Exactement cinquante-quatre pieds
2. L’énorme quantité de terre qui fut déplacée lorsque disparut la citadelle du coteau Saint-Louis servit à niveler le Champ de Mars (1812) , puis à combler un étang et à assainir un marais du voisinage (1819). Tout le sol de surface du Carré Viger est formé de cette terre ainsi transportée.
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vent à Villemarie : l’ Ancien Moulin ou Moulin du Fort , et le Moulin du Coteau.
La redoute du coteau fut plusieurs fois reconstruite, puis garnie de canons. Les Sulpiciens, devenus les seuls seigneurs de l’île en 1663, en transportèrent la propriété au roi de France, et elle prit alors le nom de Citadelle de Montréal.
Louis d’Ailleboust devint gouverneur intérimaire de Montréal au mois d’octobre de l’année 1645, en remplacement de M. de Maisonneuve appelé en France à la mort de son père. Le fondateur de Villemarie revint au Canada l’année suivante; mais à peine arrivé à Québec, il apprit, par une lettre de M. de la Dauversière, que sa mère était sur le point de convoler en secondes noces, et que son beaufrère venait d’être assassiné. Il retourna aussitôt en France, sans même se rendre à Villemarie, et M. d’Ailleboust continua de remplir les fonctions de gouverneur de Montréal.
A son retour définitif à Montréal, M. de Maisonneuve informa M. d’Ailleboust qu’011 désirait le voir à la Cour, et qu’il allait être appelé à remplacer M. de Montmagny comme gouverneur-général du Canada.
M. d’Ailleboust partit de Québec le 21 oc-
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tobre 1647 pour se rendre en France. Concurremment avec M. des Châtelets, il était chargé par les «habitants» du Canada de demander au roi et à la reine régente certaines modifications à l’arrêt du 27 mars 1647, qui fut la première charte politique du Canada b
Madame d’Ailleboust n’accompagna pas son mari dans ce voyage, non plus que dans un voyage subséquent qu’il fit au pays natal. Sa santé se maintenait excellente, et elle s'était sincèrement attachée à sa nouvelle patrie. Elle était l’objet de l’affection et de l’admiration des femmes indigènes ainsi qu’en témoignent les annales de l’époque. Parlant couramment leur langue, elle consolait les pauvres veuves dont les maris avaient été victimes des cruautés iroquoises, et s’entretenait souvent avec les néophytes. On peut dire que durant toute sa vie canadienne — qui 11e dura pas moins de quarante-deux ans — il lui fut constamment donné, comme à un illustre personnage de l’époque, de « répandre les bienfaits et recueillir l’amour ». Les Algonquins la
1. Ce document important a été publié dans la Revue Canadienne , — volume 30, page 352.
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nommaient Chaouèrindamaquetch c’est-à-dire « Celle qui a pitié de nous dans notre misère ». Elle connaissait l’idiome local et s’employa même à l’enseigner aux autres, ce qui n’était pas toujours facile 1 2. Un couple d’indiens convertis, désireux de s’unir par un mariage chrétien, rendit un jour hommage à son savoir d’une façon assez originale : — « Nous voulons nous marier et nous nous sommes promis, lui dit l’épouseur ; tu sais parler le sauvage comme nous et tu nous comprends bien ; viens donc nous marier dans l’église puisque le Père est absent. »