‹ Fichte et son temps (volume 4)Chapitre 85 sur 116 · H. Steiïens, Was ich erlebte, IV. Bd., p · texte numérisé non relu

H. Steiïens, Was ich erlebte, IV. Bd., p

4. Ibid., p. 240. Voir aussi Julian Schmidt, Geschichte der deutschen Litteralur von Leibniz bis auf unsere Zeil, IV. Bd., 1797-1814, Berlin, Verlag von Wilhelm Hertz. 189Ù. Neuntcs Bucii, (j, p. 110-111 etsuiv. Déjà, en 1797, A.-G. Schlegel célébrait la traduo tion de Herder des Cantiques à Marie (Marienlieder) du jésuite Balde.

Mais c'est durant l'été de 179S, où le petit groupe des romantitiues, les Schlegel, Novalis, Schelling et Gries, puis Tieck s'étaient rencontrés à Dresde, que, dans les visites communes au Musée, devant l'immortel chef-d'œuvre do Raphaël, le culte de la Vierge s'était proprement institué, que l'exclusion par le Protestantisme de toute imagerie apparut comme une hérésie, et que le romantisme •- se trouva en danger de devenir catholique ». Qu'on relise, pour s'en convaincre, les Tableaux (Die Gemàlde), dialogue composé, à cette occasion, par Guillaume Schlegel et par Caroline. Qu'on relise aussi, dans la biographie de Steiïens, les pages consacrées à sa visite, un an plus tard, au même Musée. Il y avoue son trouble devant la Vierge, son émotion poussée jusqu'aux larmes et le sentiment d'une » révélation » (Steiïens, Was ich erlebte, IV. Bd., p. 238 et 240-241;. Qu'on en rapproche la lettre qu'il écrivait de Frei-

Combien cette divinisation de la femme était, aux yeux des romanliiiuos, propice à Tart, on le conçoit aisément, et on entrevoit aussi romhien elle allait favoi-iser les effusions lyriques, mystiques et parfois même erotiques du romantisme. Il y avait peut-être d'ailleurs dans cette inclination pour le Catholicisme une secrète sympathie envers une théologie dont les dogmes permettaient de réhabiliter par l'amour la nature et la sensibilité humaines, comme il y avait, dans leur éloignement pour le Protestantisme, une répugnance innée pour une théologie dont les dogmes proclamaient la déchéance et la per- \ orsion originelle de l'homme, dont Taustérité et Tascétisme avaient >lérilisé Fart.

Si nous en croyons toujours Steffens, « tout ce mouvement était tourné vers la vie des sens; et la religion, justement parce quelle ]iarlait d'un idéal vide, éperdu de spiritualité et tout à fait confus^ s'abîmait dans cette vie sensuelle » ; et c'est « pour protester jusqu'au l)Out contre le Protestantisme que beaucoup se faisaient catholiques ». N'allait-on pas jusqu'à porter aux nues la musique catholique et à dédaigner les plus grands compositeurs, précisément parce qu'ils .(aient protestants? On entendait partout admirer Léo, Pergolèse, et on parlait à peine alors de Hœndel ou de Sébastien Bach ^.

\S Europe de Novalis marque un tournant décisif dans l'histoire du romantisme : c'est la rupture avec le Protestantisme, avec la Révolution française; c'est la glorification du Moyen Age, de l'Eglise, la l)rédiction d'un « nouveau » Catholicisme, qui d'ailleurs n'est nullement conforme aux enseignements delà croyance traditionnelle, qui .-'efforce, au nom de la physique et de la mystique romantiques, de restaurer la théosophie, la magie, l'occultisme. La physique apparaît comme une religion élémentaire, la religion comme une « physique >upérieure ». A l'Évangile du Christ fait place l'Évangile naturiste (lu nouveau Messie ^.

bfig à Caroline Schlegel, le 26 juillet 1799 : « In der italionischen Sammlung sah ich Moss die Madonna — bel Gott! nichls als die Madonna.... So wirkte nocti nie cin Bild ;iuf mich. Sie sahen micli an, sie schea mich noch an, sie stehen dicht vor mir, (lie g-rossen, hellen, bhiuen Augen die eine Unendlichkeit abspiegeln. Ailes was ich ji; gefiihlt und geahnde halle, aile die unbeslimmten Bilder, die, eingehùllt in trùben Nobel meiner Soele vorschweblen, das ganze bunte Gewimmel meines iuncrn Lebens strahlte mir verherrlicht aus diesen Augon cntgegen. Was ich fûhlte, nenne ich Audacht, wahre religiôse Andacht, Anbctung. •■ {Aus Schellmfs Leben. In Briefen, 1. lid., 1775-1803. Steiïens an Schlegels Gattin, Freiberg, deu 20. Juli 1799, p. 270.) Qu'on se souvienne enlin des hymnes spirituelles de Novalis, notamment des byniues à Marie. Voir aussi, sur le séjour des romantiques à Dresde, Haym, Die roinanlische Sclmle, Drittes Buch, zweites Kap., p. 368, et drittes Kap., p. 457.

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