OBSERVATION II
(Thèse de BASTARD.)
Corps fibreux utérin. Thromboses veineuses multiples. Mort.
Mme X.., 23 ans. Aucun antécédent héréditaire. Les règles ont toujours été très abondantes. Le début de l’affection remonte à peu près à l’époque de son mariage, à l’âge de 20 ans. Pas d'enfants ni de fausse couche. Les règles ont d’abord augmenté de durée et d'abondance; puis il «est survenu des hémorragies abondantes en dehors des règles. Fatigue, faiblesse, douleurs dans le ventre.
La malade vient, pour la première fois, consulter M. Siredey au mois de juin 1876. Elle était, à cette époque, pâle et considérablement anémiée. L'abdomen présentait un développement analogue à celui d’une grossesse de quatre à cinq mois. La palpation fait sentir une tumeur dure, ovoïde, régulière, qui remonte jusque dans le
voisinage de l’ombilie et qui paraît se confondre avec l'utérus. On porte le diagnostic de corps fibreux. La malade est envoyée aux eaux de Salins (Jura). A son retour, elle est notablement améliorée: bien que la tumeur abdominale ait conservé son volume-et sa forme, les hémorragies ont diminué sensiblement. Elles ne se présentent plus Que sous la forme de ménorragies, qu'atténue un repos momentané. Traitement tonique. Au mois de juin 1877, M. Siredey revoit la
-malade avec M. Bernutz qui confirme le dragnostic. L'amélioration s'est maintenue durant toute l’année. Cependant, Fa tumeur n'a pas diminué. Nouvelle saison à Salins. Etat stationnaire jusqu'en 1880. La malade va chaque année à Salins et revient avec une amélioration très appréciable, En 1880, elle renonce à faire une nouvelle saison aux eaux.
M. Siredey revoit la malade le 15 octobre 1880 et est tout d’abord frappé du changement extraordinaire qui est survenu dans sa situation depuis dix-huit mois. -
Les traits sont profondément altérés, les muqueuses décolorées, Palimentation est à peu près nulle. Les pertes sont incessantes, sans aucune périodicité. Les hémorragies considérables du début font place aujourd'hui à un écoulement séro-sanguin continuel et assez abondant pour obliger la malade à se garnir constamment.
La malade est d’ailleurs restée privée de soins pendant plusieurs mois. Elle habitait la province et c’est seulement en présence de son extrême affaiblissement qu'elle se décida à rester chez ses parents
à Paris pour être traitée régulièrement. Repos absolu, toniques à l'exclusion du fer, glace. Injections hypodermiques d'ergotine.
A cette époque, la tumeur dépasse un peu l’ombilic; elle est dure, hosselée; la palpation de l’abdomen est douloureuse et ne peut être pratiquée avec une précision suffisante pour limiter la tumeur.
‘À partir de cette époque, les accidents évoluent avec une très grande rapidité. Faiblesse extrême, palpitations, dyspnée, constipation.
Dans les derniers jours d'octobre 1880, apparition d’une phlegmatia albä dolens du membre inférieur gauche avec tous les symptômes classiques; début brusque, douleur vive dans tout le membre, œdème dur, élastique, etc.
Vers le 10 novembre, la jambe gauche étant à peu près guérie, … apparition d’une nouvelle plegmatia du membre supérieur droit, puis à la jambe droite, et enfin récidive à la jambe gauche. Durant l’évolution de ces accidents, la malade a présenté, à plusieurs reprises, des accès de dyspnée subite avec sufflocation, qui paraissaient en rapport avec de petits foyers d’embolie pulmonaire.
Il est survenu, en outre, plusieurs hémorragies utérines abondantes, nécessitant le tamponnement. Difficulté de la miction el de la, défécation. À
La malade n'allait à la selle qu'avec des lavements et il a fallu plusieurs fois pratiquer le cathétérisme vésical.
Vers lé 15 décembre, épanchement pleurétique modéré à gauche, puis à droite deux jours après. La malade a succombé à l’épuisement le 18 décembre 1880.
OBsERvATION III.
Phlébite au cours d’une fibromatose. Opération après guérison
de la phlébite. Guérison.
Lo 4
B... (Constance), lingère, âgée de 52 ans, entre le 19 avril à l'Hôpital du Tondu, salle &, lit n° 10, dans le service du professeur Guyot. RER
Comme antécédents, on relève chez cette malade une annexite qu'elle aurait eue à l’âge de 34 ans et qui aurait motivé un séjour d'un mois à l'hôpital du Tondu, en 1908. Elle en serait sortie guérie. A l’âge de 30 ans, nouvelle hospitalisation d’un mois, nous dit-elle, pour croup. +
D'une très bonne santé, en dehors de ces deux épisodes, cette malade constate, il y a trois ans, en 4923, que ses règles qui, auparavant, duraient six jours environ, deviennent de plus en plus abondantes. Elle va consulter divers médecins qui lui conseïllent le repos au lit. Les pertes sanglantes cessent pendant le repos mais réapparaissent dès le lever. Son dernier médecin, le docteur Lapeyronnie, de Bordeaux, devant l’inefficacité du repos, conseille à la malade de se présenter à la consultation du professeur Guyot, Elle vient, le 1% avril et on décide son hospitalisation.