‹ Fichte et son temps (volume 2)Chapitre 27 sur 95 · Jbid., p · texte numérisé non relu

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3. Que, dans ses Discours, Fichte soit demeuré fidèle à son passé, c’est également. l'opinion de Fr. Janson, dans son étude sur les Discours à la Nation allemande 3 « Dans ses Discours aussi, écrit-il, Fichte est républicain. On ne conçoit pas comment

on à pu affirmer que, dans les Discours, le cœur de Fichte bat pour le roi de Prusse.

Il serait difficile d’y trouver seulement quelques passages où se dénote, chez Fichte, le sentiment d’un attachement dynastique envers les Hohenzollern. Les sentiments de Fichte, loin d’être dynastiques, n’étaient pas même monarchiques... Dans les Discours Fichte est tout bonnement et au premier chef allemand. » Etil ajoute que, pour la régénération de l’Allemagne, Fichte n'attend rien des princes, et pas davantage du roi de Prusse. (Fr. Janson, Fichtes Reden an die deutsche Nation. Eîine Untersuchung thres aktuell-politischen Gehaltes [Abhandlungen zur mittleren und neueren Geschichte], p. 48.)

I y a plus, Janson estime que Fichte, comme d’ailleurs la plupart des réformateurs, rendait le roi personnellement responsable de la catastrophe où avait abouti la politique prussienne. (Zbid., p. 53.)

partisans de la force et de la guerre de race ne peuvent que paraitre

comiques quand ils se revendiquent de lui!. »

Nous allons essayer d'établir que les Disdurs ar cours à la Nation allemande sont dirigés 1807. contre la conception romantique du Nationa-

lisme allemand et qu'ils lui opposent la conception vraiment nationale d'une Allemagne démocratique. Mais, pour mettre cette opposition en pleine lumière, nous avons à préciser l'origine même des Discours dans la pensée de Fichte. Nous avons une double base d'inférence : les réflexions politiques de Fichte, pendant son séjour à Kôünigsberg, réflexions dont on trouve la trace dans des fragments posthumes publiés dans le septième volume de ses œuvres

complètes? et dans les Discours patriotiques, puis ses entretiens avec

l'historien Jean de Müller, à son retour à Berlin.

Lorsqu'il était encore à Kônigsberg, un an avant de prononcer ses Discours, Fichte travaillait à la composition d’un ouvrage sur la politique dont les fragments qui ont été conservés portaient pour titres, l’un : Épisode concernant notre siècle, par un auteur républicain (Episode über unser Zeitalter aus einem republikanischen Schriftsteller), l'autre, La République des Allemands au commencement du XXII siècle, sous son cinquième Président (Die Republik der Deutschen, zu Anfang des zwei und zwanzigsten Jahrhunderts, unter ihrem fünften Reichsvogte). Et on peut vraiment se demander si, en écrivant la même année, pour la Vesta, son article sur Machiavel, Fichte n'avait pas présents à la mémoire ces mots du Contrat social : « En feignant de donner des leçons aux rois, Machiavel en a donné de grandes aux peuples. Le Prince de Machiavel est le livre des Républicains*. »

Dans l'Épisode concernant notre siècle, par un auteur républicain, Fichte dénoncçait à son tour d’abord la corruption des classes supérieures : plus haute était la naissance de l'enfant, plus réduite était l’échelle et

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