‹ Fichte et son temps (volume 2)Chapitre 61 sur 95 · PIRE · texte numérisé non relu

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Schrift), il songeait à édifier cette théorie de l'État idéal et il notait aw passage les idées qui lui venaient à l'esprit. Quelques mois plus tard, dans le courant de l'été, après les batailles de Lutzen et de Bautzen, grâce: à la conclusion de l'armistice du 4 juin 1813, que la médiation de l’Autriche et l'habileté de Metternich avaient rendu possible, la plupart des étudiants purent rentrer à Berlin, et l'Université rouvrit ses portes. Et. ce fut comme la nouvelle Charte de la future Allemagne que, dans ses lecons de l'été 4813 sur la Théorie de l'État (Die Staatslehre), Fichte: présentait à ses auditeurs.

Dans une « Introduction générale » Fichte D 0 une fois encore, l'esprit de la Théorie de la Science à la philosophie à la mode, à la Philosophie de la Nature : il voyait dans cette renaissance simultanée du dogmatisme et du mysticisme une « non-philosophie » (Unphilosophie). De plusen plus soumise à l'influence de la physique mystique. de Ritter, de la médecine mystique de Baader, de la théosophie mystique de Jacob Boehme, la Philosophie de la Nature dégénérait en une théogonie mystique qui ne reculait pas même devant les pratiques de la magie. Tout le progrès de la philosophie avait consisté à s'élever des croyances théosophiques et des arts magiques jusqu'à la hauteur de la raison, et voici qu'avec Schelling elle retombait dans l'enfance, qu’elle renonçait à la critique pour ressusciter les mythes d'autrefois !.

L'Idéalisme transcendantal de la Théorie de la Science, s’il a fait dépendre l'être du savoir, n’a pas méconnu l'existence de l’Absolu. Il refuse seulement de réduire l’Absolu à une donnée immédiate, à une intuition; pour lui, l’Absolu dépasse toute donnée, c'est un. Idéal, l’objet infini de la raison ; Idéal qui est la réalité suprême, Dieu. Toute notre vie spirituelle n’est que l’instrument de sa révélation.

Le progrès de l'Idée dans le monde est bien la conquête de notreesprit. Dès lors, sous l'empire de la causalité du concept, sous l’action génératrice de l’Idéal, la nature se transforme, elle devient la matière même de notre liberté, le lieu de la réalisation de nos devoirs. Elle acquiert ainsi la vérité qui lui manquait jusque-là.

Cette vérité n’est pas dans ce qui est donné actuellement, elle est dans. ce qui doit être — qui est à la fois idéalement et éternellement. Dans. la mesure où notre volonté est morale, c'est-à-dire conforme au divin, la nature qu’elle informe devient l’incarnation de Dieu, l’Idéal moral rendu. visible, le Règne des Fins*.

4. Fichte, S. W., IV. Bd., Die Staatslehre, oder über das Verhältniss des Urstaates gum Vernunftreiche, in Vorlesungen, gehalten im Sommer 1813 auf der Universität. zu Berlin, Erster Abschnitt, allgemeine Einleitung, p. 369-380.

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