‹ Fichte et son temps (volume 2)Chapitre 43 sur 95 · Steffens, Was ich erlebte, NI. Bd., p · texte numérisé non relu

Steffens, Was ich erlebte, NI. Bd., p

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lent organe, il ne sait pas bien se servir de sa voix; mais, comme professeur d’Académie et, en particulier, comme professeur de philosophie, son exposition est parfaite, Il parle avec brièveté, simplicité, clarté, tout à fait comme dans l'introduction de la Destination de l'Homme ; on voit qu'il ne parle pas pour bien parler, mais ce qui lui importe uniquement, c’est le fond; il parle avec précision et dans un ordre si lumineux qu'il est impossible de ne pas le suivre. En outre, il parle lentement, avec des poses appropriées, si bien que chacun peut s’inculquer ses paroles et les méditer‘. » | Un maitre tel que Fichte imposait le respect, presque la crainte. Plus d’un de ses élèves devait ressentir ce « battement de cœur » auquel Twesten fait allusion, le jour où il alla, pour la première fois, lui rendre visite?; mais cet homme redouté savait être bon et affectueux, se faire adorer autant que craindre : il y avait vraiment en lui quelque chose de cette « puissance divine » que lui attribuaient ses étudiants dans des vers composés en son honneur quand, après ses Cinq Lecons sur la Destination du Savant, le jour anniversaire de sa fête, ils vinrent lui donner une aubade #. Fichte pouvait se croirerevenu aux jours d’Iéna où les étudiants proclamaient, en chantant à travers les rues, qu'il n’y avait qu'un Fichte comme il n’y avait qu’un Dieu #. | Mais, comme aux jours d'Iéna, sa nature combative, son tempérament dogmatique lui valurent des inimitiés, d'autant plus dangereuses qu'ils’agissait non pas de professeurs vieux et médiocres, mais d'hommes nouveaux qui se flattaient d'exercer sur la jeunesse, au nom d'idées nouvelles, une influence comparable à celle que Fichte avait jadis exercée. Et, cette fois, il ne sortit pas triomphant de la lutte : l'heure de la Théorie de la Science était passée, la vogue allait maintenant à la Philosophie de la Nature. |

D. OPPOSITION DE Dèsavantla fondation de l'Université, Fichte D 4° était entré en conflit avec Schleiermacher. Au cours des négociations préliminaires dans la

maison du ministre G. de Humboldt, après les conférences du 9 au 1% avril 1809, Fichte, voyant triompher contre les siennes les thèses de Schleiermacher qu'il avait vivement combattues, s'était retiré en décli-

4. Max Lenz, Geschichte der Kônigl. Fr.-W.-Universität su Berlin, I. Bd., 1v. Kap., p. 348 et note. Twesten’s Tagebuch vom 22. Okt., p. 37.

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