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LOUIS D’AILLEBOUST

DE COULONGE ET D’ARGENTENAY

A l’hôtellerie des Deux Anges. — Contrat de mariage. — Rouis d’Ailleboust et Marie-Barbe de Boullongne. — Vocations d’apostolat. — Ra Compagnie de Montréal. — Guérison miraculeuse. — Ra contagion du bien. — Vers les terres de la Nouvelle-France.

E 6 septembre de l’année 1638, — un lundi

■I— ' après-midi, — un tabellion soigneusement rasé et cravaté de blanc, selon l’usage de l’époque, pénétrait dans une hôtellerie portant l’enseigne Aux deux Anges , située Place Maubert, paroisse de Saint-Etienne-du-Mont, à Paris, pour y faire signer un contrat de mariage déjà préparé en son étude. U se

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nommait Mtre Philippe Perrier. Les futurs conjoints étaient Louis d’Ailleboust et Marie- Barbe de Boullongne, deux jeunes gens qui devaient bientôt se faire les auxiliaires de M. de Maisonneuve dans la fondation de la ville de Montréal, et plus tard occuper le rang suprême dans la colonie de la Nouvelle-France.

Louis d’Ailleboust, alors âgé de vingt-six ans, demeurait à Paris, mais il était né en Champagne, à Ancy-le-Franc (département actuel de l’Yonne). Il était fils d’Antoine d’Ailleboust 1 et de Suzanne Hotmail.

Marie-Barbe de Boullongne, âgée de vingt ans, n’était que de passage à Paris avec sa mère, « honorable femme » Eustache Quéau, veuve de Florentin de Boullongne. Les deux dames

i. Antoine d Ailleboust, conseiller ordinaire du prince de Condé, était fils de Jean d’Ailleboust, médecin de Henri IV, qui l'ennoblit, et neveu de Charles d' Ailleboust, évêque d’Auxerre.

La Mère Catherine d’Ailleboust, dite de Sainte-Gertrude, religieuse a 1 abbaye de Saint-Pierre de Reims, était sœur de Louis d' Ailleboust. Elle envoya à Montréal des reliques précieuses de saint Denis, apôtre de la France, de sainte Clotilde, de saint Rémy de Reims, de saint Benoît, et beaucoup d'autres encore. (Archives de l'Archevêché de Québec.)

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arrivaient de Ravière en Champagne, localité située à trois petites lieues d’Ancy-le-Franc.

Les fiancés étaient vraisemblablement des amis d’enfance.

Furent témoins au contrat, «de la part du dit sieur d’Ailleboust, de vénérable et discrète personne Mre Sauldin, principal du collège de Cambray dit Les-Trois-Evêques, et Mre Sauldin son frère, procureur du dit collège, amis ; et, de la part de la dite fille, avec sa dite mère, de Mre Nicolas Boivin, commis (contrôleur général) au bureau du clergé de France, cousin germain maternel, demoiselle Françoise d’Espoisse, fille majeure, cousine maternelle, Mre Frédéric Masson, commis au contrôle général des rentes de la ville de Paris, ami, et Mre Pierre Biévry, bourgeois de cette ville de Paris, aussi ami » K

Le contrat ne dit pas quelle était la profession de Louis d’Ailleboust, mais lorsque, cinq ans plus tard, il arriva « au Montréal », en la Nouvelle-France, il avait la réputation d’être un ingénieur habile, versé dans le métier des armes.

Trois ans après l’événement qui vient d’être

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