‹ Fichte et son temps (volume 4)Chapitre 60 sur 116 · I.KS SATIIU-S DE .li-:AN-I»Ai:L KT UK F. NICOLAI · texte numérisé non relu

I.KS SATIIU-S DE .li-:AN-I»Ai:L KT UK F. NICOLAI

<lité, Ficlîte rlail pour Mcolai le type achevé, « Ouand il l'aiil parler ■<Ju mauvais usai^e de la philo.sophic critique, on ne peut guère, •ilil-il, passer cet honmie sous silence. Ce bizarre coupeur de fil en <|uatre présente, de quelque côté qu'on l'envisag-e, le plus singulier

«nieux activer le commerce des prodijclions de la presse, leur assurer un écoulement prompt sinon durable; « il s'ingéniait, disait-il encore, à cherclier la matière tout comme la façon qui vraisemblablement, soit par la nouveauté, soit par la bouffonnerie, en un mot par des qualités propres à piquer la curiosité du gros des lecteurs ou à lui donner à rire, seront le plus demandées ou auront In plus prompt débit » (Kant's Werke, hgg. von der kôniglich. preussisclien Akadeniie der Wissenschaften, Berlin, Druck und Verlag von Georg Iteimer, 1912, VIIl. Bd. : i'eber ■die Buchinacherci : Zwei BrieJ'e an Hcrrn Fr. .Mcolai von I. Kant, Zweiler Bricf, p. 430-437). 11 ajoutait : ■< Celui qui, dans la fabrication et le commerce, exerce pubJi- •quement un métier compatible avec la liberté du peuple, est toujours un boncilovcn- •tant pis pour qui s'en ollense. En eiïet. l'intérêt personnel (jui n'est pas contraire fliux lois de la police n'est pas un crime, et .1/. .Mcolaï, l'éditeur, a au moins un avantage beaucoup plus certain en cette ([ualité qu'en celle d'auteur; car le mépris •qu'excitent les griuiaces de ses Sempronius Gundibcrt et consorts, ces arlequins qu'il met en montre, ne tombe pas sur celui qui a monté la baraque, mais sur celui •qui y joue le rôle de boulîon » (Ibid., p. 437).

Kant ne s'en tenait pas là : il prenait encore à partie Nicolai, non plus comme •éditeur, mais en qualité d'auteur, et il disait :

« Mais ce qui prouve la complète ignorance et l'incapacité de ces philosophes satiriques en matière de jugements rationnels, c'est qu'ils ne paraissent pas du tout -<;omprendre ce que veut dire proprement, par opposition à la connaissance empirique, la connaissance a priori (qu'ils appellent également Von vorn Erke/mlniss). La Critique de la Raison pure leur a pourtant dit assez souvent et assez clairement -que ce sont des propositions que nous exprimons avec la conscience de leur nécessité iaterne et de leur universalité absolue (apodictique), que par conséquent nous ne iceconnaissons pas comme dépendantes de l'expérience et qui ne peuvent être ceci <ju cela, puisque autrement la division des jugements reviendrait à cet exemple burlesque : » Les vaches de Pharaon étaient brunes, mais elles étaient aussi •d'autres couleurs ... Cependant il n'y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ■et cette mauvaise volonté a ici un intérêt : c'est d'attirer beaucoup de curieux par •la rareté du spectacle où l'on change la position naturelle des choses en les «mettant sens dessus dessous, afin d'animer la place publicjue par une foule de spéculateurs et de ne pas laisser s'endormir l'industrie et le commerce littéraires. Cela •« d'ailleurs son utilité, bien que ce ne soit pas celle qu'on a en vue : le dégoût que • ■ces farces finissent toujours par inspirer fait qu'on s'applique ensuite plus sérieusement et plus solidement à l'étude des sciences » {Ibid., p. .437-438).

La lettre était cinglante : c'était le désaveu de toute la campagne menée par Nicolai depuis plusieurs années, et quel désaveu !

Nicolai essaya de se défendre dans son Essai sur ma culture scientifique, ma connaissance de la philosophie critique, etc.... Il éprouva d'abord le besoin, lui que Kant traitait de fabricant de livres, de justifier ses titres d'écrivain en racontant l'histoire ••de sa formation intellectuelle, de sa culture philosophique (Ueber mcine ijelehrte Bddnmj..., p. (j et 43), de ses relations avec Lessinget Mendelssohn: il protesta ensuite •contre l'accusation d'ignorer la Critique, et s'étendit longuement sur la connaissance •qu'il en avait (/t'id., p. i5-.')4): il prétendit l'avoir étudiée plus de douze ans, avant d'en avoir dit un mot {Ibid., p. ()4); il soutint avoir toujours rendu pleine justice À Kant, l'ayant, par respect pour sa personne, plus ménagé peut-être que ne l'y «utorisait le souci de la vérité {Ibid., p. 104-1(1.')); se plaignit (jne Kant eut pour lui moins d'égards {Ibid., p. 57) et l'accusât de mépriser sa philosophie, parce qu'il avait signalé certains défauts de la Critique et surtout le mésusage (|ue des contrefacteurs maladroits en faisaient dans l'application (/6tc/., p. .jO). Fallait-il cependant taire à tout jamais les contradictions du système, la singularité d'une morale inapplicable, de l'aveu de son propre inventeur, et que démentait sa conduite personnelle, la terminologie bizarre et le style impropre de Kant, l'insupporUible prétea-

aspect. C'est, un cerveau pénétrant, mais, à force de pénétration, il s'est émoussé comme un couteau trop mince; il est passionné et ergoteur en diable.... Le peu de profondeur de sa philosophie du Moi, les chimères compliquées où il prétend trouver la réalisation de cette philosophie, sa violence et sa fureur impuissante contre quiconque pense autrement que lui, la prétention avec laquelle il se pose comme le philosophe des philosophes, les éloges éhontés jusqu'au ridicule que lui prodiguent ses disciples, l'obscurité, mêlée parfois d'une lueur de pensée claire jointe à la confusion de la plupart de ses ouvrages, grâce auxquels il se vante d'extirper toutes les autres idées philosophiques, voilà en vérité qui fait de lui un fameux original ^ »

Telles étaient les aménités que, pour faire contrepoids aux « éloges éhontés de ses disciples », Nicolaï prodiguait avec d'autant plus d'empressement que la récente arrivée de Fichte à Berlin, ses accointances publiques avec les romantiques semblaient une menace pour l'influence du directeur de la Bibliothèque allemande universelle... et pour la saine raison. C'était au lendemain de l'accusation d'athéisme et de V Appel au public. Nicolaï, libre penseur,, ennemi de tout dogmatisme et de tout fanatisme religieux, devait éprouver quelque gêne à paraître se ranger du côté des persécuteurs de Fichte. Il le déclara lui-même : « Au moment de publier mon ouvrage, se produisit un événement qui aurait pu me faire presque regretter d'avoir dit un mot contre Fichte et qui me forçait, pour éviter tout malentendu, à donner mon opinion sur l'événement en question ^. »

Nicolaï protesta donc tout haut contre l'interdiction du Journal philosophique de Fichte et Niethammer. Si respectueux fùt-il de l'autorité des gouvernements, pareille mesure à l'égard d'écrits de philosophie spéculative apriorique, accessibles à si peu de gens^ lui paraissait difficilement défendable; toutes les opinions étaient libres, l'État ne pouvait intervenir qu'en cas de menace pour sa sécurité ^; c'était vraiment faire trop d'honneur aux ouvrages de^

tioii d«s philosophes critiques d'avoir, les premiers, découvert la vraie philosophie {Ibid., p. 71-75 et passim)?

Nicoluï se vantait d'avoir été, contre l'entraînement irréfléchi des admirateurs de !a Critique, contre la mode régnante, le défenseur des droits de la saine liaison, d'avoir réveillé le public de ses rêves aprioriques et sauvé la littérature et l'esprit allemands du péril et dos folies de la philosophie nouvelle {Ibid., p. 75, 78, 80). Puis, reprenant successivement les dillérents griefs (il en avait compté six) que Kant avait articulés contre lui, il cherchait à s'en justifier, se gardant, disait-il, de répondre sur le ton dont Kant avait usé à son égard en lui faisant la leçon comme à un mauvais élève (Ibid., p. 114-115).

1. Ibid., p. 196-197. — 2. Ibid., p. 197. — 3. Ibid., p. 198 et 250.

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Fichte que de les supposer capables de bouleverser le monde et, pour employer une expression qui lui était chère, de « l'ensevelir sous ses ruines ». En fait d'ensevelissement, il ne pouvait être question que des livres mêmes de Fichte, destinés à disparaître, « après une existence courte et cachectique^ ».

Cette mesure allait d'ailleurs directement contre le but poursuivi; loin d'enlever des lecteurs aux ouvrages incriminés, elle ne faisait qu'en accroître singulièrement le nombre, et — Nicolaï, comme libraire, en savait quelque chose — que donner une extraordinaire publicité, un incroyable prestige à un article qui, autrement, eût passé sans doute inaperçu ^, ce qui était tout justement le sort qu'il méritait^. On avait donc eu bien tort de prendre au tragique les assertions de Fichte sur Dieu; il eût suffi de les réfuter, — non pour convaincre Fichte de son erreur, car, comme tous les visionnaires, Fichte était incorrigible, — mais pour désabuser les malheureux qui se seraient laissé séduire par le prestige de son élo(iuence, ou mieux, il eût suffi d'en rire, car la plaisanterie était la meilleure arme contre toutes ces extravagances*.

Mais, sous ces réserves, et puisque V Appel prenait le public pour juge, Nicolaï, autant qu'un autre, tenait à dire son mot; Fichte lui-même ayant provoqué la discussion^, on n'avait pas de scrupule à lui décocher quelques « vérités désagréables ».

Sans doute l'accusation d'athéisme, déjà portée à tort contre Kant, n'était pas mieux fondée ici; Fichte montrait victorieusement qu'il enseignait, non pas la vie sans Dieu, mais la vie morale, la vie spirituelle®. Or, si l'athéisme même purement théorique ne saurait être considéré comme dommageable à l'État, il était absolument inadmissible qu'un homme comme Fichte, si attaché au devoir qu'il fait du devoir son Dieu même, fût traité en citoyen dangereux, parce qu'à ses yeux la substance conçue comme une chose dans l'espace et dans le temp.s est un concept où l'on ne saurait reconnaître Dieu ^ Le vrai danger que faisait courir au public la doctrine de Fichte consistait plutôt dans la propagation de cette morale monacale, conséquence dernière de son idéalisme, qui faisait du bonheur quelque chose de tout charnel, qui condamnait tous les biens du monde, qui plaçait la félicité dans on ne sait quelle union avec le suprasensible, qui mettait le cœur au-dessus de la raison; un pareil mysticisme, fondé sur l'idée, après tout, sans existence réelle, d'un pur ordre intelligible, d'une Providence, paraissait à Nicolaï quelque

1. Fr. Nicolai, l'cher meine gelehrte Bildung..., p. 198-199. — 2. Ihid., p. 243. — 3. Ibid., p. 200. — 4. Ibid., p. 258. — "i. Ibid., p. 199. — 6. Ibid., p. 200. — 7. Ibid., p. 206.

•chose de fou, danti-humain ^, une sorte de castration morale, presque de la castration physique ^.

Et que dire du philosophe qui renseignait? Il témoignait d'une intolérance au moins égale à celle de ses adversaires, quand il traitait de grossiers jouisseurs, d'aveugles d'esprit, d'étrangers à la divinité, ceux qui ne partageaient pas sa singulière conception de Dieu ; quand il faisait du Dieu de la conscience commune une idole néfaste, l'exécuteur de toutes les basses œuvres humaines, un être méchant, dégradant la raison; quand enfin il appelait serviteurs du Niable, individus sans moralité ni religion, les adorateurs de ce Dieu^. Que dire du professeur dont « l'égoïsme intolérant >> et le « fanatisme » sauvage * se permettaient d'inculquer à la jeunesse •encore ignorante, facilement dupée par ses paradoxes et ses sulitilités, avec les principes de sa singulière doctrine, les sentiments les plus contraires à la saine raison, semant autour de lui la folie et la haine ^? En présence de la propagation de ces rêveries néfastes, Nicolaï reconnaissait à l'Etat les mêmes droits de police •qu'à l'égard des associations de piétistes et de visionnaires, interdites, non pas sans doute pour leurs opinions théologiques, philosophiques ou politiques, mais à cause de leur fanatisme et de leur intolérance*'; il considérait comme juste la mesure qui retirait à Fichte la mission d'instruire la jeunesse^. A l'Etat revenait le soin déjuger si l'enseignement d'un maître était ou non profitable au bien public, et il était certes permis d'estimer les paradoxes de Fichte, trop propices au malentendu, dommageables à l'ordre social, ^t sa morale nuisible au genre humain ^. La seule chose que Nicolaï reprochât au gouvernement de la Saxe, c'est d'avoir privé Fichte de ses droits d'homme, de citoyen, c'est de lui avoir enlevé le traitement qui lui eût permis de vivre comme écrivain et de poursuivre en paix son rêve de vie supra-sensible, c'est enfin et surtout d'avoir prononcé l'interdiction de son , Journal et de n'avoir point respecté en lui le penseur dont toutes les opinions, même les plus extravagantes, échappent au contrôle de l'État».

Contre les divagations des philosophes Tunique remède était, non pas la persécution, mais l'ordonnance que, selon le bonhomme 'Voltaire, dans son poème sur Les Systèmes, Dieu prescrivait à Spinoza :

Pardonnez-moi (lui avait dit Spinoza. « en hii parlant tout bas »),

1. Fr. Nicoltii, Ueber mcine gelehrte Bildung..., p. 211-212. —2. Ibid., p. 228. —3. Ibid., p. 216-22U. — 4. Ibid., p. 225 et 231. — 5. Ibid.. p. 223-22.J. — 6. Ibid., p. 230-233. — 7. Ibid.. p. 23:î-234. — 8. Ibid.^ p. 238-240. — !). Ibid., p. 248, 253 et 257.

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Mais je pense, entre nous, que vous n'existez pas. ... Dieu clément et bon plaignant cet infidèle Ordonna seulement qu'on purgeât sa cervelle '.

Voilà le traitement qu'il fallait appliquer à un visionnaire comme Fichte, non seulement plein d'orgueil, mais bouffi de vanité, et qui. pour se faire valoir, eût préféré le bûcher à rindifrérence. Quelques petites doses d'ipéca, répétées à intervalles convenables, bien administrées par ses collègues Hufeland et Loder, viendraient certainement à bout des chimères théologiques ou philosophiques, dos coups d'oeil sur l'éternité, des hypothèses enracinées sur la jusllfication, sur l'Apocalypse, sur la politique a priori, sur la nouvelle Jérusalem, des contes merveilleux sur la vie dans le ciel et les enfers, des conversations avec les anges, des histoires prophétiques cl de l'aptitude du Moi Iranscendantal à se poser lui-même, bref de toutes les subtilités des philosophies et des théurgies dont on est sûr. sans preuves, hors de la saine raison, aussi sûr qu'on est sûr de sa propre existence ^.

A ces « aménités » Fichte continuait tou- III. LMviii.Lh DL LA jours d'opposer un « silence méprisant «,

« BIBLlorifEnUE ALLE- J t^r f •

MANDE UNIVERSELLE ^. ^ fallut, pour qu'il en sortît, une accusation

infamante. Il revenait d'Iéna, il avait installé sa femme et son fils à Berlin où il se fixait définitivement: il passait pour le chef avéré de la nouvelle école romantique qui criblait Nicolaï de ses sarcasmes, (jui dénonçait au public les platitudes de la Bibliolhèque allemande universelle. Inquiet du succès qu'obtenaient à Berlin même les romantiques, irrité dune rivalité (jui menaçait de ruiner son autorité jusqu'alors incontestée, atteint dans son prestige et dans ses intérêts, Nicolaï cessa brusquement de railler, et, changeant le ton de sa polémique, il crut frapper un coup décisif en montrant que les attaques des disciples de Fichte n'étaient ni sincères, ni désintéressées, que Fichte lui-même ne dédaignait pas de « capter » les éloges de la Bibliolhèf/ue (|u"il affectait de tant mépriser.

C'était à propos du dernier livre de Schelling. Le Système de VIdéalisme Iranscendantal, et du conflit qu'il avait suscité avec la direction du Journal littéraire universel d'Iéila. Nicolaï prétendait révéler l'origine de la brouille : il avait refusé d'insérer dans la

1. Fr. Mcolai, Ueber meine gelehrle BUdunrj..., p. 2.jo-2.:i6. ■2. Ibid., p. 200.

316 FIGHTE A DEKLIN.

Bibliothèque un compte rendu élogieux de l'ouvrage de Schelling par un de ses disciples, le jeune Stefîens, alors simple étudiant, et il avait publié un jugement motivé moins complaisant de deux savants éminents, jugement qui avait provoqué la colère de Schelling. « C'est, écrivait Nicolaï, depuis longtemps la caractéristique de l'école des philosophes du Moi de chercher — s'il n'y a pas moyen (Ty arriver autrement — à capter les éloges pour leur Idéalisme transcendantal. On le sait, la Bibliothèque allemande universelle ne s'est pas laissé entraîner aux flagorneries prodiguées à la philosophie à la mode par presque tous les journaux gagnés à la sagesse nouvelle, elle se refusait à accueillir aveuglément les nouveautés, parce qu'elles étaient des nouveautés, ou à les dédaigner, parce qu'elles n'étaient pas anciennes. Son attitude l'ut celle d'une sage opposition; elle ne se bornait pas à répéter machinalement la doctrine, elle s'efîorçait de mettre en lumière les objections ^... Elle fit donc toujours obstacle aux philosophes les plus récents, principalement aux disciples de Fichte. Ceux-ci ne pouvaient soufïrir d'entendre des voix s'élever pour opposer des arguments à leurs prétendues découvertes et dénoncer comme pures rêveries ce qu'ils donnaient pour des vérités importantes, voire pour la seule vérité. Ils affichèrent donc, en toute occasion, leur mépris pour la Bibliothèque allemande universelle, mais ils n'en travaillaient pas moins sous main à se la concilier. Ils cherchaient à lui présenter des collaborateurs qui avaient été autrefois des sectateurs de Fichte; comme ils n'y réussissaient pas, ils cherchèrent, grâce à un collaborateur de la Bibliothèque qui ne faisait pas du tout de philosophie, à introduire subrepticement, et sans qu'on le leur demandât, des comptes rendus destinés à servir leurs desseins et qui vraisemblablement — certains indices le montrent — venaient directement d'Iéna. La direction d'alors ne fut pas immédiatement avertie de ces machinations déloyales : elles ne purent être découvertes qu'après la publication d'un ou deux comptes rendus de ce genre qui produisirent une certaine surprise ^... Mais, aussitôt dévoilée, la manœuvre fut déjouée. Pourtant la philosophie la plus récente avait, une fois au moins, atteint son but : se décerner

1. Neue allgemeine deiitsche Bibliothek, LVI. Bd., I. Stuck, 2. Heft, Berlin et Stettil bey Fr. Nicolai, 1801, Gelehrtengeschichte, Weltweisheit, 8, System des transcenden talen Idealismus, von F.-W.-J. Schelling, p. 159-100.

2. Nicolai cite, par exemple, le compte rendu de VEsquisse fondamentale rensemble de la Théorie de la Science, glissé par méprise dans la Bibliothèque aile mande universelle par un Fichtéen qui proclame « l'excellence de cette œuvre impor-" tante pour la philosophie spéculative entière », et dont il résume le contenu sans le moindre commentaire et la moindre critique, se bornant à déclarer bien fondées toutes ces recherches, p. 161.

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