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et meosoDge, mensonge sur toute la ligne. Regagnons .OraD, mettons-nous à l'œuvre, et, quand paraîtront successivement les résultats de nos enquêtes et:de nos observations, alors il n'y aura plus qu'une voix parmi les gens sensés pour crier avec nous: — Le Maroc est un magnifique pays; très enviable, très séduisant ; mais c'est aussi le pays de l'ignorance, de l'arbitraire et du fanatisme; trois plaies dont il souffre et que la France pourrait guérir si l'Angleterreétait moins insatiable et l'Espagne moins jalouse.
Du Samcidi au Lundi, 14-16 Avril.
A'vanl-hier, ceïui des trois milte' étudiants de Fez, qui avait acheté plus cher que ses condisciples son éphémère coui'Onne impériale aux' enchères pubhques, a^ été proclamé Sultan des Tolba; — et ce sont des comtfiérages, des histoires, des considérations à- perle de vue snr cet événement universitaire' dont l'importance prend.des'proporttons'excessiVés, aussi bien au dedans qu'au dehors des Écoles chériflènnes. On cite le chiffre exact des douros qu'a coûtés lei chimérique sultanat, transparente allusion à la vénalité des charges publiques qui régne du haut en bas de l'échelle àdministra'tive marocai'ne ; on dit le nom de l'heureux acquéreur, le nom- de sort douar, de sa tribu, sori âge, ses qualités, ses.
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défauts ; plus un seul de ses actes ne sera ignoré ; le voilà célèbre, illustre et respecté ; — et quelle gloire aussi pT>ur lafaraille et les payF((mlad elr blad) I
Le peuple en liesse, dans soD énorme joie satirique, acclame le Souverain- Potache qui joue à s'y méprendre le rôle de son collègue pour de bon, le gros et lymphatique Moulaye Abd-el-Aziz, dont l'emprisonnement à Merrakech, sous les verrous du chancelier de bronze Ba-H'amad, semble durer plus que ne le prévoyaient les subtils diplomates de l'Europe et les pêcheurs en eau trouble qui abondent dans ce délicieux Magrib. En avant don'c, mauvaise troupe, allons saluer 'de~ nos applaudissements, non l'impérial eunuque (1) qui se terre au fond de ses casemates de Merrakech, mais le vigoureux campagnard qui doit, de même que le fils d'El-Hasen, son élévation au trône à l'irrésistible cavalerie de S'rGeoi^es !
(1) Les Marocains exagèrent. Le jeune Abd-el-Aziz aurait eu ce que nos savants médecins appellent une orchite ourlienne (provoquée par des oreillons). I) se pourrait cependant que l'atropliie particulière qui en est résultée ait abouti au téminisnie.
Dans la zone des cimetièFes arabes, à partir de rintérieur des hauts remparts crénelés jusqu'aux .escarpements d'El-Guebeb, c'est une poussée formidable, un encombrement de bêtes et de gens qui tient du prodige; et ces bordes bruyantes, moitié par conviction religieuse, moitié par intérêt moqueur, demandent à cor et à cri la bénédiction du faux empereur qu'entoure le même apparat, le même cortège qui entourerait l'autre, si cet autre n'était le prisonnier d'un esclave omnipotent.
Avant de disparaître dans l'ombre du mausolée deSidi H'arazem, où la coutume veut qu'il se prosterne en marmottant une fervente prière, le royal étudiant, les mains ouvertes à la hauteur des épaules, crie une dernière fois, tourné vers la foule :
— Allah iàoun-koumt Allah içlah'-koum I Allah ijàl fikoum el-baraka ! {Que Dieu vous vienne en aide ! — que Dieu vous soit favorable ! — que Dieu vous accorde sa bénédiction !)
Aujourd'hui, lundi, après son oraison solennelle de l'ouH (midi) à El-K'éroulyin, Sa Majesté
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