de M. Lagacé. — Le Principal et les professeurs actuels de l’École normale Laval.

LE regretté docteur Hubert DaRue fut pendant plusieurs années le médecin ordinaire de l’École normale Daval, et plus d’un ancien élève se rappelle encore ce qu’il y avait de peu compliqué dans son traitement. Inva-

riablement, il prescrivait l’huile de ricin, Y huile de castor, rie malade se trouvait mieux presque aussitôt, souvent même avant d’avoir pris la potion redoutable. Que de petites maladies furent passées à la salle d’étude par crainte du terrible médicament !

ria conférence Luxe et Vanité mit en vive

lumière le talent littéraire si remarquable du

docteur LaRue. ri’épisode de l’élection d’un

marguillier eut un succès dont on parla long- . . • ♦ temps. Eu voici un court extrait. Nous sommes

à la campagne :

« Il y a d’abord le haut de la paroisse, qui se pose contre le bas : le bas, contre le haut, rie haut se scinde en deux camps: le haut du haut et le bas du haut. Le bas de la paroisse en fait autant : et il y a le bas du bas et le haut du bas.

« rie haut prétend que, le bas ayant déjà dans le banc d’œuvre deux marguilliers de son arrondissement, c’est à lui qu’appartient le droit de faire la nouvelle élection, rie bas, au contraire, soutient que le tour du candidat du haut n’est pas encore venu, et qu’il existe dans son quartier des gens fort respectables, déjà même sur l’âge, à qui il ne faut pas faire de passe-droit. D’un autre côté, le haut du haut

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