Ibid., p
3. V. Delbos, La philosophie pratique de Kant, chap. lil, p. 2û'ô et 29G.
il s'est violemment séparé do l'espèce. Toute l'histoire n'est que la conquête de cette unité perdue par la faute originelle; ses moments expriment les différentes formes de la soumission de l'individu à l'espèce dont il fait partie, à l'organisme social représente pas l'Etat: ère du despotisme asiatique ; ère de la civilisation gréio-romaine. de l'égalité juridico-politique; enfin ère du Christianisme, où, par une rénovation morale, l'individu cesse d'être opposé aux autres, où il reconnaît la communauté spirituelle qui le rend inséparable des autres, inconcevable sans les autres, où le lien qui unit l'individu à la société humaine, ce n'est plus la force, ni même le droit, c'est l'amour, le sacrifice de l'individualité à la raison figurée par la société des êtres raisonnables.
Cette idée d'une faute originelle (|ui a séparé chez l'homme la destinée de l'individu de la destinée de l'espèce, cette idée de la réconciliation entre ces deux destinées, non par la négation du dualisme de la nature et de la raison ou par une prétendue pénétration de la raison dans la nature, mais par l'établissement de la morale et de la religion, manifeste précisément un retour aux vues de Kant sur le développement historique du Christianisme '.
Ce n'est pas tout encore. Il y a, dans l'interprétation historique du Christianisme que propose Fichte, une réplique à peine déguisée à la restauration d'un nouveau Catholicisme politique tel que le rêvait, nous l'avons vu, Novalis, dans son Europe, et, à sa suite, les romantiques plus ou moins convertis. Fichte admet bien sans doute, avec eux, que le Christianisme doit servir de principe directeur et créateur à l'État des temps modernes, mais ce n'est nullement dans le sens qu'ils préconisent. Ce que Fichte demande, c'est que l'esprit du Christianisme — l'amour du bien, de la moralité, de l'égalité — règle, comme toute la conduite liuniaine, les relations politiques; mais il condamne, de toute son énergie, la mainmise de la religion sur l'État ou l'emploi de la religion par l'État. Celte confusion de la religion et de l'État ne peut aboutir qu'à la pire des tyrannies, à un autoritarisme de droit divin, pour ainsi parler, qui est le contraire de l'amour, de l'essence môme du Christianisme ^ Derrière cette conception de l'État théocratique où Dieu apparaît aux hommes
1. Kanl. Gesummellc Schriflcn, Ersto Abth., UVr/.f, VIII. Bd., Muthmasslicher Anfang der Menschemjeschichte, 178(1, Anmerkung, p. IL"). Voir aussi V. DcIl)OS. La philosophie pratique déliant, ch. III, la philosophie de l'histoire, ]). 2'.).3 et 207, et Kant, Gesammclte Scliriflen, Ersle Abth., Werhe, VI. Bd., Die Religion innerhalb der Grenzen der blossen Vernunft, I. Stùck, Von der Einwohnunf^ des bùsen Princips neben dem guten, oder Cher das radikale Bôse in der menschlichen Natur; III. Stiick, Der Sieg des guten Princips iiher das bôse und die Griindung eines Relchs Goltes auf Erden, I. Ahlh. et II. Abth. passim.
2. Fichte, S. W., VII. Bd., Grundziige des gegenwàrtigen Zeilalters, Xil. Vorl., p. 188.
458 FICUTE A BERLIN.
comme un justicier redoulal)le et hostile, il y a un retour aux religions de l'Orient, à leur despotisme et à leurs mystères; il y a aussi la thèse paulinienne de Texpiation et de l'Eglise médiatrice entre Dieu et rhomme; il y a enfin tout le césarisme romain au service de la superstition ^, Or, on doit précisément au peuple germanique cette Réforme qui, contre l'Eglise romaine, a restauré le sens originel du Christianisme, qui a substitué à l'esprit féodal, à l'esprit de domination et de vasselage, un esprit de liberté et d'égalité. En brisant le pouvoir politique de l'Église, le Papisme, en anéantissant le rêve d'un Saint-Empire universel, la Réforme a fondé la véritable Chrétienté, la République des peuples, pour qui l'Idéal du Christ constitue l'unité morale de l'humanité, une unité qui ne s'impose pas du dehors par la souveraineté d'une Église, mais qui provient d'un équilibre interne des États, fondé sur leur volonté réciproque de justice, de liberté, d'amour^.
On ne pouvait combattre plus clairement toute l'orientation politique et religieuse qu'avait prise récemment l'École romantique.
Le retour à Kant, au Protestantisme, au libéralisme, voilà donc ce que Fichte opposait à Schelling, quand il reprenait une à une ses thèses essentielles. Loin de le suivre, comme il apparaissait au premier regard, il ne cessait, en réalité, de le contredire. Cependant, quelque ardeur qu'ait mise Fichte, dans les Traits caractéristiques du temps présent, à poursuivre la lutte contre la Philosophie de la Nature, il reconnaît néanmoins que cette philosophie a, sinon sa justification, du moins son excuse.
Elle est sans doute une des aberrations du siècle, mais c'est une aberration généreuse. Elle est une réaction contre un des vices du temps, ce « plat rationalisme » que Fichte, après A. -G. Schlegel, dénonce en termes cinglants.
Si Ion considère, en effet, le caractère du siècle, on y retrouve aisément les traits essentiels de la troisième époque de l'humanité, celle de la révolte contre l'autorité de la raison, celle où notre liberté naissante ignore encore sa loi et, dans l'orgueil de ses premiers efforts, érige en règle commune les caprices du sens individuel; c'est, en littérature, avec le romantisme, le triomphe de l'individualisme anarchique, la glorification du plaisir; mais c'est aussi, sous prétexte d'affranchissement intellectuel, le triomphe du plat et médiocre rationalisme, de Nicolaï et de son École. Par haine du principe d'autorité, on prétend n'incliner sa raison que devant ce
1. Fichte, S. IF., VII. Bd., Gnind:iige des gegenwàrtigen Zeitalters, II. Vorl., p. 190-191. 2.1bid., p. 193-190, cl XIV. Vorl., p. 200-205 el passim.
qu'elle comprend clairemenl ; la clarté devient la règle suprême; toutefois, de quelle clarté parle-t-on? Non pas de cette clarté supérieure, de la clarté des idées — qui dissipe Tobscurité dçs profondeurs en résolvant les difficultés des problèmes ; mais de cette clarté toute de surface, qui se borne à éclairer le dehors des choses, ignorant tout ce qui dépasse le sens vulgaire, le « bon sens », et rejette, comme inaccessible à notre regard, tout supra-sensible ^. De là, dans la science, le culte de l'expérience, prise comme unique source de connaissance, la négation de tout apriorisme. De là ce positivisme, « ce plat rationalisme » qui nest, somme toute, qu'un assez grossier réalisme. Uniquement attentif aux faits, étranger aux idées, ignorant toute autre évidence que l'évidence sensible, rejetant, au nom du libre examen, toute autorité, c'est-à-dire toute discipline, faisant du sens individuel qu'il décore du titre de sens commun la mesure de toute chose, il se perdait dans la superstition des faits, sans jamais en embrasser l'unité, .sans jamais remonter aux principes; il ignorait l'art des démonstrations rigoureuses, se bornant aux « expositions populaires » ^. Ce mépris que professe le positivisme pour tout idéal avait conduit l'enseignement à un funeste utilitarisme : les études dispersées au hasard des intérêts individuels, la culture classique et désintéressée à l'abandon, et, pour terminer cette belle instruction, l'irrémédiable ennui né du vide de l'esprit, de l'absence d'idées. Pour tromper cet ennui, le positivisme à la mode avait fait de la plaisanterie son occupation favorite. Mais ce rire contempteur de tout supra-sensible, ce rire grossier et matériel encore, attestait mieux que tout sa pauvreté, et, si la saillie est vraiment comme le sel de Tespril, si elle est vraiment une « étincelle divine », celte plate raillerie n'était que la prostitution de l'esprit, un esprit en folie auquel manquait justement l'aliment divin : la vérité'.
Ce n'est pas tout : né de la révolte contre la tradition et de l'orgueil de la liberté conquise, mais d'une liberté encore toute formelle, incapable de s'élever d'emblée à la raison, le positivisme, avec sa foi aveugle dans le sens individuel, avait formé ces faux savants dont la prétention n'avait d'égale que rinsulfisance : ignorant tout, ils croyaient à leur compétence universelle ; convaincus de leur originalité en chaque chose, ils n'hésitaient pas à écrire de omni re scibili. Ainsi les livres succédaient aux livres; la production littéraire à outrance avait créé — ce qui n'était pas le moindre des maux du
1. Fichle, S. U^., VII. Bl., Grundciije des yt-gcriivarligeii ZeilaUers, II. Vorl., p. 18-20; 25-20. — 2. Jbid., V. Vorl., p. 60-72. — .3. Ibid., p. 72-77.
460 FIGHTE A BEULIN.
positivisme à la mode — l'industrie des Bibliothèques et des Revues critiques. L'état d'esprit des lecteurs n'était d'ailleurs pas de meilleur aloi que l'état desprit des auteurs. On lisait sans choix et sans réflexion ; on lisait, non pour s'instruire, mais par mode, on s'enivrait de lectures comme de tabac ou d'alcooP.
Contre cette déformation du rationalisme, contre ce positivisme grossier et toutes ses funestes conséquences, l'insatiable besoin d'un « Au-delà », d"un « Idéal », qui est enraciné au fond du cœur humain avait bien prolesté; mais, en l'absence de toute discipline rationnelle, il s'était exprimé par un appel à l'inconnaissable, par un mysticisme qui avait revêtu les formes les plus singulières : ainsi était née la Philosophie de la Nature, et Ton sait comment elle avait abouti à la magie et à la théosophie '. Etrange palliatif, qui ne faisait qu'ajouter au mal déjà existant I Pour guérir le siècle de ses erreurs, pour l'arracher à l'individualisme anarchique qui divinise les fantaisies des sens, au positisme courant qui demeure tout attaché aux faits, au mysticisme qui dégénère en superstition, il n'y avait qu'une voie de salut : la lumière de la Raison.
Et cette lumière, il fallait la demander à la Théorie de la Science héritière légitime de la Critique kantienne.
Or. ce que la Théorie de la Science enseigne comme remède général aux vices du temps, c'est la vie conforme à la raison; cette vie ne fait plus de la personne individuelle son centre, de linstinctson organe, de Fégoïsme sa devise, du plaisir son but; ce qu'elle enseigne encore, c'est que l'individu, en tant qu' « individu », n'est rien, qu'il doit vivre pour le genre humain, c'est-à-dire pour l'Idéal, qui est celui de l'humanité^.
Tout ce qu'il y a dans notre existence de bon et de grand provient uniquement de ce qu'il y a eu des hommes de cœur qui ont fait à cet Idéal le sacrifice de toutes les jouissances de la vie*.
Le passage de la sauvagerie à la civilisation, de la guerre à la paix, de l'ignorance à la science, de la superstition à la religion, nous le devons à ces héros de l'humanité, qui furent les martyrs de l'Idéal \ Si l'on vient nous dire qu'un mobile d'ordre humain, l'honneur, désir de la gloire ou d'immortalité, a inspiré ces sacrifices, et non pas le culte des Idées, on peut répondre sans crainte : d'où vient donc le souci du jugement de la postérité, le souci d'un blâme ou d'une louange que nous n'entendrons pas et qui retentiront sur nos tom-
1. Fichte, S. H'., VII. Bd.. Grund:iige des gegemcàrligen Zeilallers, VI. Vorl., p. 85 et suiv. — 2. Ibid., VIII. Vorl.. p. 111 et suiv. — 3. Ibid., III. Vorl., p. 30-37. — 4. Ibid., p. 41. — 0. Ibid., IV. Vorl., p. 40.
beaux? De ce que nous n'attribuons de prix à une vie que dans la mesure où elle peut mériter l'approbation de l'humanité entière, que dans la mesure où c'est une vie de dévouement au genre humain, aux Idées que réalise le genre humain \
Et, sans doute, cette définition de la béatitude, en tant que vie pour les Idées, est entièrement incompréhensible pour quiconque n'a sous aucune forme éprouvé en lui ce jaillissement de Tldée; mais cette vie de l'esprit n'en existe pas moins pour quiconque n'est pas affligé de cécité mentale; elle existe d'abord dans la matière même, et c'est elle que l'art manifeste, quand il fixe une idée dans le marbre, ou qu'il l'exprime sur un tableau, ou quand il traduit en sons les mouvements de l'âme; elle existe ensuite, plus rare, dans la vie sociale, et c'est l'amour de la justice, inspirant l'héroïsme le plus sublime, celui qui va jusqu'au sacrifice de la vie; elle existe encore sous les espèces de la science qui, pour comprendre l'univers, le reconstruit idéalement; elle existe enfin comme religion, dans cet effort suprême de l'homme pour s'identifier par la pensée avec le principe universel, pour atteindre à la source de la vie et de l'activité spirituelles^.
Cette vie pour les Idées, c'est donc l'exigence suprême de la Théorie de la Science : le règne de l'esprit.
Mais en quoi consiste-t-il au juste? 11 a pour caractère essentiel la subordination de l'individu à l'humanité; tous les individus sans exception, avec toutes leurs facultés et toutes leurs forces, sont un et forment une véritable communauté d'intelligence, de volonté, de sentiment, d'action. Alors vraiment l'individu aiieini à la personne, il réalise ridée. Plus dindividualités : l'hunianifé ^.
De cette cité i<l(''ale, où l'égalité naît justement de la reconnaissance d'une communauté d'essence, le Christianisme nous fournit le modèle; il nous enseigne le sacrifice de l'individu à la communauté, il nous enseigne la conquête de l'unité spirituelle par l'élévation de tous les hommes à la dignité de la raison*; celui des Etats chrétiens modernes (jui s'approche le plus de cet Idéal et atteint à la plus haute civilisation, celui-là est vraiment, pour son temps, la véritable patrie du genre humain. Et quand, à son tour, il aura perdu la suprématie et qu'un autre l'aura supplanté à la tête de la civilisation, c'est vers celui-là que se tourneront, comme vers la Cité idéale, les regards de tous les hommes bien nés. « Sans doute les enfants de la terre, qui voient leur patrie dans la glèbe, le fleuve ou la mon-
1. Fichlo, S. W., VII. Bd., Grundziige des gegcnw.ïrligen. Zeitallers, II. A'orl., p. 50. — 2. /6id.,p.o8-00. — :J. Ibid., X. Vorl., p. 144-147. — 4. /6id., XIII. Vorl., p. 188-189 elsuiv.
462 FLCHTE A BERLIN.
tagne demeureront les citoyens de TEtat déchu, ils conserveront ce qu'ils voulaient, ce qui fait leur bonheur; mais l'esprit, fils du soleil, sera irrésistiblement attiré, pour s'y rendre, là où brillent la lumière et le droit. Animés de ce sens cosmopolite, nous pouvons, nous et nos descendants, considérer, avec une pleine sécurité, les agissements et le sort des Etats jusqu'à la fin des siècles \ »
La tâche de TEtat. c'est donc de travailler, autant qu'il est en lui. par sa législation, par ses mœurs, à l'avènement du règne de la Raison; sa véritable force se mesure à la puissance de sa culture plus encore qu'au nombre de ses canons : les sciences, les lettres, les arts, la justice, l'industrie font aussi des conquêtes^. A une condition pourtant, c'est que l'Etat dont on parle soit en équilibre avec les États voisins : celui qui est menacé dans son existence ou dans sa sécurité n'a ni la liberté, ni le loisir de songer aux fins désintéressées de la culture humaine ^.
Mais, s'il est vrai qu'on reconnaît le degré de civilisation d'un peuple à l'élévation de ses mœurs, si l'élévation des mœurs a ellemême pour condition les progrès de la législation, si ce progrès consiste, en matière civile, dans l'abolition des privilèges et dans l'égalité des droits, fondées sur la reconnaissance de l'égalité spirituelle de tous les hommes, s'il est fait, en matière criminelle, de l'adoucissement des peines, de la substitution progressive de la justice à la violence^, on peut mesurer à quelle distance le siècle se trouve de la vraie civilisation : criante est encore l'inégalité des droits, tlagrante l'opposition des classes, et le Code pénal, par sa barbarie manifeste, porte la marque de cet état de guerre ^.
Le siècle ne se trouve pas moins éloigné de la vraie religion. Confiné qu'il est dans l'égoïsme. étranger à l'idéal, ignorant la loi du sacrifice, sa religion ne dépasse pas l'individu : elle a son refuge dans la sensibilité, elle se satisfait trop aisément de mystère et de superstition '. Transformer ce besoin tout sentimental en discipline rationnelle, montrer le lieu de la véritable religion dans l'ordre où la pure mora-
1. Fichte, S. W., Vli. Bd., Grundziige des gegenwârtigen Zcitalters, XIV. Vorl., p. 212. Paroles mémorables où il l'aut voir une protestation de Fichte, au nom de l'humanitarisme de la Révolution trançaise et du rationalisme de la Théorie de la Science, contre l'apologie du germanisme et du nationalisme ethni(jue prùné récemment par les Romantiques. Paroles où l'on retrouve le snulTle et l'accent de ï Appel aux Princes, quand Fichte s'écriait; •< L'.foyez-vous qu'il importe lieaucoup à l'artiste ou au paysan allemand que l'article ou le paysan d'Alsace ou de Lorraine trouve dorénavant dans les livres de géographie le nom de sa ville ou de son village au chapitre de l'Empire allemand, et que, pour l'y porter, il jettera bas son poinçon ou sa bêche? • X di.\ ans de distance, c'est toujours la même inspiration. — 2. Ibid.. p. 204-20G. — 3. Ibid., p. 211. — 4. IbiL, XV. Vorl., p. 217-221. — 5. Ibid., p. 219 et p. 222-224. — G. Ibid.. XVI. Vorl., p. 227-229.
lilé a ses conséquences. — un ordre qu'elle exig^e, mais qu'elle ne t'ournitpas, —c'est, après la Critique de Kant, l'œuvre que s'est proposée la Théorie de la Science. La religion ainsi définie ouvre à l'esprit humain un horizon nouveau; le devoir nous soumet aveuglément à la loi morale dont il ignore la destinée. C'est cette lacune (jue vient combler la religion : elle fournit à l'homme la signification de son devoir; elle lui révèle l'existence de la vie éternelle, elle donne à la loi son contenu. Par là même elle transforme le caractère de la conduite : à l'obéissance impérative d'une loi toute formelle, elle substitue l'amour qui naît à la vue du bien suprême, et l'eflbrt douloureux d'une poursuite sans but fait place à la félicité de la possession ^.
C'est à ses fruits qu'on juge l'arbre : on jugera de la valeur des discours de Fichte au retentissement qu'aura eu sa parole dans l'âme de ses auditeurs. Si elle a éveillé en eux. avec la lumière de la vraie religion, l'amour de la vie éternelle, si elle les a conduits à la paix et à la béatitude, Fichte aura le droit de se dire que sa voix ne se sera pas perdue dans le vide, qu'elle aura eu de l'efficacité dans le temps, que ses efforts n'auront pas été entièrement stériles*.
1. Fichte, S. II'., YII. Bd., Grundziige des gegemvârtigen Zeitalters, XVI. VorI p '>31-'>3"i — 2. Ibid., XVII. Vorl., p. 2.50-254.