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Eudæmonia, I. Bd. Prospectus, p. III-IV

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politique ». Elle constatait hélas le succès des Jacobins en France, « qui n'avaient que trop réussi, en renversant l'autel et le trône, à détruire tout ce qui fait dans un État le bonheur général du peuple : sécurité de la vie et de la propriété, tranquillité, ordre !; non contents d’avoir semé dans leur pays, pour son plus grand malheur, une anarchie sans bornes, succédant à une tyrannie sans exemple, ils s'efforçaient de répandre ces semences de mort et de vol à travers le reste de l'Europe et d'y compromettre ainsi, comme en France, la paix et le bonheur du peuple: ils visaient à former une opinion publique conforme à leurs vœux, ils avaient pour agentsles savants,

‘les écrivains de toute sorte, les libellistes, les auteurs de comédie et

de tragédie, les faiseurs de vers? ». L'existence de cette propagande en Allemagne était patente, « certains auteurs allemands avaient reçu, en vertu d'un décret formel des représentants du peuple français, le diplôme de citoyens français actifs; Mayence avait été livrée au général Custine par des savants allemands, ses frères en Jacobinisme ? ».

Les éditeurs de l’'Eudæmonia se flattaient donc d’avoir entrepris une tâche qui n'était pas sans mérite en formant une société de vrais amis, d'amis éclairés de la Patrie, qui s’imposaient, comme le plus sacré des devoirs, de mettre en garde le public allemand bien pensant contre tous les destructeurs secrets et publics de son bonheur *; et c'est précisément parce qu’ils poursuivaient officiellement le bonheur du peuple que, fidèles à l’enseignement des Grecs,

ils avaient donné à leur journal le nom d'Eudæmonia.

La lutte contre le jacobinisme en Allemagne, contre l’illuminisme aussi de Weishaupt et de Knigge qu’on n’en séparait guère, telle était, en somme, la devise du nouveau journal et c'était celle de bien des Cours. La Cour de Saxe était peut-être moins accessible que toute autre à ces suggestions, car elle était alors un foyer de haute. spiritualité et de libéralisme ; on ne peut oublier qu’elle avait donné asile à Weishaupt persécuté. Mais elle ne pouvait ou n’osait résister au mouvement général de réaction qui entraînait maintenant les

{. Eudæmonia, I. Bd. Prospectus, p. VII.

2. Ibid., p. VII. A l’appui de son dire l’Eudæmonia reproduisait cette proclamation de Dumouriez à la Convention extraite du n° 87 du Moniteur.

« Les nombreux amis de la France qui dans les contrées étrangères et sous le glaive. même du despotisme forment des vœux pour nos succès attendent et préparent chez eux l'explosion révolutionnaire. Le premier élan des hommes de génie a été le serment de se consacrer à la Défense de la Liberté, et ce serment est répélé par des écrivains étrangers qui veulent associer leurs efforts à ceux des fondateurs de la République. »

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