Ibid., p
3. 1bid., Nr. 40, Teplitz, den 7. August 1810, p. 94, et Nr. #1, Berlin, den 4. Dezember 1810, p. 95. — Le 7 août 1810, Fichte écrivait de Teplitz à son pére : « Si tout se passe comme j'y compte, je viendrai vous voir lundi prochain, 13 au soir, avec les miens et je passerai encore avec vous la plus grande partie du 14. »
Le 4er décembre, il lui écrivait de Berlin : « La nouvelle de votre accident m'a douloureusement ému, comme nous tous ; mais j'espère qu’il n’aura pas de suites fâcheuses pour l’avenir de votre santé » (p. 95).
. 4, Ibid Dans une lettre du 8 juin 4797 datée d’Iéna et adressée par Fichte à. Gotthelf nous lisons : |
« Ich erwarte die Auszahlung von 4. pro Cent, welche ich selbst an meine Frau deren Schwester dieses Geld gehôrt, aus meinem Beutel bezahle — abgeredeter Maassen an meinen Vater, als eine kleine Pension — ganz allein zu seiner eigenen Erleichterung bei seinem Alter ; besonders dass er nicht mehr so schwere Lasten trage ». (Nr. 21, p. 64.)
Il s’agit de l'intérêt d’une somme dont Fichte avait fait l'avance à ses frères pour leur commerce. ®
Une lettre du 21 août 1798 confirme l'institution de cette pension :
« Mehrere Gründe haben mich verhindert, Deinen Brief früher zu beantworten. Ich hoffe, dass es jezt mit euerm Unternehmen besser geht? Dass Ihr den Vater mit hineingezogen, ist mir nicht ganz recht. Er hat nun gesorgt, und gearbeitet genug, und meine Absicht war nicht, dass die kleine Pension, die ich ihm zu geben vermochte, als ein Theil des Handelscapitals betrachtet würde, sondern dass er sie in guter Musse: genûüsse.. » (Nr. 24, p. 68.)
avait parfois quelque mérite à le faire, car, avouait- il en août 1798 àson . frère Gotthelf, ses honoraires étaient trop maigres pour lui permettre de. 2 se payer le chauffage et l'éclairage !. On se.souvient de la maladie de neuf 4
mois qui lui avait interdit tout travail et l’avait privé de tous les émoluments ajoutés à la pension royale que la pénurie du trésor rendait singulièrement modeste. Un jour même, le 10 mars 1809, Fichte, contraint à des dépenses extraordinaires, se trouva dans une situation si gênée qu'il ne put plus envoyer à son père d'argent liquide; il tint du moins à ce que le vieillard ne souffrît pas de sa pauvreté; il exigea de ses frères qu'ils lui servissent, en son nom, la pension accoutumée ; il leur avait autrefois avancé pour leur commerce une somme dont, depuis quatre ans, à cause de la difficulté de leurs affaires, il n'avait pas touché les intérêts ; ce n’était pas trop exiger d'eux que de leur demander ainsi
une part de leur dette?. Le petit Hermann, apprenant les soucis de ses
1. Moritz Weinhold, Achtundvierzig Briefe von J.-G. Fichte und seinen Verwand- :
ten, Nr. 24, Iena, d. 21. August 1798, p. 68. 2. Ibid., Nr. 36, Berlin, den 10. März 1809, p. 90-91. — « Näher gehen mir die Uebel, die Sie schon erlitten haben, und die Folgen davon. Obwohl der Kônig
für mich, und andere ausser Dienst gekommene Gelehrte alles thut, was die
eigne beschränkte Lage des Staats verstattet, so bin ich dennoch durch eine dreivierteljährige Krankheït, in der ich nichts habe arbeiten (es wird darum zu Ostern nichts von mir erscheinen, noch verdienen kônnen, dagegen ungewôhnlich hohe Ausgaben gehabt, in Umstände gekommen, dass ich dermalen baares Geld nicht entbehren kann. Aber Bruder Gottlob hat seit dem Jahre 1805, keinen Termin abgetragen ; auch hat er seitdem kein Lebenszeichen von sich gegeben, und keine Anfrage an mich ergehen lassen; ob ich etwa die Fortsetzung der Zahlungen verlangte., Wie es mit Abtragung der bedungenen Zinsen an Sie von jeher gehalten worden, ist mir gleichfalls nicht unbekannt. Ich hoffe daher nicht. dass es ihn übereiïlen heisst, wenn
ich von ihm fordere, dass er so schleunig als môglich einen Termin von 50. Rthlr an
Sie auszahle. » (P. 90-91.)
Le même jour, en conséquence, il écrivait à son frère :
« Ich hoffe, Du wirst es selbst billig finden, wenn ich Dich auffordere, so schleunig, als es Dir irgend môglich ist, an unsern Vater einen der seit 1805, ausgesetzen Termine von 50. “Rthir. auszuzahlen. Ich ersehe aus dessen Schreiben, wie das auch ohne dies zu erwarten war, dass derselbe durch den franzüsischen Krieg und die Kriegssteuer in seiner Nahrung sehr zurückgesetz worden ; so dass ich selbst aus meinem Beutel einen Vorschuss machen würde, wenn ich nicht durch dreivierteljährige Krankheït und Verdienstlosigkeit selber in eine enge Lage gekommen wäre. » (Zbid., Nr. 37, Berlin, den 10. März 1809, P: 91-92 )
Déjà, en 1803-1804, Fichte, on s’en souvient, après trois ans de travail ininterrompu à la Théorie de la Science et sans fonctions lucratives, s’était trouvé dans une situation si gèénée qu'il avait dû avoir retours aux bons offices de Schiller et de Gæthe pour hâter la solution du procès engagé contre l’acquéreur de sa maison d'Iéna et obtenir qu’il versât au moins une partie des fonds (Voir Fichte et son Temps, T. II, Ch. 1x, p 373 sgq.) — Nous ignorions alors — ce que nous révèle une lettre inédite publiée par Hans Schulz dans la Correspondance de Fichte — qu'il avait déjà dû faire appel à ses frères. Il écrit, en effet, à Gottlob, à la date du 21 juin 1804, qu’ «il lui rendraït un grand service s'il pouvait lui envoyer le plus tôt possible les dix Louis d’or dont l'échéance tombait à la Saint-Jean ; il en avait besoin pour combler un déficit dans la caisse de son ménage ». (Hans Schulz, Fichtes Briefwechsel, IT. Bd.. Nr. 495. Fichte an den Bruder Gottlob, Berlin, d. 21. Juni 1804, p. 386.) — Il cherchait aussi des pensionnaires qu'il aurait élevés avec son fils conformément aux principes exposés dans ses Aphorismes sur l'Éducation. (Sur ce pro-
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3 grands-parents, avait aussitôt voulu leur envoyer toutes ses économies È de l’année, quatre Thaler, afin qu’ils pussent fêter la Noël et boire un … verre de bon vin pour se restaurer !.
…. Quand, deux ans plus tard, au mois de juillet 1849, le vieillard fut atteint de la rechute qui devait l'emporter, Fichte, dont la situation s'était améliorée avec son retour à la santé, fit tous les sacrifices en vue d'adoucir les derniers moments de son père ; à plusieurs reprises, il lui adressa des sommes importantes?, en tout plus de deux cents Thaler:. Il tint aussi à calmer les inquiétudes de son père mourant au sujet du sort de sa mère ; il lui promit de veiller à ce qu’elle eût, jusqu’à la fin de ses jours, la jouissance du revenu de son petit avoir — renonçant personnellement à tout partage immédiat et se faisant fort d'obtenir
pareille renonciation de ses frères et sœur #. Si, en dépit de son vif désir, il ne put venir avec sa femme le soigner Jui-même, retenu par ses devoirs professionnels, il tint à lui exprimer de loin toute sa commisération ÿ.
A la lettre où le vieux Christian annoncait à son fils sa fin prochaine, Fichte répondit en ces termes :
« J'espère, mon cher père, que vous vous rétablirez encore, que vous demeurerez encore au milieu de nous, que je vous verrai encore. Je ne puis me faire à l’idée de votre fin possible... Au cas, cependant, où la volonté de Dieu serait de vous rappeler à lui et où ces lignes vous trouveraient encore en vie, je vous fais mes adieux jusqu'au revoir dans un monde meilleur, avec tout RS avec toute la vénération que j'ai toujours eus pour vous. »
Jeanne, qui n’avait pas à faire effort pour se ti à l'unisson
jet. voir aussi Fichte et son Temps, T. IT, ch. 1x, p. 374 5qgq.), et pour l'entretien desquels il demandait au moins 100 Thaler. (H. Schulz, Fichtes Briefwechsel, II. Bd., Nr. 492 a [1804, Berlin], Fichte an Smidt, p. 376-377, lettre inédite.)
Cette fois la situation de Fichte n’Ctait pas moins précaire, et, pour lui permettre de vivre, Guillaume de Humboldt. alors ministre de l’Instruction publique, avait dû, par une lettre en date du 40 mai 1809, prier le roi de lui verser le solde de son traitement de professeur à Erlangen que le gouvernement avait décidé de lui continuer jusqu'à ce que les circonstances permissent de lui attribuer une autre chaire, mais dont il n'avait pu, à cause de sa situation financière, lui verser jusqu'alors que des acomptes. À l'appui de sa demande, G. de Humboldt faisait valoir au roi que Fichte, à la suite de sa longue maladie et de l'impossibilité où il avait été de travailler,
. Se trouvait dans une situation angoissante et que seules sa discrétion et sa délicatesse l’avaient retenu d’adresser lui-même cette prière au roi. (Franz Frôhlich, Fichtes Reden an die deutsche Nation, p. 105-106)
4. Moritz Weinhold, Achtundviersig Briefe von J.-G. Fichte und seinen Verwandten, n° 38 (Lettre de Jeanne Rahn)}, Berlin, den 18. December 1809, p. 93.
2. Jbid., n° 42 (Lettres de Jeanne et de Fichte), Berlin, d. 47. July 1812 p-9% 61100; — 3. Ibid, n° 45, Berlin, den 49. Okt. 1812, p. 105. — 4. JZbid., n° 42, Berlin, d. 17. July 1812, p. 97-99. — 5. Zbid., p. 99 et 43 (Lettre de Jeanne), Berlin, den 10. August 1812, p.100. — 6. Zbid., 42 (Lettres de Jeanne et de Fichte), Berlin, den 17. July 1812; p. 97-98.
des sentiments du vieillard, avait ajouté à la lettre de son mari lés lignes suivantes :
« Vous vous imaginez facilement, cher et bon vieillard, la peine profonde avec laquelle nous avons appris la nouvelle de votre grave maladie. Que Dieu vous fortifie; que Dieu vous assiste. Si c'est sa sainte volonté, qu'il vous conserve à nous longtemps encore ; si ce n’est pas sa volonté, qu’il vous accorde la grâce de partir en paix pour un monde meilleur, où nous serons plus près de lui, où nous pourrons l’adorer et le glorifier mieux encore, où nous nous retrouverons tous. Je me représente avecune joie, avec une ivresse profonde Le temps bienheureux où, nous aussi, nous partirons et deviendrons dignes de contempler et d'adorer Dieu de plus près, d’une manière plus intime.»
À son tour elle l’assurait — en ce qui concernait les choses terrestres — que son mari ne permettrait pas qu'on enlevât à sa bonne mère quoi que ce fût ; que, jusqu'à la fin de ses jours, elle resterait en possession de tout ce qu'il laissait ; elle ajoutait même, dans un sentiment plein de délicatesse, que son mari et elle continueraient à lui faire la même pension, afin qu’elle püût vivre en toute tranquillité?.
Fichte et sa femme firent ce qu’ils avaient promis. Ils commencèrent par forcer un frère récalcitrant, qui voulait l’ouverture immédiate de la succession, à respecter les volontés du vieux Christian, en menaçant de faire valoir leur droit à récupérer les avances qu'ils avaient consenties, ce qui suffit à calmer toutes les convoitises ?. |
Personnellement, ils continuèrent à verser à leur mère, füt-ce au prix de leur bien-être, la pension qu'ils servaient jusqu'alors à son mari.
Une lettre de Marie-Dorothée, veuve Fichte, à Jeanne en fait foi. .:
« Ma bien-aimée fille, lui écrivait-elle, je viens de recevoir votre chère lettre et son contenu ; je vous remercie de tout cœur ; ce n’est point avec indifférence, c'estavec une émotion profonde, c’est en priant et en remerciant Dieu que jeluirends grâce, comme d'un bienfait de sa providence, de m'avoir donné pour fille une âme bonne comme la vôtre. Je le sens et je le crains, ce n’est pas seulement votre superflu que vous consacrez à me venir en aide ; je connais le malheur des temps et tous les sacrifices qu'il exige ; je puis, à coup sûr, en conclure que mon cher fils a dû être, dans ses moyens d'existence, considérablement diminué et j'en augure que, par amour pour moi, vous allez vous imposer des privations‘. »
Dans l'expression d'une pareille gratitude, d’une gratitude un peu humble à l'égard de celle-là même qui avait été entre Fichte et sa mère
1.Moritz Weinhold, Achtunavierzig Briefe von J.-G. Fichte und seinen Verwandien, 42, Berlin d. 17. July 1812, p. 96-97. — 2. Zbid., p. 97. — 3. JZbid , n° 45, Fichte an Gotthelf, Berlin, d?n 19. Okt. 1812,p. 105. — 4. Zbid., n° 47, den 2. Decbr. 1813, p.109-110.
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LES COURS DE 1812-1813. | al
l’involontaire occasion d’une pénible rupture, il semble que l'on perçoive comme l'accent d’un repentir et le désir d’une réparation. En tout cas, c'était pour notre philosophe une satisfaction de voir que sa femme et lui, à force de générosité et d'affection, avaient réussi à
triompher des préventions les plus obstinées, à effacer jusqu'au souvenir d’un passé douloureux.
FICHTE ET SON TEMPS (Ill). 46