‹ Fichte et son temps (volume 2)Chapitre 57 sur 95 · Fichte’s Leben, I. Bd., ur, 8, p · texte numérisé non relu

Fichte’s Leben, I. Bd., ur, 8, p

sans en tirer parti cause leur perte. À l'heure qu'il est une pareille . occasion s'offre à l’histoire de l'univers. L’instant est venu où la . liberté de l’Europe peut être sauvée. Les États qui le saisiront retrouve- . ront leur indépendance, ceux qui le laisseront passer resteront à jamais . dansles fers et ils ne sont pas dignes d’un meilleur sort. Napoléon disait

à Varsovie : « Le 6 octobre, j'étais encore maître de l'Europe; mainte-

nant, je ne le suis plus », et c’est la vérité. Napoléon comprend sa situa-

tion. Comprenons-la aussi. La Némésis s'est réveillée. Le bien doit

encore une fois triompher du mal, la liberté de la tyrannie, la vérité du mensonge... Tout ce qu'il y avait de bon et qui était dans l'oppression ya se redresser et reconquérir sa place. Et toi aussi, ma patrie, relèvetoi et conquiers le rang qui t’appartient de par la culture de ton peuple.»

Le 25 décembre, Hardenberg, sur l’ordre du roi, convoquait à son conseil Knesebeck, avec Ancillon et, le 26, il transmettait au roi un court rapport sur le résultat de cet entretien :

« Enfin le moment est venu où il faut que la Prusse agisse, agisse rapidement pour reconquérir son indépendance et secouer le joug sous lequel elle languissait jusqu'alors. Non seulement les intérêts de l’avenir, la situation géographique de la Prusse, les dangers qui menacent la personne du roi et tout l'entourage de la maison royale exigent impérieusement cette résolution, mais la nation entière attend avec impatience de voir le gouvernement agir avec énergie; déjà beaucoup de voix se sont élevées dans ce dessein : si le gouvernement s’y refuse, il y aura lieu de craindre des troubles et un mouvement populaire?. »

Partout c'était le même écho. Le roi, d'humeur pourtant pacifique, était d'accord avec ses ministres, avec son peuple. Le 28 décembre, il écrivait au chancelier qu’ilne pouvait y avoir de dissentiments qu'en ce qui concernait l’heure et les moyens de l'utiliser.

L'un de ces moyens consistait d’ailleurs à paraître rester temporairement fidèle encore à l'alliance française afin de mieux dissimuler les préparatifs militaires ou diplomatiques de la guerre pour l'indépendance.

Le roi et le gouvernement jouèrent ce rôle en maîtres. Tout le monde y fut trompé : non pas seulement la France, mais le peuple prussien lui-même. | :

Ce fut donc pour tous ceux qui se fiaient aux apparences une surprise quand le roi, parti brusquement pour Breslau, le 25 janvier 1813, lanca, neuf jours plus tard, le 3 février, son Appel à la jeunesse prussienne de

1. W. Oncken, Das Zeitalter der Revolution, des Kaiserreiches und der Befreiungskriege, Berlin, Grote’sche Verlagsbuchhandlung, 1886, IL. Bd., siebentes Buch, VI; Friedrich-Wilhelm's Entschluss zum Befreiungskrieg, p. 549-550.

2, Jbid., p. 550.

na.

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