‹ Fichte et son temps (volume 2)Chapitre 22 sur 95 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

3. AUS Schleiermacher’s Leben. In Briefen, éd. W. Dilthey, IT. Bd., Berlin, G. Reimer, 1858. Schleiermacher an Charlotte von Kathen, Halle, den 20. Juni 1806, p. 63,

4. Zbid., Schleiermacher an E. von Willich. Halle, den 1. Dec. 1806, p. 76-77.

22 oies See “ol

et qui avaient pour but, selon la conclusion même de son programme, de

stimuler le sentiment national, de ranimer la conscience de la grandeur nationale, de montrer la puissance de l'esprit allemand et son influence sur la culture du reste du monde ?

Rappellerons-nous qu'un an plus tard Adam Müller fondait, avec son ami H. von Kleist, le « Phœæbus, un journal d’art » où il montrait le lien étroit qui rattachait la philosophie non seulement aux arts plastiques, mais encore à la vie réelle du temps présent, en vue de vivifier le

sentiment national en Allemagne? ?

Rappellerons-nous les préoccupations du grand Stein affirmant « qu'en tout c’est de l'éducation et de l’instruction de la jeunesse qu’on devait le plus attendre »?

Rappellerons-nous le témoignage d’ Henriette Herz écrivant qu'après la paix de Tilsitt, il restait bien nominalement une Prusse. La maison de Hohenzollern, en effet, n'avait pas cessé de régner. Mais, les conditions de la paix mettaient en doute que réellement il subsistât une Prusse, que le roi Frédéric-Guillaume III fût effectivement en état d’exercer, en cette Prusse, ses pleins pouvoirs de souverain,

Cependant, durant l'hiver 1807-1808, on vit naître une opposition — la seule qui fût alors possible — après la lâche apathie qui avait régné Jusqu’alors. Les classes cultivées mettaient entièrement de côté la littérature française pour se plonger dans la littérature allemande, et cela sans ostentation, tranquillement. Mais dans quelle littérature alle-

mande ? Dans la littérature allemande primitive qu'on croyait alors

affranchie de toute influence romane. Il n’en avait encore été publié que peu de choses accessibles au grand public. Les Minnelieder de l’époque souabe (dont Tieck était l’auteur), les très importantes « Poésies allemandes du Moyen Age » que venaient d'éditer von der Hagen et Büsching, une traduction des Vibelungen de von der Hagen. C'était à peu près tout; certains petits cercles fermés — car il n’y en avait pas de grands — n'hésitaient pas à admirer la puissance, la pénétration, la tendresse, l’esprit chevaleresque, la profondeur d'âme des anciens avec une discrétion d'enthousiasme qui apparaissait comme seule sans danger dans un temps où les murs avaient plus d’oreilles que jamais. Bientôt, pourtant, le courage grandit un peu. Quand, dans l'hiver 1807-

1. À. Koberstein, Geschichte der deutschen Nationalliteratur vom zweiten viertel des achtsehnten Jahrhunderts bis zu Gœæthe’s Tod. Zweiter Theil, Leipzig, Verlag von

E.-C.-W. Vogel, 1873, 8 341, p. 919.

Page 1