‹ Fichte et son temps (volume 4)Chapitre 67 sur 116 · TÈME DE PHILOSOPHIE DE LA NATURE · texte numérisé non relu

TÈME DE PHILOSOPHIE DE LA NATURE

zu dem Entwurf eines Systems der Naturphilosophie, oder iiber deii Begriff der spekulativen Physik und die innere Organisation eines Systems dieser Wissenschaft), qu'il écrivait après coup et où, reprenant les idées maîtresses de VEsquisse, il s'efforçait d'en dégager le sens et la portée,

La nature, loin d'être un monde de phénomènes, présentait le caractère d'être une « Nature a priori », d'avoir une réalité absolue, une existence en soi et à soi, des lois internes, non des lois à elle imposées par notre esprit; bref, elle avait l'autonomie^.

Or, appliquant à la nature, ainsi définie comme a priori, cette question de possibilité que Kant s'était posée à propos de la connaissance, que Fichte s'était posée à propos de la liberté, Schelling s'aperçut qu'une telle nature n'était concevable qu'à la condition d'être, non pas seulement un objet pour un sujet qui le pense, comme le voulait Fichte, mais d'être elle-même tout à la fois sujet et objet; d'être en même temps une activité créatrice, une productivité {naiura naturans) et un objet pour la conscience, une donnée, un produit (natura naturala) ^. La nature prenait ainsi, pour Schelling, les caractères mêmes que Fichte avait attribués au Moi.

C'est, en réalité, cette dualité dans l'unité, cette diversité dans l'identité, qui permet d'expliquer tout le mécanisme de l'évolution dans la nature. La nature, pour prendre conscience d'elle-même comme nature, doit passer de l'état de productivité infinie, inconsciente, de l'état de subjectivité, à l'état d'objectivité consciente où elle est un produit donné. Or, ce passage ne peut s'opérer qu'en séparant et en opposant les deux caractères de la nature, son côté subjectif ou de production et son côté objectif ou de réalité, de manière à les réconcilier à travers la série des transformations qui constituaient le cycle même de son évolution '. De cette antithèse primitive, de ce dualisme originel, tout le système porte la marque, depuis la polarité magnétique, principe général de l'explication du monde organique, avec son opposition fondamentale d'où découlent toutes les oppositions particulières de la nature, jusqu'à la sensibilité, principe général de l'explication du monde organique, avec sa dualité d'où sortent les fonctions particulières de l'organisme. C'est à travers ces oppositions, par des synthèses de plus en plus complexes, que s'accomplit le progrès même de l'évolution, le procès dynamique du

1. Schelling, 6". W., III. Ed., Einleitung za dem Entwurf eines Systems der Naturphilosophie, oder uber denBegriff der spekulativen Physik und die innere Organisation aines Systems dieser Wissenschaft, 17'J9, § 4, p. 275-280, § (i, IV, p. 287 et suiv.

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