‹ Fichte et son temps (volume 4)Chapitre 17 sur 116 · I. MERCANTILISME ET , .' • . ii' il ♦ J · texte numérisé non relu

I. MERCANTILISME ET , .' • . ii' il ♦ J

w^^r^^^rr. longtcmps installe comme dans le reste de

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l'Allemagne; il s'adaptait parfaitement à l'absolutisme monarchique, au système de l'équilibre politique réclamé par la constitution d'États fermés les uns aux autres, enfin aux besoins d'argent rapidement croissants '■.

Il y avait revêtu la forme dite « caméraliste ». Frédéric-Guillaume I", que, pour son esprit de système et pour le style de ses ordonnances, l'économiste \V. Roscher compare à Colbert -, avait, de sa main un peu rude, nivelé les différences régionales pour constituer l'unité économique de la Prusse, comme il avait créé son unité politique \ Croyant, avec tous les mercantilistes. que l'argent fait la richesse d'un pays, il avait pris les dispositions les plus favorables à l'accumulation d'une encaisse métallique; pour faciliter l'entrée de l'or, pour entraver sa sortie, il avait établi une réglementation policière minutieuse de la production, de la consommation, des échanges, des exportations et des importations. Mais il ne s'était pas borné à ces mesures pratiques; il avait conçu la nécessité d'un enseignement méthodique de la science économique et fondé les deux premières chaires « caméralistes » à Halle et à Francfort-surl'Oder, qui furent occupées, lune, par le juriste Casser, l'autre, par l'historien Dithmar.

Le grand Frédéric ne fit guère ici que développer, améliorer, parfois adoucir, les mesures prises par Frédéric-Cuillaume I".

Convaincu, lui aussi, que la fortune se mesure à la quantité du

1. W. Roscher, Geschichte der National-Œkonomilc iii Deulschland, lî. Oldenbourg, Munchen, 1874. Zweite Période, xii. Kap., 57, p. 234-235. — 2. Ibid., xviii. Kap., 83, p. 360. — 3. Ibid., p. 363.

l'état commercial FKHMÉ. 63

métal précieux accumulé, et désireux sans doute, à son tour, daccroîlre en vue des guerres futures le trésor de la Prusse, il avait pour pi-irtcipe et pour devise que. si ion prend chaque jour (!<• lor dans sa bourse sans y rien déposer en retour, elle se vide hienlôt. Aussi multiplia-t-il les règlements destinés à empêcher la circulation de lor : interdiction de sortir du royaume sans permission expresse du roi; interdiction, sous peine d'exclusion de toutes les fonctions civiles et ecclésiastiques, de fréquenter plus d'un trimestre les Universités des pays voisins *; entraves de toutes sortes à la liberté du commerce, prohibition relative ou absolue d'importer, sauf pour les produits manquants; prohibition relative ou absolue d'exporter les matières premières tirées du sol ou les produits fabriqués dans le pays (par crainte d'une pénurie ultérieure pour les besoins nationaux, conséquemment d'un appauvrissement dû à l'achat de ces objets au dehors); inversement, faveurs ou primes accordées à toutes les industries capables d'enrichir le pays; création (au Ijesoin avec le concours d'étrangers) d'industries nouvelles destinées à restreindre encore les importations (fabrication des soieries, par exemple, ou du sucre); constitution de compagnies à monopoles pour le commerce ou le transport des denrées et objets de première nécessité, toujours dans le but d'éviter les intermédiaires et la concurrence, c'est-à-dire le risque de laisser sortir l'argent (et ces compag-nies accapareront bientôt directement ou indirectement tous les échanges dans la Monarchie); création d'une monnaie purement fictive, mais seule valable à l'intérieur du royaume, qui, par le change à l'étranger, permet encore un enrichissement de l'État ^ Enfin, pour achever ce tableau de la situation économique de la Prusse sous Frédéric II. mentionnons la prépondérance accordée par lui à l'agriculture qui est. à ses yeux, l'origine de toutes les richesses; aussi le roi considère-t -il qu'elle doit, plus que toute autre branche de l'économique, être protégée et réglementée; cette protection, cette réglementation pouvant seules assurer l'alimentation, c'est-à-dire la vie même du peuple.

1. W. Roscher, Geschichle der National-Œkonomik in Dcutschland. Zwcile Période, XIX. Kap., 90, p. 390.

2. Pour se faire une idée de la complication de toute cette orpanisalinn économique du royaume de Prusse, de toutes les lois prohibitives, de toutes les faveurs, de tous les monopoles, de tout ce qui concerne la production ou les échanjires, il faut lire le beau livre du comte de .Mirabeau (Londres, 1778), De la monarchie prussienne sous Frédéric le Grand, en particulier les volumes III, liv. iv, v, et IV, liv. vi, consacrés aux .Manufactures, au commerce, aux revenus et dépenses; on y trouvera le détail des faits singulièrement instructifs que nous ne pouvons reproduire ici, mais qui justifient nos affirmations.

De là toute une série de décrets relatifs à la production, à la vente, à l'importation, à l'exportation, au transport des grains, décrets inspirés par le souci de maintenir constante la relation entre la production et la consommation, de favoriser, dans les cas d'abondance, l'exportation qui enrichit l'État, mais de régler et. au besoin, d'interdire la vente à la première apparence de cherté, toute importation entraînant pour lui une perte sèche. Et, afin d'éviter cette extrémité, des magasins généraux continuèrent d'être édifiés, où s'accumulait le surplus des récoltes, pour obvier à la disette durant les années maigres, suffire à l'alimentation générale du pays, et garantir une sensible égalité dans le prix courant du pain, l'Etat, personnifié par le roi, devenant ainsi, conformément à l'idéal de Frédéric II. le père de famille de son peuple '.

Cependant, à Iheure même où florissait en

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