‹ Fichte et son temps (volume 4)Chapitre 69 sur 116 · LE « SYSTEME DE · texte numérisé non relu

LE « SYSTEME DE

Le Système de V Idéalisme transcendantal débute par une théorie de la connaissance,

L IDÉALISME TRAXSCE.X- . ^ . . ,

DANTAL » ^^^ emprunte ses prnicipaux hneaments a la

Théorie de la Science de Fichte; c'est le développement des actes suivant lesquels le Moi s'affirme et se réalise, Cependant elle est originale à plus d'un égard. D'abord elle ne détermine pas le Moi en tant que principe absolu du savoir, comme Fichte lavait fait. Fichte atteignait encore le Moi pur à la façon critique, en fonction de notre pensée, de notre raison finie; il y voyait sans doute le principe qui l'explique et la justifie, mais enfin ce principe n'était pas donné d'emblée, il était l'Idéal de la conscience. L'Absolu n'était pas conçu par Fichte sous la catégorie de l'être, mais sous celle du devoir être; l'intuition intellectuelle, organe du Moi absolu, ne s'isolait que par abstraction et par analyse de l'intuition sensible, organe du Moi empirique. Schelling, au contraire.

1. Schelling, 5. W., II. Bd., Einleitung :u dem Entwurf eines Systems der Naturphilo- Sophie, oder ûber den BegriJJ der spekulativen Physik und die innere Organisation eines Systems dieser Wissenschaft, 1799, § 6, IV, p. 308 et siiiv., et Erster Entwurf, p. 237 et suiv. — 2. Ibid., Einleitung, § 6, IV. Bd., p. 313 et suiv. — 3. Ibid., A, B, C, p. 306-323.

(Milrc de plain-pied dans l'Absolu; il saisit le Moi direclemeiit dans une intuition intellectuelle : il renonce en drfinilive au point de vue critique ^.

Sa théorie de la connaissance se difTérencie profondément par ailleurs encore de celle de Fichte. Le dessein de Fichte, dans la Théorie de la Science, avait été d'établir la phénoménalité de la Nature, afin quaucune existence ne lut posée en lace de l'esprit et ne vint le limiter. Montrer comment, grâce au mécanisme de l'imagiînation créatrice, le développement même de l'esprit engendre Tappa- Tence d'un monde réel, comment ce monde donné à la conscience m'est qu'une condition de la limitation du Moi. voilà tout 1 essentiel "de la doctrine fichtéenne de la connaissance. Sans doute, suivant Schelling, à travers la succession de ses « époques « (c'est-à-dire des actes qui progressivement la déterminent en l'élevant de la sensation primitive à l'intuition productive, de l'intuition productive à la réflexion, de la réflexion à la volonté absolue ^) l'intelligence •explique les données élémentaires de la nature : elle construit d'a;bord la matière comme magnétisme, comme électricité, comme procès chimique (et ce sont les trois degrés du procès dynamique de la nature^), puis l'objet sensible avec l'espace, le temps, la causalité *; -enfin la nature organisée et ses trois « dimensions » (sensibilité, irritabilité, penchant plastique), avec la substantialité et la récipro- <-ité". Mais Schelling établit ensuite, contre Fichte, que cette construction a priori ou plutôt cette reconstruction de la nature n'exclut •en rien l'existence d'une nature autonome, indépendante de notre ■conscience, d'une nature qui n'est pas un pur phénomène; il voit <lans le développement de cette nature le fondement et l'épreuve ■de la véracité de notre connaissance, bref une expérience a priori qui s'impose à notre intelligence. Il n'y a d'ailleurs pas pour cela deux mondes séparés, celui de l'esprit et celui des choses ; il n'y a qu'un seul et même univers que l'on peut considérer sous un double aspect : dans l'œuvre de la production inconsciente de l'activité spirituelle, il est nature; dans la réflexion de cette activité sur ellemême, il est esprit®.

1. ScheUing, S. IV., III. Bd., System des transcendentalen Idealismus, ISOO, p. 330-377, part. p. 373-376. — 2. Ibid., p. 395-327. — 3. Ibid., p. 427-454. — 4. Ibid., p. 4()2-466. — 3. Ibid., p. 467-477 et 491-500. — 6. Ibid., p. 527-531.

Dans le Système de l'Idéalisme transcendantal ,. ,,r..,r,.r. tie bcneiline- — bien que ce lut le nom même

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