‹ FezChapitre 16 sur 22 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

«leHdl, 12 Avril.

L'enivrement du printemps et de la Fête des Sacrifices ranime nos languissants citadins et fait courir dans leurs veines des sèves juvéniles soigneusement entretenues par.des boissons excitantes et des mets épicés. Flambant dans un ciel sans nuage, et toujours plus brûlants, les Feux de notre soleil marocain surchauffent les, têtes enturbannées, exaltent les ardeurs et les passions d'un peuple avide de bruyante agitation et de plaisirs illicites, dans lesquels la concupiscence, comme disent les casuistes, joue le principal rôle. Aux dernières pluies ont succédé brusquement les merveilleux beaux temps qui illuminent notre Afrique Mineure de ces limpidités ineflables peu

connues du pinceau des peintres et des plumes ÎDspirêes.'

Sur la terrasse d'une dés maisons voisines, qui domine de très peu le jardin du consulat, des femmes arabes se montrent au crépuscule, à l'heure propice où les maris se prosternent dans les temples d'Allali. Et moi, baigné par les rayons :de l'astre d'argent, promenant dans les allées solitaires mes méditations et mes. rêves d'un monde meilleur où tout serait fraternité et paix universelle, je ne pense môme pas à leur causer à ces filles d'Èvedont les allures et les gestes sont excessivement significatifs. Douces colombes gémissant dans leur cage aérienne, elles ont déjà des ramiers consolateurs qui, roucoulent des heures entières au pied du mur très bas qu'il serait si facile d'enjamber; et le cuisinier et le palefrenier du consul, se cachant de nous les premières fois, ne se gênent plus à présent : ils causent très haut, donnant des délails à leurs ^chères recloses sur les divers incidents qui ont marqué le troisième jour de la Fêle des Moutons, critiquant parfois des coutumes qui n'existent pas dans leurs villes natales, le premier étant originaire de Tanger, le second de Tétouan.

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■ I^petiteportedufondâu jardin s'etitr'ôtavpant sans bruit, M. Gaillard survient souvent' à i'iniprovisle ; mais il n'eflarouche personne, ci les colombes aériennes qui ressemblent maintenant, ppusles rayons vifs de. la pleine lune, à de grands rapaces nocturnes aux agoets; ni les deux 'domestiques qui ne se lèverowt qu'iiri'bon moment

le partie du jartllit di

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après pour nous servir à dîner, en plein air, près de la tonnelle, sur le terre-plein d'où les grands vergers et la campagne environnante, par cette nuit tranquille et lumineuse, éveillent en nous, ctiague fois que nos yeux s'emplissent de ce panorama, des souvenirs troublants de nuits pareilles passées dans des pays aimés.

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