Ibid., p
3. Fichte’s Leben, II. Bd., Zweite Abth., III, 32, Fichte an Reinhold, Berlin, den 15. Sept. 1800, p. 293-294.
sait la raison d’être et le but du nouveau périodique : la révolution critique, déclarait-1l, avait tourné autrement que ne l’espéraient son fondateur et ses amis, autrement que ne le redoutaient ses ennemis ; autrement que Reinhold ne l'avait annoncé, à ses débuts, dans les Lettres sur la philosophie kantienne:; autrement encore que, dans sa maturité, la Philosophie élémentaire n'avait essayé d'en favoriser les progrès ; autrement enfin que Reinhold, sur son déclin, ne l'avait cru, quand il se figurait son terme atteint dans sa Théorie de la Science, ainsi que l'affirmaient et les Paradoxes et la Leitre à Lavater et à Fichte. La révolution transcendantale avait cessé le jour où Bardili avait édifié sa Logique, exactement l’avant-dernière année du xvznr* siècle !. Avec elle, commençait la véritable orientation du progrès philosophique, la philosophie comme science, tandis que
jusqu'alors ce que, en plusieurs circonstances, avec Kant, avec Fichte, Reinhold avait pris pour le vrai point de départ du progrès philosophique, n’était que le début d’une tortueuse sinuosité ?.
C’est à cette nouvelle orientation philosophique que les Contributions, à l'aube du xix° siècle, adressaient leurs souhaits de bienvenue, et Reinhold était sûr, cette fois, de ne pas se tromper. Elles prétendaient montrer qu'il fallait chercher et trouver la véritable condition de toute la théorie de la subjectivité, non pas, comme on l'avait fait jusqu'ici, dans les formes reconnues changeantes d’une métaphysique contestée, mais dans la constitution de la logique jusqu'alors incontestée et réputée intangible dans son essence. Si la logique était restée telle qu'Aristote l'avait faite, telle que l’a montrée la philosophie transcendantale, la victoire de cette philosophie serait décisive, et tous les progrès de la philosophie allemande, même au xix° siècle, seraient réduits à tourner éternellement dans un cercle ayant le Moi pour centre, ou consiste’aient dans le tourbillon incessamment grossi qui aurait là son origine et qui finirait forcément par englober peu à peu tous les concepts humains “.
Le génie de l'humanité a voulu qu'il en fût autrement. On a découvert une erreur capitale et essentielle de la logique actuelle, qu'on ne pouvait découvrir que sur son propre terrain, car c'est en elle seule qu’elle est contenue. Cette erreur, n1 les sceptiques, ni les dogmatiques et, parmi eux, aussi bien les idéalistes en général que les matérialistes ne l'ont soupçonnée jusqu’à présent, puisque tous l'ont prise pour point de départ, comme s’il s'agissait d’une vérité
4. C.-L. Reinhold, Beyträge zur leichtern Uebersicht des Zustandes der Philosophie beym Anfange des 19. Jahrhunderts, Hamburg, bey Friedrich Perthes, 1801, Erstes Heft, Vorrede, p. 111-1V. — 2. Ibid., p. 1vV et v. — 3. Ibid., p. v et vi. — 4. Ibid., p. vu.
fixée: Les 0 transcendantaux étaient même les derniers - à la pouvoir soupçonner, parce qu’elle consiste précisément dans ce
qui est, pour eux, ce qu'il y a de plus incontestable dans l’incontestable, dans la pensée même, telle que toute logique l’a présentée
jusqu'ici, telle que doit le faire en particulier la philosophie trans-
cendantale pour pouvoir se distinguer de ce qui, pour cette Nc
est la logique.
Puisque dans son Æsquisse de Logique première Bardili reven-
dique la valeur logique et le sens logique de ce qu'on a appelé
Jusqu'ici les lois pures de la pensée, avec la prétendue pureté qu’on
leur attribue, les philosophes transcendantaux n’ont à défendre contre lui rien de moins que ce qu'aucun de leurs adversaires ne leur a encore contesté : la possibilité, non pas chimérique, mais vraiment pensable, d’une différence entre la logique pure et la métaphy-
sique en général, la preuve valable de la distinction actuelle entre
le caractère logique et le caractère métaphysique de la connaissance, et de la différence supposée jusqu'alors entre la vérité formelle
et la vérité matérielle *.
La suppression du malentendu qui est à la base de telles distinctions a permis de découvrir un nouveau point de vue auquel et pour
lequel certitude logique, certitude métaphysique, certitude mathé- matique se résolvent en une seule et même certitude réelle, la
vérité subjective et la vérité objective en une seule et même vérité réelle. Ce point de vue se trouve entièrement hors de la sphère de tout dogmatisme et de tout scepticisme, de tout idéalisme et de tout matérialisme. On peut le considérer comme le troisième stade de la voie royale que Platon avait autrefois tracée à la philosophie comme science, que Leibniz a poursuivie et prolongée, tandis que se fourvoyait l’empirisme de Locke, aussi bien que le scepti-
cisme de Hume ou le rationalisme dogmatique de Wolf et de son école?.
Reinhold ajoutait : « Sans doute je ne reconnais plus l’/déalisme transcendantal pour la forme scientifique de la philosophie, mais je le reconnais toujours pour une doctrine incomparablement plus conséquente et plus philosophique que le dogmatisme rationaliste de Wolf, l'empirisme dogmatique de Locke, le scepticisme empirique de Hume. Je sais. que, suivant les principes qu'il a posés, il est irréfutable et qu'il a été la condition sine qua non de la
1 Ch: Reinhold, Beyträge zur leichtern Uebersicht des Zustard:s der Philosophie
“beym Anfange des 19. Jahrhunderts, Erstes Heft, Vorrede, p. viu-ix. — 2. Ibil,