‹ Feuilles volantesChapitre 84 sur 137 · CHÈRE RELIQUE · texte numérisé non relu

CHÈRE RELIQUE

Je possède un bouquet de pauvres fleurs fanées, Que je garde, jaloux, comme on garde un trésor ; Car dans ce cher débris je crois trouver encor

Le parfum de la main qui me les a données,

Et quand mon souvenir remonte en son essor

De mes jours de bonheur les rives fortunées,

Sur ces roses, que seul le temps a profanées, #

Un doux rayon d'amour sème des reflets d'or,

Pauvres fleurs !.., bien souvent, inutiles rosées, Les larmes de mes yeux vous auront arrosées,

Sans rien vous rendre, hélas ! de votre éclat vermeil.

N'importe, je vous aime, 6 reliques bénies !

Restez là sur mon cœur ; et mes lèvres ternies

Vous presseront encor dans mon dernier sommeil !

MS fe

Nous n'existons vraiment que par ces petits êtres.

Page 1