Steffens, Wasich erlebte, IV. Bd., p. 49 et
2. Ibid., p. 63. — Plus récemment Steffens avait assisté aux premières conférences de Fichte à Berlin, et il avait encore été dans l'admiration : « Le cours de Fichte était excellent, précis, clair, écrivait il ; je fus tout à fait empoigné par le sujet et je fus forcé d’avouer que je n’avais jamais entendu une pareille conférence ».
Il reconnaissait que cet homme « petit, trapu, avec ses traits tranchants, im es ratifs, en imposait ». « Sa parole, disait-il encore, était coupante et mordante ; déjà familier avec les faiblesses de ses auditeurs, il cherchait de toutes les manières à se rendre intelligible à eux. Il se donnait toutes les peines du monde pour prouver ce qu'il disait, mais, ici encore, son discours semblait être impératif comme un ordre qu'il fallait suivre aveuglément ; il prétendait écarter tous les doutes : « Messieurs, disait-il, concentrez-vous, rentrez en vous-mêmes ; il n’est question de rien d’extérieur à nous, mais tout simplement de nous-mêmes ». Les auditeurs ainsi sollicités semblaient vraiment rentrer en eux-mêmes ; quelques-uns changeaient de place ou se levaient. d’autres s’écroulaient sur eux-mêmes et fermaient les yeux, tous manifestement attendaient avec la plus grande attention le résultat de cette sommation. » (/bid., p. 79-80.)
3. Stetfens, Was ich erlebte, IV. Bd., p. 164. — 4. 7bid., p. 464-166.
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rochait maintenant à Steffens son orgueil, sa vanité ; il blâmait son
… Or, c'était ce Steffens-là que Schleiermacher proposait d’adjoindre à … Fichte comme second professeur de philosophie. De son côté Steffens avait le plus vif désir de professer à Berlin la Philosophie de la Nature. — Schleiermacher fit d’instantes démarches en sa faveur. Déjà, sous Li l'inspiration de G. de Humboldt, il avait écrit à Nolte en lui faisant de la 4 nomination de Steffens un « devoir de conscience »; il vantail son talent
= À avéré de professeur, sa capacité qui s’étendait à tout le domaine de la
physique et de la philosophie; il en appelait au témoignage de Reil et -de Wolf, qui avaient été comme lui ses collègues à Halle. Ils pouvaient attester, eux aussi, que les meilleurs élèves, dans toûtes les branches, ‘avaient passé par ses mains.
Froriep venait à la rescousse. Dès le 2 janvier 1808, il avait See AU - convaincre Beyme en lui assurant qu'il n’avait encore jamais rencontré | En. qui fût mieux doué pour éveiller l'esprit de la jeunesse, - pour la remplir d'enthousiasme à l'égard de la science. Après le départ de Humboldt, Schleiermacher revint à la charge; il - écrivit à Nicolovius que la nomination de Steffens s'imposait pour faire contre-poids à l’étroitesse d’un point de vue unique en philosophie É aussi bien qu'en physique. C'était aussi l'avis de Reil. Et, pour vaincre . les résistances des ministres qui alléguaient l'insuffisance du budget, . Schleiermacher offrait d'abandonner pendant deux ans 1000 T'haler de son traitement en faveur de Steffens; Reil et un autre collègue en feraient autant. Mais, en dépit de cette insistance, Steffens ne fut pas nommé ?. Si on acceptait les raisons que Steffens donne lui-même de son échec, il faudrait dire que sa résolution de traiter la Phïloso-
4. Steffens, Was ich erlebte, NV. Bd , p. 278-279. De la mésintelligence entre Fichte et Steffens nous trouvons encore la preuve dans une lettre écrite par Steffens à Fichte le - 2 novembre 1807. Steffens déclarait que, de trois sources absolument différentes, on lui avait affirmé que Fichte s'était prononcé publiquement contre sa nomination à l’Université de Berlin, et il lui demandait de confirmer ou d’infirmer ce bruit. Fichte s’en défendit en affirmant — ce qui était exact — qu’au moment où avait été élaboré ie projet d'Uni- . versité de Berlin, il ignorait qu'il eût été question d’y appeler Steffens, que sa nomi- . nation ait fait l’objet ‘d' une délibération et ait été l'objet d’une protestation. Quant à lui, ni dans les lettres qu’il avait reçues à ce sujet, ni dans celles qu’il avait écrites, le nom de Steffens n'avait été prononcé. Le bruit qu’il avait eu à se prononcer sur … cette nomination et qu'il y avait fait opposition était donc, de la source la plus sûre, un pur mensonge. Mais il ne cachait pas à Steffens sa haine contre la Philosophie … de la Nature et les raisons de cette haine qu’il aurait voulu voir partager par le — monde entier. (Fichte’s Leben, IL. Bd., Zweite Abth., XVI. 2. Sletfens an Fichte, 3 lamburg, den 2. Nov. 1807, et 3. Antwort von Fichte. [Aus dem noch vorhandenen … Concepte], p. 487-490.) 2. Steffens, Was ich erlebte, NI. Bd., p. 144. D. 5. R. Kôpke, 5, Die Gründung der Kônigl. Fr.-W.-Universität zu Berlin, 5 Die 4 Gründung, D: 19- 80.
Le one date dead il É
phie de la Nature à la manière d'une science autonome, fut alors considérée comme une folie!. | |
En réalité, on redoutait de confier cet enseignement à Steffens dont le culte pour la Philosophie de la Nature paraissait un peu intempérant. On préféra Solger, alors professeur à Francfort?. Solger n’était d’ailleurs pas un adversaire de Fichte; il tenait la balance égale entre Fichte et Schelling. Dès 1804, il avait écrit : « C’est une vraie volupté d'avoir appris à connaître et d’avoir pu comparer Fichte et Schelling, les deux plus grands hommes de notre temps en matière de philosophie »; mais, s’il admirait Schelling, il reconnaissait que personne n'exerçait sur les auditeurs une attraction comparable à celle qu’exercait Fichte, personne ne savait mieux que lui les mettre à la rude école de la méditation*, |
Que le choix du gouvernement ait été dicté par le désir de confier cette chaire à un homme moins partial et plus pondéré que Steffens, c'est ce qui résulte d’un rapport du ministre Schuckmann. |
En proposant au roi la création d’une seconde chaire de philosophie aux appointements de 1500 Thaler par an, il écrivait :
« Je ne prétends pas porter un jugement sur le système de Fichte, mais il est notoire que ce système n'a pénétré ni dans les sciences positives ni dans la vie. Tous les journaux critiques, un grand nombre d'écrits nouveaux montrent, au contraire, que le système de la Philosophie de la Nature institué par Schelling est maintenant celui qui domine. Je ne me risquerai pas, sans doute, à décider si ce système n'est pas surtout le jeu d’une imagination ingénieuse qui jongle avec des hypothèses ; mais il est certain qu’actuellement il pénètre assez généralement dans les sciences positives, qu'on l’y prend pour principe et que beaucoup de nouveaux ouvrages en médecine, en physique et en chimie ne peuvent être compris que si l’on est initié à ce système. Je considère donc comme nécessaire d'appeler un professeur de philosophie qui expose ce système, puisqu'il est indispensable, dans l’état actuel des sciences, à ceux qui étudient la médecine, la physique, la chimie, l'histoire naturelle*. » A
Mais, en ce qui concernait le choix du professeur, Schuckmann faisait toutes ses réserves :
€ Plus le parti des Philosophes de la Nature a obtenu déjà d'influence