L'ÉLECTROLYSE EST-ELLE IMPUISSANTE
On a fait plusieurs reproches à la méthode Apostoli, celui entre autres, qu'elle a peu d'influence dans le traitement des fibromes utérins. Mais la critique est assurément de parti pris.
Dans un travail important qui vient de paraître, le D r Secheyron (1) consacre, dans une critique sur les différentes méthodes qui ont pour but la guérison, d'une façon ou de l'autre, des fibromes de l'utérus, un paragraphe à l'électrothérapie.
Je suis parfaitement de son avis en ce qui concerne dans l'emploi de l'ergotine dans le traitement des fibromes ; elle a fait son temps.
La méthode d'Hildebrant de Kœnisberg, en effet, basée sur les injections sous-cutanées d'ergotine, faites tous les jours ou tous les deux jours ne fait pas disparaître les fibromes ; elle les diminue seulement quelquefois, mais très rarement ; elle n'arrête pas, dans l'immense majorité des cas, et c'est ce qui m'intéresse le plus à faire ressortir, l'hémorrhagie, le symptôme le plus dangereux. J'ai vu chez M.Apostoli plusieurs malades atteintes de petits et de grands fibromes utéi'ins et sujettesàdeshémorrhagies épouvantables qu'on n'avaitpas pu arrêter avant leur entrée à sa clinique avec les injections sous-cuianées d'ergotine. Une, entre autres, en aeuuneàdeux par jour, pendant trois ans et demi ; elle avait la peau de l'abdomen marmorisée, sans que l'hémorrhagie s'arrêtât d'une façon satisfaisante et définitive. Elle s'est présentée à la clinique du D r Apostoli dans un état de profonde anémie, avec des troubles généraux alarmants. Maintenant, après quelques mois seulement de traitement électrique, elle se porte beaucoup mieux ; les forces reviennent, elle commence à reprendre un teint coloré, un certain degré d'embonpoint, l'hémorrhagie ayant cessé d'une façon presque absolue dès les premières séances.
Je tombe d'accord avec Secheyron sur la cri tique qu'il fait à l'hystérectomie abdominale et à la castration, mais je crois qu'il a tort d'en faire autant avec l'électrolyse.
Il n'a jamais fait une seule application d'électrolyse — il n'a jamais suivi une seule malade traitée par la galvanocaustique — et alors que, pour pouvoir se former une opinion personnelle bien arrêtée il faut avoir soigné un grand nombre de malades, lui (M. Secheyron) qui n'a aucune expérience propre, juge quand même in verba magistri !
« Le jugement d'un maître de grand sens pratique, de Gallard, dit Secheyron, est que le traitement électrique a donné lieu à de