‹ Fichte et son temps (volume 3)Chapitre 102 sur 107 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Les Traits caractéristiques du temps présent, les Leçons sur l'Essence du Savant, l'Initiation à la Vie bienheureuse rappellent le poème de Dante : la philosophie de Fichte a maintenant son Enfer, son Purgatoire, son Paradis".

Ainsi s’exprimait à peu près Schelling, profondément irrité des attaques répétées de son ancien maître, et qui s’apprêtait à faire un éclat. | ù

Après la publication des Leçons sur l'Essence du Savant (1805), dans un compte rendu paru en 1806 dans le Journal littéraire universel d'Iéna, il avait sans ambages accusé Fichte de contredire ses propres principes et d’avoir changé de doctrine pour adopter la Phïlosophie de la Nature; il lui reprochaït en outre de s'être fait, inconsciemment d’ailleurs, une conception manifestement absurde et fausse de cette philosophie et d’avoir cherché à propager cette interprétalion erronée. |

Ce n’est point un mystère que la philosophie critique refusait jusqu'alors de partir de l’Absolu; qu’elle. opposait l’être, rejeté par elle dans le domaine de l'inconnaissable, à l'acte, comme sa négation même. Or, Fichte, dans ses Leçons sur l'Essence du Savant, affirmait dans l’Absolu l'identité de l’acte et de l'être; il partait de cet Absolu même, comme de la seule réalité. Se plaçant maintenant en Dieu, — contrairement à ses anciens principes, — Fichte rencontrait le problème embarrassant de l’existemce du monde. Comment expliquer cette existence? Deux solutions se présentent : l’idée que

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