‹ Fichte et son temps (volume 2)Chapitre 30 sur 95 · Fichte's Leben, I. Bd., m1, 4, p · texte numérisé non relu

Fichte's Leben, I. Bd., m1, 4, p

8. Zbid., IT. Bd., Zweite Abth., XVII. 8, Fichte an Beyme. Im Vorsommer, 1808, p. 501-502.

4. Cette éducation, dont les Discours définissent les principes, Fichte essaya d’en faire l'application dans le plan que lui demanda Beyme quand fut décidée la fondation de l’Université de Berlin. Ce plan, il le soumit justement à Jean de Müller qui l’examina, la plume à la main, en ratifia pleinement les idées et consigna même ses remarques critiques et ses observations élogieuses dans deux lettres écrites encore avant son départ, le 11 septembre et le 18 octobre 1807 (Fichtes Leben, II. Bd., Zweiïte Abth., VI. Johannes v. Müller an Fichte den 11. Sept. 1807, p. 412, 415, et den 18. Oct. 1807, p. 415, 416). C’est une des raisons pour lesquelles Fichte, qui avait pu apprécier sinon peut-être toujours la fermeté d'un caractère trop accessible aux

influences étrangères, du moins la pureté des intentions de Jean de Müller, la péné-

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C. LA RÉPLIQUE. DE Mais voici le contraste; en dépit de l’in- FICHTE. A LA TRESE DE flience.exercéeisur lui:par Jean de Muileet « L'HOMME PROVIDEN- : a TIEL» ET DE «L'EMPIRE Ne parait pas douteux non plus qu’ense déteree PE minant à prononcer ses Discours, Fichte ait eu l'intention très nette de prendre position contre l’attitude de Jean de Müller vis-à-vis de Napoléon.

En Napoléon Jean de Müller aperçoit « celui que la main du Très- Haut conduit au milieu des peuples plongés dans le sommeil »‘. « Dieu, je le vois, écrit-il encore, a donné à Napoléon l’Empire, le monde. Jamais la chose n’a été plus manifeste que par cette guerre, qui, conduite avec une inconcevable imprévoyance, lui a pour ainsi dire imposé une victoire qui ne peut être comparée qu’à ces victoires de l'Antiquité à Arbelles ou à Zama. Puis donc que les édifices vieillis, branlants, vermoulus, devaient un jour s’écrouler, c’est le plus grand bonheur que la victoire lui soit échue à lui et à une nation qui a plus qu'une autre des mœurs douces, qui, plus qu’une autre, a des dispositions et du respect pour les sciences ?. »

« Cet homme extraordinaire a dù venir; sans principes, sans élévation, sans génie, qu'allaient devenir un État où tout était réduit à des calculs statistiques, et ces peuples amollis semblables à ceux du Bas- Empire? Nous voyons le commencement d’un nouvel ordre, un développement est possible qui soit le plus grand bienfait pour le genre humain . »

Tandis que Jean de Müller, comme les romantiques, va puiser dans le passé des arguments favorables à la thèse de l'Empire mondial, tandis qu'il annonce la restauration par un nouveau César d’un nouvel Empire * succédant « à la pluralité des royaumes qui existaient depuis tration de son jugement, la hauteur de ses vues, la fidélité à ses principes et à qui apparaissait de plus en plus l'injustice des accusations portées contre lui (Æichte’s Leben, X. Bd., 1, 4, p. 403) insistait particulièrement auprès de Beyme, même après l'acceptation de sa démission, pour son maintien à Berlin.

CI y a longtemps déjà, écrivait-il à Beyme, le 3 octobre 1807, que je suis tout à fait d'accord avec Müller — et ceci absolument en dehors de notre projet actuel, — aussi bien sur l’ensemble de ce plan d’études que sur la façon de traiter sa spécialité en particulier, et il est souhaitable que notre réunion en imposé à l'obstacle redouté; à moi tout seul je serais trop faible. Je crois donc qu'aux débuts Müller est indispensable (Fichte’s Leben, II. Bd., Zweite Abth., XVII, 4. Fichte an Beyme, Berlin, den 30. Oct. 1807, p. 495-496). Et c’est peut ètre ce qui explique la tentative du 21 octobre pour retenir l'historien dont nous parle le frère de Jean de Müller. (J. von Müller, S.W.,33. Theil, Biographische Denkwürdigkeïten, 397. Anm. d. H. p. 166.)

4. J. v. Müller, S. W., 39. Theil, Briefe an Freunde, III, 262, 1, Berlin, 7. Mai 1807, p: 284,

2. Ibid., 33. Theil, Biographische Denkwürdigkeiten, 381, Berlin, 8. Nov. 1806,

3. 1bid., 36 Theil, Brief an Carl Victor von Bonstetten, 32, ohne Datum: vom Sommer 1807, Berlin, p. 248.

4. Il est toutefois visible que le souffle de réaction qui emporte les romantiques à

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D Action de Empire romain », Fichte va protester, au nom des prin-

. cipes de la Révolution et de l'esprit démocratique, contre l'Impérialisme de Napoléon.

Le huitième Discours définit le patriotisme allemand ; il montre comment les Germains ont farouchement défendu leur indépendance contre la domination envahissante des Romains, quelque bien-être matériel qu'elle dût leur procurer. Fichte rappelle cette déclaration qu’un écrivain romain prête à leurs chefs : « Ve nous reste-t-il donc autre chose que de choisir : sauver notre liberté, ou mourir avant de devenir esclaves?» Et il ajoute : « Ils ne sont pas tous morts, ils n'ont point vu l'esclavage, ils ont transmis à leurs enfants la liberté. C’est à leur résistance opiniâtre que le monde moderne tout entier doit son existence actuelle! ». « Que ne manquera-t-il pas d'arriver si l’utilisation de la richesse et le sang de l'Allemagne sont exploités par des étrangers?! Imaginez la puissance nouvelle que j'ai supposée aussi condescendante, aussi bienveillante que possible; bonne, comme Dieu lui-même! Pourrez-vous la douer de l'intelligence divine? Admettons qu’elle veuille, en toute sincérité, le bonheur suprême et le bien-être de tous; ce bienêtre suprême qu'elle sera capable de comprendre sera-t-il réellement le bien-être allemand ?... Quiconque a conservé, pleinement vivace et vigoureux, ce sentiment que, d’après le droit dérivant de Dieu, il peut aspirer à une vie supérieure, éprouve une exaspération profonde de se voir refoulé aux premiers temps du Christianisme où l’on disait aux fidèles : « Vous ne résisterez pas au mal, et quand on vous frappera sur la joue droite, vous tendrez la joue gauche, et si quelqu'un vous prend votre vêtement, abandonnez-lui aussi votre manteau ». C'était fort bien. En effet, tant que vous aurez un manteau, votre ennemi vous cherchera querelle pour vous le ravir et vous n’échapperez à son attention et à ses attaques que lorsque vous serez entièrement dépouillé 5. »

Et le douzième Discours, concernant « les moyens de nous conserver jusqu'à la réalisation de notre but principal», ajoute :

« On s’habitue même à l'esclavage et on finit par l’aimer pour peu que

la conquête d’un nouveau Saint-Empire germanique n’est pas celui qui inspire l’historien né suisse de la démocratie helvétique; la foi de Jean de Müller en Napoléon n’est pas une foi réactionnaire. Le jour où il reconnaît en Napoléon l’homme providentiel, il ne cache pas qu’il a commencé par être un adversaire du despotisme. « Pas plus que Cicéron, Tite-Live, Horace, écrit-il, n’ont caché au Grand César ou à l’heureux Auguste qu'ils avaient été autrefois contre lui, pas plus je n’ai tu jusqu'ici que j'avais été d’un autre parti. » (J. v. Müller, S. W., 33. Theil, Biographische Denkwürdigkeiten, 381, Berlin, 8. nov. 1806, p. 109). S'il salue en Napoléon l’homme du destin, c’est qu'il voit en lui celui qui est venu établir dans le monde l’ordre de la liberté, l’ordre providentiel.

4 Discours à la Nation allemande, trad. Molitor, Discours NIII, p. 131-132. —

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