FE
se rendra sur les bords de l'ouad El-Djouaber au milieu d'un immense concours de population ; il faudra donc se trouver vers deux heures et demie à Bab Ségma pour voir passer ce roi des joyeux drilles auquel les plus hauts personnages de la noblesse, de la cour et de l'université, comme les plus humbles commerçants de Fez, offriront des présents. ,
Les Juifs eux-mêmes, entre autres cadeaux, seront contraints de lui donner des chats, des chats soyeux ou galeux, gras ou efflanqués, qu'ils lâcheront dans la plaine sous les yeux de l'éphêraère monarque ; — et alors, poursuivies par les huées et les criailleries ^es gamins, affolées, bondissant parmi les groupes qui s'ouvriront devant leurs griffes, les malheureuses bêtes, — si elles parviennent à échapper aux dents des slouguis et autres chiens affamés qui rMenl constamment dans les grandes foules mahométanes, — les pauvres bêtes gagneront la montagne voisine où elles vivrontà l'état sauvage, sort infiniment plus enviable somme toute que leur misérable existence passée sur les terrasses ou dans les bouges du ghetto de Fez.