‹ Fichte et son tempsChapitre 107 sur 232 · Forberg, Fragmente, l0CRCH 01 -d227.Jan. 1199, p · texte numérisé non relu

Forberg, Fragmente, l0CRCH 01 -d227.Jan. 1199, p

frontières; le Moniteur déclarait que la Philosophie faisait principalement la gloire de l'Allemagne, qu'un sieur Kant et son disciple Fichte allumaient vraiment les flambeaux !, et les étrangers affluèrent; parmi eux des Français, ceux que Fichte appelait familièrement, en parlant à son beau-père, « les deux jeunes citoyens de France ». |

L'un d’eux préparait une traduction des Contributions destinées à rectifier les jugements du public sur la Révolution française, traduction qui pourrait compléter heureusement et rendre parfaite, Fichte l'espérait, celle que le vieux Rahn venait d'achever.

La présence de ces étrangers réjouissait le cœur de Fichte, celle: des Français surtout, car il estimait la philosophie française d'alors. dépourvue de profondeur et susceptible de beaucoup gagner au contact de la philosophie allemande ?.

Fichte était maintenant sans conteste le professeur « le plus. prisé * », celui qu'on appelait couramment, d’après le témoignage de Hôlderlin, « l’âme d’Iéna * ». Telle aventure qui eût couvert tout autre de ridicule, était pour lui sans conséquence, par exemple le jour où l’obstination, pourtant bien connue, du philosophe ne put triompher de la résistance d’un cheval rétif, et où le grave Fichte, obligé de céder à la bête, dut traverser toute la ville en traînant. l'animal par la bride, à la grande joie des badauds'. Loin -de lui chercher noiïse, on s’évertuait au contraire à recueillir les traits qui pouvaient le rendre sympathique; on vantait sa bonté, on racontait comment un de ses étudiants ayant séduit, puis abandonné une pauvre fille, l'ayant laissée sans ressources, Fichte n'avait pas hésité à prendre à sa charge l'entretien de la malheureuse, exigeant le secret absolu sur ce bienfait, d'autant plus méritoire que Fichte était sans. fortune, et, qu'à peine arrivé, il ignorait encore quelles seraient ses ressources. Son désintéressement était d’ailleurs patent ; il n’exigeait pas d'honoraires des étudiants pauvres et, même quand la salle était pleine, il leur trouvait une place, loin d’imiter certains de ses. collègues, qui réservaient toutes leurs faveurs aux étudiants. payants f. Tel était l’ascendant de son caractère, telle la supériorité de son enseignement qu'il faisait la conquête même de ceux dont il avait

1. Gœthe, Werke, Briefe, 10. Bd., 3155, an Schiller, Weimar, d. 16. May 1795, p. 259.

2. Fichte’s Leben, I, 11, 1. Lena d. 26. Mai 1794, p. 214 et 215.

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