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cours commémoratif prononcé à l’Académie des Sciences, faisait de lui le portrait suivant : « Il est difficile de trouver dans les temps modernes un homme qui ait manié à la fois les affaires publiques et la Science avec autant de largeur d'esprit, avec autant d’habileté. C'était un véritable homme d’État tout pénétré d'idées et qui se laissait guider par elles, — un homme d'État de haut vol, commé Périelès. Chez lui la philosophie et la poésie, l’éloquence et l’érudition en histoire, en philologie, en linguistique se fondaient en une harmonie que ne troublait aucun désaccord, en un équilibre admirable — ce qui est la marque de la maitrise la plus parfaite !. »
Il avait dit un jour, dans un ouvrage de jeunesse (/dées pour essayer de déterminer les limites de l’activité de l'État : Ideen zu einem Versuch, die Grenzen der Wirksamkeit des Staates zu bestimmen) : « À mon sens, l'énergie est la première et la seule vertu de l’homme ». On pouvait se fier à sa volonté pour mener à bien la mission qui lui était confiée. Stein, qui se connaissait en hommes, ne s'y était pas trompé et il portait sur lui un peu plus tard (en mars 1810, dans un mémoire au comte Stadion), le jugement que voici : | « La Prusse à confié la direction de ses établissements d'instruction et d'éducation à un homme qui possède un esprit supérieur et un grand caractère, à un homme qui, dans sa sphère d'action, use de ses qualités avec un glorieux dévouement ?. »
Parti de Rome où il était en mission, au milieu d'octobre 1808, sollicité, en janvier 1809, d'accepter un poste dans le nouveau ministère, nommé, le 20 février, par ordre du cabinet, directeur des Cultes et de l'Instruction publique avec le titre de conseiller d’État intime, G. de Humboldt se mit tout de suite à l’œuvre.
Il avait pu, auparavant, éprouver quelques doutes sur l'opportunité de fonder, à Berlin même, l'Université nouvelle ; mais il était homme de réalisation; 1l savait que les longues hésitations énervent la volonté; que rien de fécond ne peut en sortir. Il passa outre à ses scrupules et ne chercha plus que les moyens les plus rapides et les plus efficaces d'exécuter le décret du 4 septembre dont on s'était trop hâté de croire qu’il resterait lettre morte. Dès le 25 mars 1809, Suvern pouvait écrire à Schütz : « De Humboldt est tout occupé des plans de l'Université qu'on
1. R. Kôüpke, Die Gründung der Kônigl. Fr.-W.-Universität zu Berlin, 4, Beschluss und Zweifel, p. 50, Die Gründung, p. 61; voir aussi A. Boeckh, Ethwas über W. von Humboldt gesprochen in der ôffentlichen Sitsung der Kôniglich-Preussischen Akademie der Wissenschaften am 9. Juli 1885, gesammelte kleine Schriften, II, p. 213, und Festrede von 15. October 1856, a. a. O., II, 137.
2. R. Kôpke, Die Gründung der Kônigl. Fr.-W.-Universität su Berlin, 5, Die
Gründung, p. 61-62.