‹ Feuilles volantesChapitre 98 sur 137 · AU FRÈRE STEPHEN · texte numérisé non relu

AU FRÈRE STEPHEN

J'ai planté ce matin un bouquet éphémère Au-dessus du cher mort sous le tertre endormi ; Et je veux, un moment, dans votre sein d'ami FF

Epancher le trop plein de ma détresse amère,

Dien, qui ne fait jamais les choses à demi, Près du pauvre exilé vous mit comme une mère ; Et quand le sort fatal vint briser ma chimère

Des peines de mon cœur votre cœur a gémi.

Aussi, dans le secret de mon âme frois

Je vous confonds tous deux, et ma triste pensée

Va de celui que j'aime à celui que j'aimais.

Hanté par l'un, je sens que l'aütre me regarde : Je vous coïaplète l'un par l'autre, et je vous garde Tous deux dans ta tendresse alliés pour jamais,

J'ai cherché du secours près de tous ceux que j'aime.

Louise D’IsoLs.

A Mlle AzmiTA LE DUC

O ma ch.xe Almita, dis-moi, t'en souvient-il ?

Ce n'était qu'un bébé, tu n'étais qu'un doux ange ;

Et Dieu sait quel courant de sympathie étrange

Vous pénétra tous deux de son charme subtil.

Puis l’âge vint ; la vie est un décor qui change, Pourtant, presque mourant, quand il revint d'exil, Ton nom fit souvent poindre une larme à son çil :

Du temps et de l'oubli toujours le cœut se venge,

Tout est passé, ma chère ; et ton petit ami Repose maintenant dans sa tombe endormi ;

Si fragile est la base où tout espoir se fonde !

Il dort, et j'attends l'heure où, pensive, à genoux, Celle qui l’eût aimé viendra, seule avec nous,

Laisser tomber un pleur sur la fosse profonde,

Je ris et je pleure à la fois.

MME DESuORDE-VALMORE.

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