‹ Fichte et son temps (volume 3)Chapitre 47 sur 107 · XXIIL. Bd., 3. Heft, p · texte numérisé non relu

XXIIL. Bd., 3. Heft, p

‘2. Fichles Leben, II. Bd., Zweite Abth., IV, 15, Fichte an Schelling, Berlin, den 6. Sept. 1800, p. 313.

3. Ibid., IV, 17, Fichte an Schelling, den 13. Sept. 1800, p. 319-320.

4. Schelling écrivait, en effet, à Fichte, le 19 nov. 1800 : « Pour le dire en passant, l’entreprise de Schlegel, pour ce qui concerne Cotta du moins, à ce que je remarque, est différée, c’est-à-dire abandonnée, et il est juste que des hommes comme celui dont je hais depuis longtemps la façon de répéter et d’outrer les jugements des autres n'aient pas au moins à eux d’organe critique. Son frère, qui a un jugement à lui, et Tieck sauront bien s’en créer un. » Fichle’s Leben, II. Bd., Zweite Abth., IV, 21, Schelling an Fichte, Iena, den 19. Nov. 1800, p. 326.

beau présenter à Schelling de très douces remontrances, Schelling : persista dans son refus; au moment d’ailleurs où Schlegel insistait pour le retenir, il avait déjà fait parvenir à Fichte et à Cotta des lettres sur lesquelles il ne pouvait plus revenir. Schlegel ne voulait pas prendre acte de l’incorrection qu’il avait commise en retirant sa parole; il espérait un revirement ultérieur, tout en déplorant la perte de forces que son départ allait causer au nouvel /nstitut.

Si Schlegel montrait si peu de rancune envers les procédés de Schelling, c’est qu'au fondil en attribuait à Fichte toute la responsabilité. Il savait quels soupçons avait Fichte au sujet des sentiments

que leur cercle professait à son égard et dont Fichte avait cru voir

un témoignage dans le persiflage de la Destination de l’homme par Schleiermacher*. |

Il ne se trompait pas, s’il faut en croire ce que son ami Schleiermacher lui écrivait, le 14 octobre, de Berlin où il était bien plaes pour le savoir.

« La nouvelle du procédé de Schelling m'a surpris à coup St et d'autant plus qu'il avait commencé par écrire à Fichte « qu'il était lié vis-à-vis de Cotta plus fortement encore que nous autres par un contrat particulier ». Je ne pouvais pas bien alors m'expliquer pourquoi; quoi qu'il en soit, je pensais qu'il lui eût fallu rougir d'autant plus devant Fichte (de rompre ce contrat). Et Fichte luimême ne peut être lavé de quelque duplicité; il me semble qu'après un pareil procédé on ne peut plus songer pour cette entreprise à une union future. Il ne vaut pas la peine de faire des conjectures sur la nature des ouvertures de Fichte qui ont produit la retraite de Schelling. Cependant l’idée de Fiçchte est très claire : il veut rompre notre association, mais petit à petit seulement, auparavant il veut également écarter le plan de fortune (Nothplan) d'Unger et constituer ensuite un nouveau plan d'ensemble dont il soit le seul maître. Peutêtre de telles considérations ont-elles déjà suffi pour persuader Schelling, peut-être aussi des considérations pécuniaires, — si Schelling est, ce que j'ignore, très accessible sur ce point, — car Fichte m'a fait observer souvent RD avait offert des honoraires infiniment plus considérables ?. | |

Quelles que fussent les raisons qui motivèrent le changement d'attitude de Schelling, sa retraite consomma l'échec de l’entreprise de Schlegel. Schelling avait écrit à Côtta sa résolution définitive et son

1. Aus Schleiermacher’s Leben. In Briefen, éd. W. Dilthey, III. Bd., 1, A.-W. Schlegel a0 Schleiermacher, Gotha, den 5. Oct. 1800, p. 233-234.

2. Lettre inédite de Schleiermacher à A.-G. Schlegel, Berlin, 14 oct. Manuscrit de la AE royale de Dresde, vol. 25 (voir Appendice VIN).

espoir d'éditer en commun avec Fichte un journal comprenant tout

.ce quiavait rapport à la philosophie, principalement aux sciences de a nature, mais aussi à la mathématique, à l’histoire *. Cependant

telle était l'estime où Cotta tenait Fichte, tel son désir de gagner un pareil collaborateur, que, dans l'espoir d’obtenir le dépôt de la publication projetée par les deux philosophes ?, il préféra finalement, après quelques tergiversations, abandonner le plan de Schlegel*. Schlegel ne put pas même protester, car il avait été le premier à faire du con-

cours de Schelling une des conditions nécessaires de la réalisation

de son projet *. Il ne lui restait plus, s’il voulait poursuivre l’entre-

prise, qu'à chercher un autre éditeur, et c’est ce que lui conseillait

vivement Schleiermacher.

« Il y a ici, lui écrivait-il, dans une lettre inédite du 14 octobre 1800, il y a ici un jeune libraire, du nom de Reimer, qui a quelque bien; très honnête homme, il s'intéresse au bon côté de la littérature. C’est, il est vrai, un ami de Fichte, dont il édite le Sonnenklarer Bericht, mais je ne crois pas que cela puisse être un obstacle. On peut tout au moins compter sur sa discrétion à l'égard de Fichte.

Permettez-moi au moins de lui soumettre la question; s’il se montre

bien disposé, vous pourrez vous mettre tout de suite en rapports avec

lui. [1 me paraît important que nous puissions compter sans tarder

sur un éditeur et que nous paraissions le plus tôt possible ° Schlegel cependant ne crut pas devoir accepter l'offre de Sc tere macher; il pensait, non sans raison peut-être, que seul un homme de l’envergure de Cotta était de taille à réaliser une entreprise comme celle qu'il rêvaitf.

Et, en effet, Cotta fut, après l’échec d’Unger, l'éditeur que Fichte

et Schelling allaient solliciter. Quand Fichte, par égard pour Unger,

1. Fi@tes Leben, Il. Bd., Zweite Abth., IV, 19, Schelling an Fichte, lena, den 31. Oct. 1800, p. 323. — 2. Jbid., p. 322.

3. Aus Schleiermacher’s Leben. In Briefen, éd. W. Dilthey, III. Bd., x, Dorothea an Schleiermacher, den 31. Oct. 1800, p. 241, et Fichte’s Leben, II. Bd., Zweite Abth., IV, 21, Schelling an Fichte, lena, den 19. Nov. 1800, p. 326.

4. Aus Schleiermacher’s Leben. In Briefen, éd. W. Dilthey, IL. Bd., m1, A.-W. Schlegel an Schleiermacher, Braunschweig, den 21. Nov. 1800, p. 243.

5. Inédits de la Bibl. royale de Dresde, vol. 25, voir Appendice VIII, Lettre de Schleiermacher, Berlin, le 14 octobre 1800. « Es ist hier ein junger Buchhändler Namens Reimer der etwas in bonis hat, ein sehr redlicher Mensch ist, und sich für die gute Seite der Litteratur interessirt. Er ist zwar ein Freund von Fichte, dessen Sonnenklaren Bericht er auch veriegt; aber ich glaube nicht dass dies etwas schaden würde. Wenigstens. kann man vorläuñg auf seine Verschwiegenheit auch gegen diesen rechnen. Erlauben Sie mir in dem Falle quæstionis wenigstens eine Anfrage an ihn zu thun; zeigt er sich geneigt so kônnen Sie Sich dann gleich mit ihm in rapport sezen. Ës scheint mir wichtig dass wir einen \SFIeGEEE recht bald sicher haben und dass wir bald môglichst wirklich erscheinen. »

6. Aus nel Lebes In Briefen, éd. W. Dilthey, IL. Bd., m1, A.-W. Schlegel an Schleiermacher, Braunschweig, den 21. Nov. 1800, p. 243.

envers lequel il se croyait lié, avait refusé à Schelling et à Schlegel

d'entrer dans une combinaison dont Cotta serait l'éditeur, il avait

eu soin d'ajouter que, si, pour une raison ou pour une autre, les

projets d’Unger venaient à sombrer, il ne se refuserait pas à examiner les conditions que d’autres pourraient lui faire; il.

acceptait éventuellement de participer au projet dont Cotta serait l'éditeur !.

Le jour donc où il apprit qu'Unger, n’ayant pu obtenir le concours de Gœthe et de Schiller, renonçait à son entreprise ?, Fichte songea

aux ouvertures que Schelling lui avait faites de la part de Cotta®; c’est à lui qu'il s’adressa pour fonder et diriger avec la collaboration de Schelling, mais de lui seul (il ne voulait pas de Schlegel), la revue critique que les projets de Reinhold et de Bardili rendaient plus nécessaire et plus urgente que jamais“.

Il espérait d’ailleurs rallier à ses vues, pour la réalisation de son grand plan, ceux-là même dont le refus avait causé l'échec de la tentative d’Unger, Gœthe et Schiller. Il se chargeait personnellement de mener à bien la chose, il attendait beaucoup d’une pareille association *.

Fichte pria donc Schelling d'annoncer à Cotta qu'il adhérait à la proposition de constituer un périodique scientifique‘. Et Cotta put sérieusement croire, à la fin de l’année 1800, que, dans le cours de l'année 1801, il publierait la revue dont Fichte et Schelling devaient être les directeurs. Il le croyait si bien que, le 26 AREAS 1800, il écrivait à Schiller :

« Je médite aussi depuis longtemps un projet intéressant, je veux parler d’Annales littéraires et artistiques composées par vous, par

Gœthe, par Fichte, par Schelling et par quelques autres hommes de

mérite. À Pâques nous pourrons en reparler plus longuement, si

l’idée vous plaît”.

Cependant, pas Cu que celui de Schlegel, le projet de Fichte et

de Schelling ne vit le jour. Après être restées quelque temps en suspens, les négociations entre Fichte et Schelling, qui avaient repris

1. Fichtes Leben, Il. Bd., Zweite Abth., IV, 15, Fichte an Schelling, Berlin, den 6. Sept. 1800, p. 314-315.

. Ibid., IV, 20, Fichte an Schelling, Berlin, den 15. Nov. 1800, p. 325. . Ibid., IV, 19, Schelling an Fichte, [ena, den 31. Oct. 1800, p. 322-323. Ibid. IV, 17, Fichte an Schelling, den 13. Sept. 1800, p. 320. Ibid., IV, 20, Fichte an Schelling, Berlin, den 15. Nov. 1800, p. 325-326. . Jbid., p. 323-324.

. Briefwechsel zwischen Schiller und Cotta, herausgegeben von W. Voilmer, Stuttgart, Verlag der J.-G. Cotta’schen Buchhsndlung, 1876, 348, Cotta an Schiller, Tübingen,

den 26. Dec. 1800, p. 417.

1 S Où à © ND

RE 1 Lit ca és Ps rt à ét

printemps de 1801 1, se terminèrent par leur rupture publique; et quand, au début de l’année 1809, parut enfin chez Cotta le premier fascicule du Journal critique de philosophie, le nom qu'il portait

sur sa couverture, à côté de celui de Schelling, n'était pas le nom de 4 je c'était le nom de Georges-Guillaume-Frédéric Hegel.

FANS Fe Fichtes Leben, II. Bd., Zweite Abth., IV, 24, Fichte an | Schelling, Berlin den Durs: 29. ra 1801, p. 336.

Le SECTEUR RO IDAR WP 14/7 : AT RE M

Page 1