bid., p
4. R. Kôpke, Die Gründung der Kônigl. Fr.-W.-Universität gu Berlin, 4, Beschluss und Zweifel, p. 38.
5. « L'idée qui m'a été communiquée... m'a causé une joie d’autant plus grande qu'il y a huit ans déjà cette idée s'était présentée à mon esprit comme de grande utilité. » — Voir Kôpke, Die Gründung der Künigl. Fr.-W.-Universität su Berlin, 3, Die Hausptstadt, p. 20.
sait encore à Niemeyer, à Schleiermacher, à d’autres théologiens de moindre envergure aussi pour établir les bases d’une faculté de théologie ; il n'avait pas même hésité, en ce jour d'enthousiasme, à poursuivre jusque dans la lointaine Russie Loder, le célèbre anatomiste d'Iéna, autrefois professeur à Halle!. Du fond de la Russie, où il était alors médecin consultant du tsar, Loder s'écriait : « Je suis ivre de joie à la pensée que le roi veut ouvrir l’ère nouvelle de la monarchie prussienne en aidant au relèvement de la culture scientifique dans ses États. C'est un Dieu qui a mis au cœur du roi la pensée que la réforme de notre État doit commencer par une éducation meilleure de la génération prochaine et qu'il ne faut pas que la culture soit seulement scientifique, mais qu'elle soit morale aussi ?. » |
Il mettait toutefois surtout sa confiance en deux hommes également mais diversement célèbres, le philologue Wolff et le philosophe Fichte. Déjà, sur les conseils de Jean de Müller, Wolff, en août, avait préparé et envoyé à Memel un mémoire sur l'Université future; il portait ce titre : Où l’on propose, sans aucune dépense nouvelle, de fonder, au lieu des deux Universités actuellement perdues, deux Universités des mieux dotées, un grand Institut littéraire aussi important pour toute l'Allemagne que pour ce pays-ci, et de le mettre sur pied dans le plus bref délai *.
Ce mémoire de Wolf avait été pour quelque chose dans l’ordonnance royale ; un second mémoire suivit (le 19 septembre) la lettre que Beyme lui adressa au lendemain de cette ordonnance #.
1. R. Kôpke, Die Gründung der Kônigl. Fr.-W.-Universität zu Berlin, 4, p. 39.
2. bid., Lettre de Loder à Hufeland du 3 octobre 1807, 4, Beschluss und Zweifel, p. #4. TE
3. 1bid., p. 40 : « Vorschläge, wie ohne irgend einen neuen Aufwand, statt der jetzt verlornen zwei am besten dotirten Universitäten ein grosses für hiesige Lande, und für ganz Deutschland wichtiges litterarisches Institut gestiftet, und in kurzer Zeit in Gang gebracht werden künnte ». Dans une lettre à Altenstein, du 40 juin 4809, Fichte caractérise avec sévérité les principes mis en circulation dans le mémoire de Wolf ; il l’accuse de fanfaronnades, de faire appel à l’affectation de libéralisme, au désir de plaire et de se mettre en évidence. (Hans Schulz, Fichtes Briefwechsel, IT. Bd., Nr. 603, Fichte an Altenstein, Berlin, den 10. Juni 1809, p. 533.)
4. R. Kôpke, Die Gründung der Künigl. Fr.-W.-Universität su Berlin, 4, Beschluss und Zweifel, p. 40, — Dans ce mémoire Wolf proposait le nom de quelques hommes qu'il serait précieux d’attacher à la nouvelle Université, l’un d’entre eux surtout, Alexandre de Humboldt, avec lequel Wolf avait correspondu au sujet de son plan. Alexandre, et non pas Guillaume, comme le dit Kôpke. Guillaume, alors ambassadeur de Prusse à Rome, ne pouvait encore rien connaître des plans de Beyme ; il est invraisemblable que Wolf lui ait écrit en juillet et ait eu immédiatement sa réponse. Sa correspondance, d’ailleurs, est muette à cet égard. En outre, les mots de Wolf s'appliquent à Alexandre, à Berlin depuis un an, et membre de l’Académie, ce que n’était pas encore Guillaume. (Voir Max Lenz, Geschichte der Kônigl. Fr.-W.-Universität zu Berlin, 1. Bd., n. Kap., p. 86, note.) — Par contre, il s’exprimait sans ménagements et de manière peu flatteuse sur l’érudition et
En même temps qu'à Wolf Beyme avait écrit à Fichte :
« La création à Berlin d’un pareil établissement était depuis longtemps mon vœu le plus cher. Voici que la nécessité nous force à l'instituer... Personne ne sent plus vivement que vous ce qu'il nous faut et personne n’en aperçoit mieux que vous l’ensemble. Je vous prie donc cordialement de réfléchir aux ou les plus convenables pour réaliser les projets du roi!
Si Beyme avait, par nes demandé d’autres avis, c'est avant tout sur Fichte qu'il comptait.
La proposition de Beyme arrivait à son heure, au moment même où Fichte et Jean de Müller s'entretenaient de la refonte générale de l’éducation nationale, et mettaient en elle tout leur espoir de salut.
Fichte et Jean de Müller discutèrent longuement la question de l’Université projetée. Fichte, après avoir rédigé Le projet que lui avait demandé Beyme, le soumit à Jean de Müller qui l’examina la plume à la main, en ratifia pleinement les idées et consigna ses remarques,
les unes critiques, les autres élogieuses, dans deux lettres qu'il écrivit à
Fichte, avant son départ de Berlin, les 11 septembre et 18 octobre 1807*°.
l’enseignement d’un certain nombre de ses collègues. Craignant de voir ses idées dépréciées avant la lettre par des indiscrétions, Wolf avait destiné au journal de Hambourg un article sur son projet « pour prévenir les calomnies », et il le publia, en dépit du secret que lui avait demandé Beyme, parce « qu’un coquin de Halle avait le dessein de présenter au public de méchante façon la nouvelle de la fondation de l'Université ». Beyme en fut d'autant plus vivement irrité qu'il avait eu vent d’un entretien tout récent et d’une entente au sujet de l’établisement projeté entre Wolf et Stein, son plus mortel ennemi, celui-là même qui, appelé par le roi à ladirection des affaires, allait le forcer à se retirer. Il se vit ainsi trahi par un des hommessur lesquels il croyait pouvoir le plus compter. (Kôüpke, Die Gründung der Kônigl. Fr.-W.-Universität su Berlin, 4, Beschluss und Zweifel, p. 41-42.)
1. Fichte’s Leben, I. Bd., ur, 5, p. 409. Voir R. Kôpke, Die Gründung der Kônigl. Fr.-W.-Universität zu Berlin, Urkunden, 9, p. 164-165. Voici, d’après Kôpke, les écrits. lettres ou mémoires, que provoqua l’annonce de la fondation de l’Université de Berlin:
3 août 1807. Le mémoire de Wolf. — 6 août. pire de Stützer à Beyme avec cette épigraphe De Republica nunquam est desperandum! — 22 août. Premier mémoire de Schmalz. — 25 août. Hufeland propose l’union des Collegii medico-chirurgici avec l'établissement général d’instruction académique. — 19 septembre. Second mémoire de Wolf. — 29 septembre, et postérieurement, par sections séparées, le « Plan déductif de la fondation d’un établissement supérieur d'instruction à Berlin » de Fichte. — 3 octobre. Article de Schütz concernant les dispositions relatives à.la nouvelle Université. — 8 octobre. Le projet de Reil pour l’organisation d’une école scientifique de médecine. — 3 octobre. Lettre de Loder à Hufeland. — Derniers jours de 1807. Second mémoire de Hufeland. — 2 janvier 1808. Lettre de Froriep à Beyme. — 28 janvier. Conférence de Nolte : « sur la fondation d’une école scientifique supé-
rieure à Berlin », faite à la Société philomatique. Enfin, en automne 1808, second
mémoire de Schmalz.
En tout, treize documents, deux d’un juriste, six de médecins, quatre de membres de la Faculté de philosophie, un d’un fonctionnaire. R. Küpke, Die Gründung der Kônigl. Fr.-W.-Universität su Berlin, 4, Beschluss und Zweifel, p. 44-45.
2. Fichte's Leben, II. Bd., Zweite Abth, VI. Johannes von Müller an Fichte, den 11. Sept. 1807, p. 112- 415, u. d. 18. Okt. 1807, p. 415-416.
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On comprend mieux encore maintenant pourquoi Fichte déplorait tant alors le départ de Jean de Müller ; pourquoi il le considérait comme « préjudiciable à la bonne cause‘ »; pourquoi, après même que la Cour eut accepté sa démission, il insistait tant auprès de Beyme en vue d'obtenir qu'ellerevintsur sa décision. La présence de Jean de Müller lui était d'autant plus nécessaire qu'il sentait en Wolf un adversaire résolu.
C’est en ce sens qu’il écrivait à Beyme :
« Il y a déjà longtemps que je suis tout à fait d'accord avec Müller — et ceci absolument en dehors de notre projet actuel — aussi bien sur l'ensemble de ce plan d’études que sur la facon de traiter sa spécialité en particulier, et il est souhaitable que notre union à tous deux en impose à l'obstacle redouté (au projet de Wolf) ; à moi tout seul je serais trop faible. Je crois donc que, pourles débuts, Müller est indispensable?. » A |
Fichte avait répondu dès le. 19 septembre à la demande que Beyme lui avait avait adressée, le 5; il lui « annonçait qu'aussiltôt sa lettre reçue il s'était mis à l'instant même à vivre l’idée; qu'il avait déjà dans l'esprit tout un plan organique et qu’il ne lui manquait plus que de prendre la plume pour l'écrire ». Effectivement, dix jours plus tard, il envoyait à Beyme, avec une lettre explicative, la première partie de son plan; les deux dernières devaient suivre par un prochain courrier $ ; il lui en adressait le brouillon n'ayant pas cru devoir perdre, à Je recopier lui-même, suivant la recommandation qui lui avait été faite, un temps précieux, n'ayant voulu, d'autre part, mettre personne dans la confidence “. Il poussait la discrétion au point d'éviter jusqu’à la possibilité d’un contact avec la société berlinoise : et, dans la solitude de son. pavillon situé au milieu du George’schen Garten, aux bords de la Sprée, il travaillait à son mémoire qu’il envoyait à Beyme au fur et à mesure de l'achèvement de chaque partie5. Personnellement il avait un double avantage à conserver le secret : si son plan n’était pas accepté, il ne pourrait pas ainsi servir d'arme aux adversaires du projet qui serait adopté. Si, au contraire, il était accepté, il fallait, pour avoir toute son autorité, qu’il demeurât anonyme, qu'il fût le projet non d’un individu, mais de l’opinion commune‘. Précaution sage, mais d’ailleurs
4. Fichte’s Leben, 1. Bd., in, 3, p. 402. — 2. Jbid., II. Bd., Zweite Abth., XVII; 4, Fichte an Beyme, Berlin, den 3. Oct. 1807, p. 495-496. — 3, Zbid., II. Bd., Zweite Abth., XVII, 2, Fichte an Beyme, Berlin, den 19. Sept. 4807, p. 491, et 3, Berlin, den ne 1807, p. 493. — 4. Zbid., 3, Fichte an Beyme, Berlin, den 29. Sept. 1807, nt Max Lenz, Geschichte der Künigl. Fr.-W.-Universität zu Berlin, I. Bd., u.
Kap., p. 92. — 6. Fichte’s Leben, II. Bd., Zweite Abth., XVII, 3, Fichte an Beyme, Berlin, den 29. Sept. 1807, p. 492.
inutile, car le projet fut néanmoins connu et combattu, comme Fichte en exprimait la crainte à Beyme quand il lui expédiait, le 3 octobre, la seconde partie de son plant.
Si la troisième partie resta dans les tiroirs de Fichte c’est que, le Jour même où Fichte lui faisait parvenir la deuxième, Beyme quittait le pouvoir ?.
B. LE « PLAN DÉDUCTIF » Fichte commençait dans son mémoire par nee une critique de l’enseignement donné dans les Universités. Cet enseignement reposait tout entier sur la lecture d’un cours. Mais la lecon lue n’était, la plupart du temps, que la reproduction ou le résumé d'ouvrages imprimés soit par les professeurs eux-mêmes,
soit par d’autres. Cette méthode avait pu avoir saraison d’être à l’époque
où furent fondées les Universités, où le livre était rare et coûteux, où la propagande orale était l'unique moyen de répandre les idées. Rien ne pouvait plus la justifier depuis que les progrès de l'imprimerie avaient fait du livre l'instrument même de la culture. Le cours ainsi compris était maintenant superflu pour ceux qui lisaient, nuisible pour les autres, car ils écoutaient d'une oreille distraite les lecons dont ils savaient trouver ailleurs le contenu, et ils finissaient par se dispenser delire les livres sous prétexte qu ils avaient assisté aux cours.
Or, il faut le reconnaitre, la lecture est le véritable instrument de la culture, le seul qui permette de réfléchir avec toute la liberté d’esprit nécessaire. La lecon faite une heure durant, sans souci de savoir dans quelle mesure elle est suivie des auditeurs, n’est qu’un moyen médiocre d'éducation scientifique *.
Malgré les efforts louables de certains maîtres pour améliorer cette méthode périmée en apportant sur les ouvrages qui faisaient l’objet des cours leurs critiques ou leurs améndements, en instituant des discussions orales pour éprouver leurs propres idées*, le vice de
À. Fichte’s Leben, Il. Bd., Zweite Abth., XVII, 4, Fichte an Beyme, Berlin, den 3. Oct. 1807, p. 495. — Dans cette même lettre Fichte révèle à Beyme l’auteur des indiscrétions commises : Wolf avait divulgué le projet et tout particulièrement mené la campagne contre Fichte.
2. Le départ de Beyme fit sans doute avorter encore d’autres projets. Il ressort, en effet, d’une lettre adressée le 12 avril 4808 par Fichte à Ernst Wagner, que celui-ci avait préparé tout un plan d'école artistique qui aurait eu sa place dans la future Université. Et Fichte engageait vivement Wagner à le soumettre à Beyme. (Hans Schulz, Fichtes Briefwechsel, II. Bd.,Nr. 585, Fichte an Ernst Wagner, Berlin, d. 12. April 4808, p. 504-506; voir aussi Nr. 584 et Nr. 586 les lettres des 4 mars et. 22 avril de Wagner à Fichte sur le même sujet, p. 504 et 506-508, et la lettre Nr. 587 (sans date), p. 508-510.
3. Fichte, S. W., VIII. Bd., Deducirter Plan einer zu Berlin errichtenden hôheren Lehranstalt, geschrieben im Jahre 1807. Erster Abschnitt. Begriff einer durch
die Zeitbedürfnisse geforderten hôheren Lehranstalt überhaupt, $S 1, 2, p. 96-99. 4. Ibid., $ 3, p. 99-100.
l'enseignement donné dans les Universités était flagrant ; si elles n’adoptaient pas une autre discipline, mieux valait pour les étudiants l'étude directe des livres en question et la fermeture des Universités ?. Mais les Universités pouvaient se transformer, leurs maîtres, au lieu de passer leur vie à répéter des choses apprises, devaient, d’une manière générale, enseigner à apprendre, rendre possible l'application de la connaissance à la vie et la transformation du savoir en œuvres. Le but des études est, en effet, moins dans l’accumulation des connaissances que dans l’art de s’en servir, dans l'exercice du jugement. Il appartient à l'école. de fournir la méthode qui fait de la science un instrument maniable. L’essence de cette méthode c'est d'apprendre à comprendre, c'est l’art de rechercher la vérité. Quiconque le possède est en mesure d'accroître sa science à l’infini?.
Fichte demandait que l’on substituât au cours alors en usage dans les Universités la méthode socratique du dialogue qui permet la collaboration incessante du maître et de l'élève. Grâce à ce contact perpétuel, la pensée du professeur pourra se mettre au niveau de l'étudiant et varier ses modes d'expression jusqu’à ce qu'elle soit. parfaitement saisie. Alors l’enseignement oral sera vraiment fécond et supérieur au livre ; il se renouvellera et se modifiera suivant les besoins de l'auditoire”.
Cette réforme de l’enseignement supérieur dans les Universités impliquait d’ailleurs une réforme des autres degrés de l’enseignement* : elle exigeait aussi pour ceux qui voulaient embrasser la carrière scientifique l’isolement de la famille et du milieu habituel, afin de les soustraire à toutes les influences d’un ordre extérieur à la pure science, l’internat dans des établissements appropriés où ils seraient pour le présent et pour l’avenir à l'abri de toutes les préoccupations matérielles qui conduisent à faire de la science un gagne-pain. Quant aux maîtres eux-mêmes, afin qu'ils fussent tout à leur profession et qu'ils acquissent l'esprit pédagogique essentiel à leur fonction, Fichte proposait la création de séminaires analogues à ceux où se forment les prêtres et où, sous l'égide des anciens maîtres, se prépareraient les jeunes professeurs et se perpétuerait la traditionf. Il réclamait, pour la fécondité de l’enseignement, la fraîcheur de l'esprit et l’ardeur de la jeunesse; de là de fréquents renouvellements des cadres, de promptes mises à la retraite. Les maîtres vieillis trouveront
4: Fichte, S. W., VIII. Bd., Deducirter Plan einer su Berlin errichtenden hôheren Lehranstalt, $ 4, p. 100. — 2. Zbid., $ 5, p. 101-402. — 3. Zbid., $ T, p. 103-104. — 4, Ibid., $ 10, p. 106-107. — 5. Zbhid., p. 110-112. — 6. Zbid., $ 12, p. 114-116.
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LA FONDATION DE L'UNIVERSITÉ DE BERLIN. 143 4 l'emploi de leur expérience dans d’autres fonctions de l'État, fonctions __ académiques ou fonctions gouvernementales !.
Telle était l’idée de l’Université nouvelle, que Fichte développait dans la première partie de son plan. Dans la seconde il abordait l'application de cette idée aux Universités existantes. Il proposait d'abord la réorganisation du programme des études. Au sommet, dominant tout de son éminence, la philosophie.-L’esprit philosophique, en dehors de tout système, est, en effet, la forme même du savoir et pénètre l’ensemble des matières. Quant à la philosophie, comme science de la science, elle constitue une encyclopédie ; elle fournit sa discipline à chaque science particulière et lui fixe sa place dans la hiérarchie des
connaissances. À cet égard, après la philosophie vient la philologie, instrument universel de toute compréhension, puis les mathématiques, l’histoire (histoire politique — histoire des phénomènes fugitifs, des événements successifs; histoire naturelle — histoire des phénomènes permanents, science de la nature). Après l’histoire, à titre de dépendances, la jurisprudence (histoire de la formation du concept du droit dans l'humanité), la médecine (qui est un chapitre de l’histoire naturelle), la théologie (qui relève à la fois de la philosophie pour l’établissement de la doctrine morale et religieuse comme aussi pour sa
mission éducatrice, de la philologie pour l’exégèse, de l’histoire pour la détermination et l'explication des concepts religieux).
Pour rendre possible l'application de ce programme, il faut un maître de philosophie possédant cet esprit philosophique qui est l'âme du nouvel enseignement, d’un maître qui sache l’art de la philosophie.
Ce maître doit d’ailleurs être pour la philosophie un maître uniqueen dehors duquel personne n'’exerce d'influence sur la formation philosophique des élèves. Admettre, dans cette branche, une pluralité de maîtres, sous le prétexte fallacieux d'éviter l’étroitesse d’un unique point de vue ou la foi aveugle en une seule autorité, ce serait introduire dans l’enseignement la polémique, les oppositions de thèse à thèse, ce serait renoncer à philosopher en tout désintéressement de la pensée, « truquer » l’enseignement de la philosophie et du même coup fausser tout le reste?.
Le plan de Fichte ne se bornait pas à fournir une réorganisation du programme des études, il apportait aussi un projet de réforme de toute la discipline intérieure de l’Université. Il proposait de substituer partout la liberté à la contrainte: liberté dans la fréquentation des cours; liberté dans la participation aux discussions et aux devoirs;
1. Fichte, S. W., VIII. Bd., Deducirter Plan einer zu Berlin errichtenden hôheren Lehranstalt, zweiter Abschnitt, $ 38, p. 154,$ 40 ; p. 155, $ 42; p. 157-158. 2. Ibid., $S 16-26, p. 121-140.
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liberté dans le passage des examens‘. À la fin de la première année, un travail, d’ailleurs facultatif, examiné par le professeur de la branche compétente auquel serait adjoint de droit le professeur de philosophie permettrait de juger de l'aptitude des élèves à devenir des étudiants dits réguliers (pour les distinguer des simples assistants dits irréguliers). Ces réguliers auraient habitation et vie communes et seraient défrayés de tout par l'État qui leur fournirait même les livres; ils n'auraient ainsi d'autre préoccupation que celle de leurs études; ils porteraient un uniforme analogue au costume des professeurs qui les forcerait au respect d'eux-mêmes ; ils formeraient enfin un corps dont tous les membres seraient solidaires et qui serait responsable devant les autorités des fautes individuelles ?.
Entre les réguliers et les simples assistants on admettrait une catégorie intermédiaire, les « candidats à la règle » ou «novices? ». Novices et réguliers formeraient la pépinière — le séminaire —- des futurs professeurs, des futurs docteurs ; ils devraient, avant d'enseigner et d'acquérir le titre de maîtres, avoir fait preuve de leurs aptitudes pédagogiques“.
Le plan réglait enfin la question du budget de l'Université future ; ressources, droits à percevoir pour les inscriptions, contributions des villes ou des provinces, revenus des places de chanoines instituées en vue de l’enseignement et devenues maintenant sans objet, autres fonds du même ordre, enfin * les dépenses aussi, notamment les honoraires à tous les degrés et Les frais de propagande.
Fichte terminait, en effet, son projet en cherchant les moyens de donner à l’Université une influence sur le monde savant tout entier par la création d'un Journal ou d’Annales? qui seraient le recueil des Actes de l'Université, et d’une Bibliothèque destinée à signaler, dans des comptes rendus critiques faits par les spécialistes, les meilleurs ouvrages concernant les différentes branches de la science en éliminant délibérément les livres qui n’avaient aucune originalité ; cette Bibliothèque ne visait donc nullement à être une Bibliothèque universelle; elle ne chercherait nullement à satisfaire les auteurs; elle conserverait vis-à-vis d'eux son entière indépendance.
Enfin Fichte réclamait entre les Universités un échange réciproque de maîtres et d'étudiants de facon à établir une communauté d'idées d'où
4. Fichte, S. W., VIII. Bd., Deducirter Plan einer zu Berlin errichtenden hôheren Lehranstalt, S 28, p. 141. — 2. Zbid.,$S 29, p. 141-142 ; $ 30, p. 143-144: $ 33, p. 145 ; $ 34, p. 146-147 ; $ 37, p. 151. — 3. Zbid.,$ 32, p. 144-145. — 4. Zbid., $ 44, p. 161-165. — 5. Zbid.,S 47, p. 167-168; $ 48, p.169 ; $ 50, p. 173; $ 51, p. 174-175. — G. Zbrd., $ 35, p. 178-179. — 7. Zbid., Dritter Abschnitt, $$ 58, 59, 60, 61, p. 184-188. — 8. Zbid., $ 62, p. 188-192 ; SG64, p. 195. — 9. Zbid., $ 6%, p. 195; $ 65, p. 196-200.
sortirait l’unité nationale et qui, en s’étendant au dehors, pourrait servir à constituer les linéaments d’une unité plus vaste, d’une société de savants préparant la réalisation de la société des esprits!.
Dans ce projet, il faut le reconnaître, on trouve moins le souci de se plier aux circonstances qui rendaient souhaitable, qui rendaient nécessaire la fondation d’une Université à Berlin que le désir de faire triompher les réformes préconisées depuis longtemps par le philosophe, de réaliser, enfin, l’Université modèle qui était le rêve de sa vie. Le plan qu’il proposait à Beyme, c'était, au fond, le plan de son propre enseignement, et c'était sa propre dictature qui s’offrait à diriger la future Université. |
La critique des anciennes méthodes, l'apologie de la méthode socratique, le dialogue du maître et de l’élève, l’esprit de la nouvelle discipline des professeurs et des étudiants, la prédominance de la philosophie dans l’organisation systématique des différentes branches d’études, la suprématie du professeur de philosophie à l’égard de tous les autres, du professeur unique, ce sont là des traits marqués au sceau de l'enseignement de Fichte... et de son caractère. Les contemporains ne pouvaient pas s’y tromper, et on va voir qu'ils ne s'y sont pas trompés.
C.« LES PENSÉES DE Le plan de Fichte, en effet, devait être vigou- |, Ne de . reusement combattu. Le jour même où Fichte ALLEMAND DU MOT», DE lui en expédiait la seconde partie et lui annoner çcait la troisième, le 3 octobre, Beyme, on l’a vu, démissionnait. Stein avait exigé cette démission qui était un acte d’abnégation, pour rentrer lui-même aux affaires, et Stein, de l’aveu de Beyme, était pour la Prusse le seul sauveur possible. Nommé président à la Cour de justice, Beyme perdit toute influence sur l’Université en formation?, et
le Plan de son protégé alla d'abord rejoindre dans les cartons du Ministère la collection des autres mémoires ; mais lesecret — que Fichte avait si instamment réclamé — n'avait pas été gardé. Schleiermacher eut-il connaissance du plan de Fichte ; profita-t-il des « indiscrétions » de Wolf ? La preuve n’en peut être faite directement, mais l’opuscule de Schleiermacher : Les Pensées de circonstance sur les Universités au sens allemand du mot, avec un appendice à propos de l'Université nouvelle à fonder (Gelegentliche Gedanken über Universitäten in deustchem
1. Fichte, S. W., VIII. Bd. Deducirter Plan einer zu Berlin errichtenden hôheren Lehranstalt, $ 66, p. 200-202 ; $ 67, p. 202-204.
2. R. Kôpke, Die Gründung der Kôniglichen Friedrich- Wilhelm's-Universität zu Berlin, 4, Beschluss und Zweifel, p. 49,
FICHTE ET SON TEMPS, (lil),
Sinn, nebst einem Anhang über eine neu zu errichtende) est si visiblement inspiré du désir de contrecarrer les tendances et l'esprit du Plan de Fichte qu’il est difficile de douter que Schleiermacher ait connu les grandes lignes de ce Plan. |
Schleiermacher commençait, en effet, par déclarer que c'était pure fanfaronnade de vouloir donner une allure scientifique et systématique à des projets qui, en somme, étaient nés seulement des circonstances ; il prétendait se borner à quelques remarques générales sur le but et le rôle des Universités en Allemagne, suggérées par l'expérience du passé, soit qu'on entendit suivre, l'ordre établi, soit Ho crût bon de le modifier en certains points {.
Schléiermacher commencait par définir le caractère des sociétés savantes et leurs rapports avec l'État qui, sans doute, les reconnaît, les soutient, les protège, mais tend à asservir la science — en soi universelle et désintéressée — à des intérêts égoïstes ou à des fins purement nationales (par exemple, en Allemagne, les États rivaux se disputant la prépondérance -intellectuelle, et, au grand détriment de la science, mettant entre leurs Univérsités des barrières infranchissables, au lieu d'établir, comme l’exigerait l'intérêt scientifique, dans des pays de même langue, la communauté des sociétés savantes) et ne songe qu'aux avantages positifs qu'il en tire, et Schleiermacher déplorait que le gouvernement fût toujours prêt à restreindre la liberté de penser quand elle lui paraissait dangereuse ; il montrait là l’origine de la mésintelligence qui régnait la plupart du temps et au grand détriment de la Nation entre. l'État et les savants désireux de s'affranchir de sa tutelle génante. Puis il examinait le rôle des Universités dans la hiérarchie de l’enseignement et de la science*. ras
Entre les Écoles où la science faite s'apprend comme mécaniquement et les Académies (les sociétés savantes) où la science se fait, les Universités sont le lieu où la science est expliquée, où c’est la tâche des maîtres de remonter aux principes qui la fondent et à l'unité qui est sa Loi ; le point de vue de l’Université, c’est celui de la science dans son idée, le point de vue encyclopédique de l'enchainement systématique. Plus simplement et d'un seul mot l'Université c'est le lieu de la philosophie, de la spéculation ; mais, par philosophie, il faut entendre avec Schelling la réflexion sur les sciences positives, et non pas avec Fichte cette philosophie transcendantale, cette philosophie de fantômes dont les constructions
‘ 1. Schleiermacher, S. W., Dritte Abtheilung. Zur Philosophie, I. Bd., Berlin, Reimer, 1846. Gelegentliche Gedanken über Universitäten in deutschem Sinn, nebst einem Anhang über eine neu zu errichtende, 1808, Vorrede, p. 537-538.
2. Ibid., Vom Verhältniss des wissenschaftlichen Vereins zum Staate, p. 539-551.
“ LA FONDATION DE L'UNIVERSITÉ DE BERLIN. 147 vides ne conservent aucun contact avec la réalité et ne peuvent servir en aucune manière à orienter ensuite l'étudiant.
D'après Schleiermacher, l'École, l'Université, l’Académie doivent demeurer distinctes et ne pas empiéter l’une sur l’autre. Rien de funeste comme la prétention des écoles à l'unité philosophique que représente l'Université, car cette unité, à ce degré de la culture, ne peut être qu'une somme de propositions apprises; elle ne peut être l'unité vivante qui résulte de la compréhension de la science et de l’activité de l'esprit. Rien de funeste comme une Université qui se contenterait d’être la continuation de l'école ou jouerait à l'Académie; dans le premier cas elle demeu-: rerait au-dessous de sa tâche et il lui manquerait l'esprit philosophique; dans le second cas elle aspirerait à une besogne pour laquelle elle n’était pas qualifiée et n'avait ni les aptitudes ni la compétence nécessaires. Rien de funeste, enfin, comme une Académie qui, oubliant qu’elle n’était pas une Université, s’attarderait aux discussions théoriques, aux discussions de principes, au lieu de poursuivre, sur le terrain de la production, les conquêtes de la science. Entre les représentants de ces trois ordres, rien de douloureux non plus comme le mépris affecté paries Académiciens ou les Universitaires à l’égard des maîtres d'école et, inversement, le dénigrement par les maîtres d'école des Universitaires ou des Académiciens.
Quelle sera la nature de l’enseignement à l'Université ? Schleiermacher demandait qu’à côté de l’enseignement philosophique général, de l'explication systématique des sciences et de leur unité qui est le point de vue propre de l’Université, il fût fait une place à l’enseignement technique afin que l'Université ne fût pas fréquentée uniquement par une élite très restreinte d'esprits supérieurs, mais aussi par ces esprits de second ordre, qui, inaptes à planer sur les hauteurs de la spéculation pure, sont tout à fait capables de s'initier aux principes des sciences spéciales : droit, médecine, philologie, géologie, physique, mathématiques, et d’y exceller ; et ce ne seraient pas là sans doute les moins bons et les moins utiles des serviteurs de l’État : de cette manière tous les élèves qui auraient satisfait aux examens de l’école pourraient entrer à l’Université, sûrs d'y trouver, avec une multiplicité de cours satisfaisant à toutes les aptitudes, un enseignement qui leur convint; l'entrée à l'Université ne serait pas ainsi le privilège exclusif d’une aristocratie intellectuelle, elle serait, conformément à l'esprit de justice, accessible à tous ceux qui auraient acquis la culture générale de l’école. Enfin cette introduction à l'Université de cours spéciaux supérieurs, d'écoles supérieures en connexion les unes avec les autres comme kes
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4: Schleirmacher, S. W., Dritte Abtheilung. Zur Philosophie, I. Bd., Gelegentliche Gedanken über Universitäten.2, Von Schulen, Universitäten und Akademien, p. 551-567.
membres d'un grand Tout répondait, dans l'esprit de Schleiermacher, à une vue philosophique ; elle était comme le symbole tangible de cette union de la science positive (nature et histoire) et de la spéculation pure, de l'expérience et de la raison qui, à ses yeux, caractérisait la vraie philosophie et qui l’opposait à la philosophie de concepts, d'abstractions logiques et de formules vides dont Fichte, que Schleiermacher vise ici encore, avait, à son sens, fourni le type!.
Quant à l’organisation matérielle de l’Université, elle découlait de cette conception même, et elle s'accommodait assez bien de la division des Facultés qui était en vigueur : la Faculté de philosophie était le centre et la synthèse de tout l’enseignement universitaire, elle le dominait en maîtresse; les autres Facultés constitueraient les écoles de hautes études spéciales?.
Dans toutes ces branches de l’enseignement la libertéla plus complète devait être laissée aux différents maîtres ; ce serait folie de prétendre leur tracer un programme ou leur imposer une méthode ; d’ailleurs, quel maître digne de ce nom accepterait pareille servitude ? De plus, et toujours contrairement aux prétentions de Fichte, la liberté de l’enseignement devait être si entière qu’elle engendrât au besoin la rivalité des maitres, qu'aucun professeur n’eût le monopole de son enseignement et qu'un simple maître de conférences pût, au besoin, disputer ses étudiants au professeur titulaire ; Schleiermacher estimait enfin que le régime de l’Université devait être un régime démocratique, le seul conforme à l'esprit de la science : les curateurs de l’Université — qui se gouverneraitelle-même — seraient élus par l’ensemble des professeurs et à la majorité *.
Cette liberté, que Schleiermacher réclamait avec tant d'énergie pour les maîtres comme la garantie d’une science sincère et désintéressée, il la réclamait non moins énergiquement pour les étudiants ; et, ici encore, il entendait protester contre l’autoritarisme tyrannique de Fichte. Certes, il ne se dissimulait aucun des abus que l'exercice de cette liberté engendre : mais il estimait que ces inconvénients, d’ailleurs fortement exagérés par des esprits chagrins, et qu’il suffirait d’une police mieux faite pour prévenir, étaient une bagatelle au prix de la liberté; il proclamait hautement que la liberté portait en elle-même le remède aux maux qu'elle pouvait causer. Aussi Schleiermacher demandait-il non pas qu'on restreignit cette liberté, comme le souhaitait Fichte, mais qu’on l'étendit encore en supprimant — sauf pour les fautes purement disci-
1. Schleiermacher, $, W., Dritte Abth. Zur Philosophie, I. Bd, Gelegentliche Gedanken.. 3, Näühere Betrachtung der Universität im allgemeinen, p. 567-374 — 2. Ibid., 4, Von den Facultäten, p. 580-581 et 584. — 3. Zbid., #4, p. 587-588 et 599-602.
plinaires — les tribunaux académiques, qui étaient des tribunaux d'exception, et en soumettant les étudiants aux tribunaux de droit commun. Schleiermacher poussait le souci de respecter la liberté des étudiants jusqu’à justifier (par l’idée de la supériorité de la culture à l'égard de la masse des non-cultivés) leur esprit de caste et leur mépris, parfois brutalement exprimé, pour tousceux quin’appartenaient pas à Jleur classe et qu'ils traitaient de Philistins ; jusqu'à excuser même le duel, dont il atténuait la gravité au nom de l’honneur et sous le prétexte qu'il était des différends que l'État ne saurait trancher (comme les injures personnelles) et qui autorisaient à se faire justice à soi-même.
Tout en reconnaissant aux étudiants la plus entière liberté même en ce qui concerne la fréquentation des cours, Schleiermacher, d'accord en cela avec Fichte, insistait sur la nécessité, pour cettecommunication continue entre le maître et les élèves qui est la condition de tout enseignement, de constituer un corps d'élèves réguliers — et non pas de simples auditeurs de passage; — ces corps de réguliers pouvant d’ailleurs provenir des « séminaires spéciaux » d'ordinaire attachés aux sections de médecine, de théologie, de philologie, ou être formés directement par le professeur comme un corps de disciples ; l'institution de pareils corps de disciples suppléerait même aux séminaires officiels et mériterait les encouragements, au besoin l'appui pécuniaire de l'État?.
En appendice à cet écrit sur les Universités Schleiermacher examinait l'opportunité du choix de Berlin pour la création de l'Université nouvelle. On connaissait les objections pour les avoir maintes fois entendues, et Schleiermacher était loin d’en méconnaître la valeur : les mauvais exemples donnés aux étudiants par la jeunesse dorée ; le jeu, le vice et la débauche plus faciles dans la capitale de la Prusse que partout ailleurs * ; la cherté de la vie, du logement; la difficulté pour les étudiants de conserver à Berlin, au siège du gouvernement royal et de la haute magistrature, avec une police organisée, les mœurs particulières de leurs associations, l’immunité dont elles jouissaient ailleurs, voire leur tyrannie vis-à-vis des bourgeois de petites villes, et jusqu’à leurs costumes tapageurs. Les maîtres eux-mêmes qui, dans les anciennes villes universitaires, étaient des personnages, ne seraient-ils pas ignorés et perdus à Berlin ; leur autorité n’aurait-elle pas à souffrir du voisi-
4. Schleiermacher, S. W., Dritte Abth. Zur Philosophie, I. Bd., Gelegentliche Gedanken.…. 5, Von den Sitten der Universität, und von der Aussicht, p. 602-616. — 2. Ibid., 4, Von den Fakultäten, p. 590-592.
3. L’affluence était telle dans les temples de la volupté, affirmait Voss, que le nombre des prêtresses était trouvé insuffisant ; l’impudence des filles dans les rues insupportable. Des fillettes, à peine formées, se livraient aux étrangers. Les vices contre nature se répandaient. (Geiger, Berlin, 1688-1840. Geschichte des geistigen Lebens der preussischen Hauptstadt, II. Bd., 1. Buch, 7. Kap., p. 2387.
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nage de tant de savants illustres qui y résidaient? L'Université, qui était l’âme des petites villes, garderait-elle, dans la capitale, son rang et son éminence en face des autres corps constitués de l'État ? Schleiermacher répondait qu'il fallait placer l'Université au centre même de la vie nationale et des affaires, là où l'esprit des maîtres serait tenu toujours en éveil; là où déjà existaient, en fait, les principaux éléments de son organisation, les divers Instituts ou Écoles, les Bibliothèques, les instruments de travail, là où se recruteraient le mieux les maîtres les plus éminents, là où les étudiants eux-mêmes, se trouvant plus intimement mêlés à la vie publique, finiraient par perdre, au contact de la population d’une grande ville, les habitudes singulières et parfois déplorables de leurs corporations. Il suffirait que la police surveillât de près les lieux de prostitution et les maisons de jeux, qu’elle les fermât, dès qu'elle y aurait saisi des étudiants, ou prit d’autres mesures efficaces ; il suffirait aussi de déférer les délits commis par les étudiants aux tribunaux de droit commun et non plus à une juridiction spéciale ; peut-être même suffirait-il du sentiment de l'honneur que la haute culture doit développer chez les étudiants et, tout au moins, de l'influence personnelle des maîtres s'ils les attiraient dans leur intimité, pour préserver leur conduite! |
D'ailleurs l'essai d’une Université à Berlin pouvait être tenté d’abord à titre provisoire et, si on s’apercevait que les avantages ne compensaient pas les inconvénients, rien n’empêcherait de revenir aux vieilles coutumes. Si, au contraire, la tentative réussissait, on aurait alors fondé une organisation scientifique qui serait unique et dont la puissance étendrait son empire au delà des bornes actuelles de l’État prussien ; Berlin deviendrait ainsi forcément le centre de toute l’activité scientifique de l'Allemagne du Nord, aussi loin que s’étend le protestantisme ; et, de ce côté, l'État prussien acquerrait une base ferme et sûre pour la destinée que l'avenir lui assignait?. ;
Écrites « pour les circonstances », plus pratiques, plus souples que les vues du Plan de Fichte qui avaient la rigidité et l'abstraction de ses principes, les Pensées de Schleiermacher sur les Universités devaient finir par prévaloir; non sans une lutte ardente entre les deux grands professeurs, qui constitue l’histoire même des premières années de l’Université de Berlin. Cependant, sur l'heure, les Pensées de circonstance de Schleiermacher n’eurent pas plus de succès que le Plan déductif de Fichte.
4. Schleiermacher, S. W., Dritte Abth. Zur Philosophie, I. Bd., Gelegentliche Gedan-
ken... Anhang über eine neu zu errichtende Universität, p. 625-639, — 2. JZbid., p. 639-644. |
D. LES NÉGOCIATIONS Quand Stein, après le départ de Beyme, prit 1 | gs à de la direction des affaires, il confia bien à Fe Schrôütter le ministère de l’Instruction publique, mais il y conserva la haute main. Or, sur l'opportunité d’ériger une Université à Berlin, il différait profondément de sentiment avec son | prédécesseur. Lorsqu'en septembre 4807 Wolf l'avait entretenu de son projet, il lui avait répondu :
« Je ne suis absolument pas de votre avis; songez donc au nombre de bâtards que cela nous donnerait ici par an; et puis, ajoutait-il, nous sommes trop près de Francfort-sur-l'Oder. »
Tout au plus aurait-il accepté, comme lieu de l’Université nouvelle, Potsdam, ville moyenne qui n'offrait pas les inconvénients de la capitale. À vrai dire, uniquement appliqué à préparer la revanche militaire qui lui paraissait imminente et où la Prusse allait jouer son existence même, Stein estimait qu'il y avait, pour le moment, des mesures plus urgentes que l’organisation de l'Université.
Faut-il en conclure qu'il se désintéressât de l'éducation nationale ? Nullement. Autant que Fichte il attendait le relèvement de la Prusse d’une réforme de ses mœurs.
Au moment où, traité par Napoléon en ennemi mortel, décrété de prise de corps', Stein était mis dans la nécessité de fuir, le matin
1. Stein avait écrit le 15 août 1808 au prince de Sayn-Wittgenstein une lettre où il préconisait d'entretenir dans le royaume de Westphalie le mécontentement des esprits et proposait un plan d’alliances destinées à préparer la rupture de la Prusse avec la France. Le pli avait été confié à un certain Koppe. Arrêté par ordre du maréchal Soult, Koppe fut fouillé, ses bagages confisqués : la lettre de Stein tomba ainsi entre les mains des Français ; elle fut traduite, publiée et commentée d’une façon défavorable dans le Moniteur du 8 septembre, puis reproduite dans le Télégraphe de Berlin, (G.-H. Pertz, Das Leben des Ministers Freiherrn vom Stein, II. Bd., 1807- 1812, ur. Buch, vin. Abschnitt. Die Entscheidung, p. 230-232.) |
Dès que Stein fut averti de la publication, il comprit que Napoléon verrait en lui un adversaire redoutable et que son maintien au pouvoir serait dommageable au pays. Il alla trouver le roi et lui offrit sa démission. Le roi, pour prendre une décision, voulut attendre le retour de l'Empereur Alexandre, mais il crut prudent
- d'envoyer Goltz, son ministre des Affaires étrangères, à Erfurt à la place de Stein. (Zbid., p. 237.) |
En dépit de certaines assurances venues de Paris (d’une nièce de Stein, femme du ministre de Saxe, et de Daru même) qui présentaient l’événement comme sans importance aux yeux de l'Empereur (/bid., p. 237), Goltz put constater que l'affaire était grave : le ministre français des Affaires étrangères, Monsieur de Champagny, lui parla de Stein en termes amers et signifia qu’il ne pouvait rester à son poste, même si le roi avait encore besoin de ses services ; reçu le 2 octobre par Napoléon, Goltz entendit l'Empereur s'étonner que Stein püt oser manifester de pareils sentiments sans être puni, et lui déclarer que, s’il s'était abstenu de mesures de rigueur, c'était par égard pour l'Empereur Alexandre. Goltz effrayé écrivit à Stein pour lui conseiller de se retirer spontanément, de mettre ses biens sur la tête de sa femme ou de sa fille, de choisir son successeur et de rester dans la coulisse le conseiller du roi et même l'administrateur des finances; de sa décision dépendaient la conservation de ses biens et le salut du roi, car Napoléon s'était abstenu d’exiger son renvoi uniquement pour
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même de son départ il signait, en guise de testament politique, une circulaire datée du 24 novembre 1808 où, annonçant — sans en dire le motif — sa démission forcée, il rappelait à ses collaborateurs les principes de sa politique ‘.
Or, en ce qui concernait l'instruction publique, il leur faisait les. recommandations suivantes :
«Ici, comme en tout, c’est de l'éducation et de l'instruction de la jeunesse que nous devons le plus attendre. Quand, par une méthode fondée sur la nature intérieure de l'homme, chaque force de l'esprit sera développée du dedans, chaque principe noble de la vie stimulé et entretenu, toute culture dans un sens unique évitée, quand les penchants, Jjusqu'ici trop souvent négligés par basse indifférence seront soigneusement cultivés, ceux sur lesquels repose la force et la dignité de l'homme, l'amour de Dieu, du roi et de la patrie, alors nous pouvons espérer de voir croître une génération forte physiquement et morale-
juger — d’après ce que ferait le roi — de la politique qu'il voulait suivre. (/bid., p. 258-259.) Le 18 octobre Stein communiquait cette lettre au roi avec l’offre renouvelée de sa démission. Le roi persistait à attendre le retour d'Alexandre. Le tzar, dans une audience privée, donna le conseil à Stein de se retirer tout en restant dans la coulisse. (Zbid., 1x. Abschnitt. Die Entlassung, p. 260-262.) Et de nouveau, le 7 novembre, malgré l'émotion causée dans le public par l’annonce de sa retraite, malgré la supplique adressée au roi par un grand nombre de citoyens, de fonctionnaires, de propriétaires (/bid., p. 264), Stein renouvela sa demande. (/bid., p. 270- 271.) Une fois encore le roi différa son acceptation jusqu’à l’arrivée du comte de Goltz. Entre temps deux poésies de Süvern parues dans le journal de Künigsberg — tout à fait en dehors de Stein — et l’invitant à ne pas abandonner son poste, poésies reproduites dans le journal de Voss à Berlin, puis des démarches d’amis maladroits aggravèrent encore les choses. (Zbid., p. 273-276.) Le maréchal Davoust crut devoir informer Napoléon de ce qui se passait; il lui envoya même une prétendue justification. de Stein — œuvre de quelque ennemi — où le ministre érigeait en devoirs sacrés les principes de sa fameuse lettre. (/bid., p. 277.) La réponse ne se fit pas attendre longtemps ; dans les premiers jours de janvier 1809 le nouvel ambassadeur français apportait les dernières décisions de Napoléon. Par décret impérial en date du 16 décembre 1808, à Madrid, le nommé Stein, cherchant à exciter des troubles en Allemagne, était déclaré ennemi de la France et de la Confédération du Rhin ; les biens que le dit Stein pouvait posséder soit en France, soit dans les pays de la Confédération du Rhin, devaient être séquestrés ; le dit Stein saisi en personne partout. où il pourrait être atteint par les troupes impériales ou alliées.
Le décret fut publié en même temps dans toutes les parties de l'Allemagne occupées par les troupes françaises, et tambouriné sur les places publiques. (/Zb:d., IV. Buch, 1. Abschnitt. Die Achtserklärung, p. 319-320.)
Stein, dont la démission avait été acceptée par le roi, le 24 novembre, après le: retour de Goltz, dans les termes les plus flatteurs [sa retraite était présentée comme une nécessité, un devoir patriotique, et le roi lui exprimait, avec la douleur de se Séparer de lui, toute sa reconnaissance et toute son admiration], (Zbid., III. Buch, 1x. Abschnitt, p. 299-300) et dont l'intention était de rester à Berlin et à Breslau (Z6id., 1v. Buch, I. Abschnitt, p. 319), n’eut que le temps de fuir en sauvant ce qu'il put de sa fortune : il alla d’une traite à Buchwald en Silésie, chez des amis, puis à Prague et à Brunn. (/bid., p. 321, 322, 324, 326.)
1. R.Kôpke, Die Gründung der Kônigl. Fr.-W.-Universität su Berlin, 4, Beschluss und Zvweifel, p. 49, et G.-H. Pertz, Das Leben des Ministers Freiherrn vom Stein, IT. Bd., 1807-1842. 11. Buch, x. Abschnitt, p. 309.
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ment et s’ouvrir un avenir meilleur‘. » Mais quelque importance qu’il attachât, au point de vue national, à la culture de ces sentiments, il
4. G.-H. Pertz, Das Leben des Ministers Freiherrn vom Stein, II. Bd., im. Buch, x. Abschnitt, p. 313.
Et, dans un mémoire au comte Stadion qu’il écrivait plus tard de Brunn, où il s'était réfugié, en mars 1810, on lit :
«S'il y a des raisons de croire à un avenir meilleur, à une fin prochaine de l’état d’esclavage où nous vivons, nous avons d’autant plus le devoir de tremper et de fortifier les esprits en maintenant hauts et fermes les principes nobles, en combattant les sentiments d'esclaves, en réagissant de la sorte contre l'esprit du temps, je veux dire contre l’amour des jouissances, contre la paresse, contre l'impiété, en pourchassant les opinions et les principes qui se manifestent particulièrement et d’une manière si corruptrice dans les classes supérieures... Les écrits agissent sur les Allemands plus que sur d’autres nations à cause de leur amour de la lecture et du grand nombre d'hommes qui subissent de quelque façon l'influence des écoles publiques. L'amour de la lecture dans la nation est une conséquence de sa tranquillité d'âme, de son inclination à une vie intérieure, réfléchie, de sa constitution qui confie l'administration des affaires publiques non à la nation, mais à un petit nombre de fonctionnaires publics. Si donc le mal peut remporter un triomphe momentané par la force des armes, il peut, par contre, être extirpé par les idées et par l'opinion.
« Le nombre des écrivains est en Allemagne plus grand que dans aucun pays de l’Europe ; la multitude des institutions scientifiques fournit leur occupation et leur subsistance à une foule de savants. L'Allemagne a quatre académies des sciences et vingt-quatre universités; chaque ville un peu importante a son gymnase, les plus petites, une école de latin. On peut admettre qu’il y a cent gymnases et deux cents écoles de latin et, par là, calculer approximativement le nombre des savants exerçant dans ces établissements d'instruction. Chaque université compte au moins vingt maîtres, chaque gymnase quatre, chaque école de latin un, en tout mille quatre-vingts hommes avec la fonction exclusive d’enseigner la science. On peut estimer le nombre des étudiants pour chaque Université à deux cents, pour chaque gymnase à cent, pour chaque école de latin à trente ; quatorze mille huit cents jeunes gens fréquentent donc les écoles des deux premiers degrés ; six mille celles de troisième.
« Cette quantité de professeurs et de jeunes gens qui se consacrent aux sciences pour obtenir, grâce à elles, un moyen d'existence dans les écoles ecclésiastiques ou d'enseignement, trouve dans sa fonction, souvent aussi dans son désir d'améliorer sa situation économique, l’occasion de travaux littéraires...
« De tels chiffres rendent, dans une certaine mesure, sensible la grandeur de l'influence qu’exercent sur l’opinion publique les savants et la littérature, l'importance qu'il y à à s'emparer d’un levier si puissant, à ne pas laisser son application aux mains du hasard ou de l'ennemi ». (G.-H. Pertz, Das Leben des Ministers Freiherrn vom Stein, II. Bd., 1v. Buch, 1v. Abschnitt, p. 428-430). .
Enfin, dans un Mémoire sur les objets capitaux de l'administration de la Prusse (Denkschrift über die Hauptgegenstände der Preussischen Verwaltung), du mois de juin de la même année, Stein ajoutait :
« C’est donc sur les savants qu'il faudrait agir pour maintenir debout l’empire de la vérité et de la justice et pour contrebalancer l’action pernicieuse des misérables écrivains qui présentent comme bienfaisant l’état actuel des choses. » (G.-H. Pertz, Das Leben des Ministers Freiherrn vom Stein, II. Bd., 1v. Buch, vi. Abschnitt, p. 502.)
Il est sans doute difficile de ne pas reconnaître dans ces vues l'influence de Fichte. Stein n’avouait-il pas l’action exercée par les Discours à la Nation allemande sur les esprits des classes dirigeantes (G. Eilers, Meine Wanderung durchs Leben, Leipzig, F.-A. Brockhaus, 1856, I. Theil, p. 348), lui qui, pourtant, n’était pas suspect de tendresse pour les philosophes qu’il traitait volontiers de fous (Varnhagen von Ense, Denkwürdigkeiten des eignen Lebens, 11. Bd., Harren und Streben, Prag, 1811, p. 284-285) et qui s’était plaint un jour à Steffens de l'épidémie de spéculation creuse qui sévissait sur la jeunesse allemande (Steffens, Was ich erlebte, VII. Bd., p. 122) ; ne rendait-il pas ainsi hommage à l’un au moins de ces deux cerveaux allemands
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était trop l'homme du moment propice pour ne pas réserver, dans les conjonctures actuelles, toutes les ressources de l'État en vue de la lutte suprême.
Les inquiétudes de Stein au sujet du choix de Berlin comme siège de l'Université étaient d’ailleurs partagées par bien des pères de famille. On se demandait aussi dans quelle mesure la vie et les mœurs des étudiants étaient compatibles avec la présence du roi, si elles n'offenseraient pas sa dignité, si, finalement, ce choix ne serait pas plus préjudiciable qu'utile à l’Université, et A. de Humboldt pouvait écrire à Schütz, le 19 octobre 1807 : « Le grave problème sera résolu de savoir si le lieu de la résidence va être pour l'Université une cause de faiblesse, ou l’Université une cause de force et de plénitude pour le lieu de sa résidence ! |
Des débit ce se RER AtEUEt chez les professeurs de l'Université de Francfort-sur-l’Oder — la création d’une Université voisine et rivale allait léser leurs intérêts — pendant que les membres de l’Académie de Berlin considéraient la réunion de leur Institut à l'établissement nouveau comme une atteinte à leur dignité et à leurs droits, estimant qu'un académicien n'avait rien de commun avec un professeur d'Université *.
Telle était l'opinion qu’exprimait le Journal universel d’Augsbourg. Le 6 octobre 1807 il avait donné la primeur de la nouvelle de la fonda- . tion de l’Université de Berlin ; le 8 décembre son correspondant écrivait : « Les beaux plans ambitieux d'une Académie supérieure à Berlin, où les étudiants des trois Facultés recevraient leurs confirmations et leurs diplômes, paraissent maintenant tout à fait abandonnés. Depuis que M. von Stein est contrôleur général, tous ces projets se fondent en leurs éléments, car ce financier sévère croit nécessaire de commencer par satisfaire aux exigences les plus pressantes*. »
Mais, comme nous l'avons vu, à la fin de novembre 1808, Stein rendait le pouvoir à Beyme qui reprit le projet. Pour le mener à bien — au milieu de tant de difficultés de toutes sortes — il fallait une personnalité d'envergure; Beyme la trouva en G. de Humboldt*.
C'était, en même temps qu'un homme d’État, un savant de haute valeur. Formé à l’école de la nouvelle littérature allemande, versé aussi dans les lettres classiques, disciple de Kant, commentateur autorisé de Goethe, ami et confident de Schiller, linguiste pénétrant, il était un des guides du mouvement intellectuel. Boeckh, dans son dis- (Fichte et Schleiermacher), « raffineurs de subtilités, selon lui, qui avaient enflammé
le peuple à l’heure où il importait de combattre l'ennemi à l’aide d’armes spirituelles » ? (Steffens, Was ich erlebte, VII. Bd., p. 123.)
1. R. Kôpke, Die Gründung der Kônigl. Fr.-W.-Universität zu Berlin, 4, Beschluss und Zweïfel, p. 50. — 2. Zbid., p. 52-55. — 3. Jbid., p. 52. — 4. Jbid., p. 60.