‹ Fichte et son temps (volume 4)Chapitre 97 sur 116 · VI. Vorl., p. 401-409. - 4. Ibid., VU. VorL, p. 41o · texte numérisé non relu

VI. Vorl., p. 401-409. - 4. Ibid., VU. VorL, p. 41o

Mais tous les savants, politiques, professeurs, écrivains ont des devoirs : d'abord la poursuite d'un idéal de plus en plus haut; car l'idéal recule à mesure qu'on s'élève, ensuite l'effort et le travail ininterrompus, dans l'âge mùr comme dans la jeunesse, pour le savant comme pour l'étudiant, jusqu'à l'épuisement des dernières forces \

Cependant, à côté de ce devoir général, le savant a des devoirs spéciaux, suivant la mission spéciale qu'il remplit.

En tant que politique ou, mieux, en tant que souverain (Régent), le savant a pour premier devoir de connaître son temps, afin de le diriger; de connaître aussi la Constitution, afin de la réformer; toute Constitution est, en effet, une œuvre imparfaite, contingente, susceptible d'une amélioration toujours plus grande à mesure que l'idéal, dont elle exprime une forme passagère, revêt un caractère de plus en plus haut.

Le devoir essentiel du savant-souverain, c'est la justice : il ne sacrifiera donc jamais l'individu, si infime soit-il, aux intérêts de l'État, si hauts soient-ils ; il respectera scrupuleusement les droits de chacun. Toutefois il y a un cas où il pourra risquer la vie d'un certain nombre de citoyens pour sauvegarder l'existence de l'État : c'est quand le droit sera menacé, quand l'idéal sera en péril. Alors la guerre sera légitime et sainte, ce sera vraiment la guerre voulue par Dieu ; le savant-souverain, qui est le représentant de Dieu sur la terre, aura le devoir de la déclarer. Mais lui seul peut le faire, parce que seul il est détenteur de l'idéal : les souverains ordinaires n'ont pas qualité pour cela, car, attachés à des intérêts tout matériels, ils ignorent quels sont les cas légitimes de guerre; ils n'ont pas le droit de sacrifier des vies humaines à leurs ambitions. En ce qui les concerne eux-mêmes les peuples sont seuls maîtres de leurs destinées et juges des intérêts de leur propre conservation.

Le savant-souverain a donc une place à part dans l'État, parce qu'il est un être à part : sa personne s'efface devant l'Idée; ses mobiles n'ont plus rien d'égoïste. 11 vit dans la gloire de Dieu, avec lequel il ^e confond et dont il accomplit l'œuA're. Il ne voit rien que sous la forme de l'universel et de l'éternel^.

Parallèlement au savant-souverain, il y a le savant proprement dit, le professeur, l'écrivain. Le professeur a pour devoir primordial de conserver et d'inspirer le respect de sa fonction. S'il est pénétré de ce respect, s'il parvient à le communiquer à ses élèves, le professeur

1. Fichte, S. W., VI. Bd., Vorlesungen ûber das Wcscn des Gelehrtcn und seine Erscheiiiungen im Gebiete der Frciheit, VII. Vorl., p. 41.3-414.

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