‹ Fichte et son temps (volume 2)Chapitre 46 sur 95 · Stoffens, Was ich erlebte, VI. Bd., p · texte numérisé non relu

Stoffens, Was ich erlebte, VI. Bd., p

2. L. Noack, J.-G. Fichtè nach seinem Leben, Lehren und Wirken, III. Buch, p. 534.

3. Solger, Nachgelassene Schriften und Briefwechsel, éd. Ludwig Tieck et Fr. v. Raumer, Leipzig. F.-A. Brockhaus, 1826, I. Bd., p. 134.

4 R. Kôpke, Die Gründung der Kônigl. Fr.-W.-Universität zu Berlin, 6, Die beiden ersten Triennien, p. 99.

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ci, grâce à des hommes de réputation et de génie, moins je puis consi-

F dérer comme judicieux de ratifier leur proposition. S'il ne s’agit que … d'exposer le système et sa terminologie pour comprendre des cours sur

- d’autres sciences où il s’est introduit peut-être à leur désavantage, le 1 professeur Solger pourrait suffire. Mais on veut plus. On réclame un - prêtre enthousiaste de cette doctrine, qui, par sa préparation philoso-

phique, ne forme les étudiants que pour les seuls disciples de l’École. Et cela, je le tiens pour très fâcheux". »

La chaire de Philosophie de la Nature fut donc créée sur l’intervention personnelle de Schuckmann, après un an de négociations.

La création de cette chaire, rivale de la chaire de Fichte, donnait à

Schleiermacher gain de cause sur la question de principe, sinon sur la

question de personne. Pour la seconde fois depuis les négociations relatives à l’Université, Fichte se trouvait mis en échec. Mais cette lutte

d'influence ne faisait que commencer. Au moment même où on serait

tenté de chercher le maximum de l’action exercée sur ses contemporains par les idées de Fichte, deux ans après les Discours à la Nation allemande, l'influence de Fichte apparaît contestée, contrariée, contrecarrée; en pleine force de l’âge et du talent, ilapprend à connaître l'humiliation des abandons, comme si l'heure du déclin avait déjà sonné pour lui. Fichte allait subir à l’Université de Berlin la plus cruellé des épreuves qui püt atteindre son orgueil : il n’était plus discuté, il était démodé.

4. R. Kôpke, Die Gründung der Kônigl. Fr.-W.-Universität zu Berlin, Urkunden 1802 bis 1816, 47 ; 1. Mürz 1812. Bericht des Geh. Staatsraths v. Schuckmann

an den Staatskanzler v. Hardenberg über das Gesuch um Anstellung eines Professors der Naturphilosophie, p. 233.

À, LES PREWIERS CON- Nous venons de voir quelle lutte d'influence

FLITS. se manifestait, au sein même de l'Université

nouvelle; nous avons dit le succès remporté

par les adeptes de plus en plus suivis de la Philosophie de la Nature contre l’auteur de plus en plus délaissé de la Z’héorie de la Science.

Rien de caractéristique à cet égard comme l'élection de Fichte au Rectorat, le 17 juillet 1810. Que ce soit dans un esprit de combat et pour prendre la mesure de son influence, ou simplement pour déférer. aux vœux d'un certain nombre de collègues désireux d'affirmer sur son nom leurs préférences pour ses idées et leur respect pour sa personne, peu importe, le fait significatif c’est la candidature de Fichte au Rectorat, lors de la première élection, quand fut expiré le mandat de Schmalz, le recteur nommé directement par le roi, à l'ouverture de l'Université. Et non moins significatif le fait qu'en dépit de toute sa célébrité Fichte n’obtint qu'une voix de majorité, après une lutte des. plus chaudes. Il fut élu par onze voix contre dix données à Savigny.

Ce triomphe précaire va d’ailleurs s'achever en déroute. Les deux partis qui s'étaient affrontés dès les négociations pour la fondation de l'Université, par le Plan déductif de Fichte, d'une part, par les Pensées de circonstance, de Schleiermacher, d'autre part, ne désarment pas. Fichte prétend tout régenter, tout bouleverser; il se montre de plus en plus absolu dans ses idées, de plus en plus violent contre ceux qui lui résistent ; il trouve en face de lui des adversaires exaspérés par ses procédés tyranniques, inquiets des dangers que pouvaient faire courir à la prospérité de l’Université nouvelle la rupture avec les traditions universitaires et les habitudes invétérées des étudiants. Et c’est pendant deux ans un Conflit permanent, un conflit aigu et âpre, un conflit démorali-

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